Le Jura Agricole et Rural
Le retour de l'agriculture
À Labergement-Sainte-Marie
Jura agricole et rural
Publié le:  23 avril 2008
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L’heure ne s’y prêtait pas mais au moment où la traite s’achevait dans les exploitations, les responsables agricoles interpellaient Michel Barnier en visite expresse dans le Haut-Doubs.

Nous nous trouvons à un moment grave et intéressant où l’agriculture n’est plus sur la défensive, où c’est son retour au devant de la scène ». Dans la petite salle de mairie de Labergement-Sainte-Marie après un passage éclair en forêt Michel Barnier est visiblement heureux de se retrouver sur le terrain. Loin de ses bureaux parisiens.
 
Entre la visite de la fruitière avec une première intervention de Claude Vermot-Desroches sur le thème du comté et de la mise en place d’un indispensable système de régulation du marché, un direct sur FR3, Michel Barnier a répondu aux uns et aux autres calmement, précisément avec pédagogie. D’abord pour replacer les choses et expliquer l’importance de la Pac dans le budget du ministère de l’Agriculture avec deux chiffres : d’un côté les dix milliards d’euros de Bruxelles, de l’autre le petit milliard de l’État. « Aujourd’hui, je ne vois pas une décision qui ne doit pas être prise à Bruxelles, y compris par exemple pour les porcs où il a fallu construire une majorité qualifiée pour obtenir l’aide à la restitution pour pouvoir exporter. »  Et d’expliquer que l’agriculture devait être plus équitable pour tenir compte des secteurs « en difficultés et de ceux plus chanceux ».
 
Autrement dit que le moment est venu de rééquilibrer et d’utiliser la réforme pour mutualiser les risques économiques et climatiques pour ne pas laisser les agriculteurs dans une situation de vulnérabilité. Comment ? Le ministre à cet endroit fait œuvre de prudence : « On va être raisonnable pour imprimer ce mouvement en créant des outils de gestion de crise [NDLR, par exemple l’assurance récolte], réorienter les aides et les ajuster sur des secteurs qui ont de meilleurs prix au profit de ceux qui sont défavorisés et qui font de l’agriculture durable comme les laitiers, y compris hors AOC ou les producteurs d’ovins » en ajoutant au passage que le débat avait été ouvert avant d’aller à Bruxelles en interrogeant la profession cet automne.
 
Plus technique, la question du soutien à l’herbe est un dossier que la profession du département remet sur l’ouvrage chaque fois qu’elle le peut. L’occasion s’est présentée par la voix de Daniel Prieur pour, dit-il, « dynamiser la politique de l’herbe et accroître le potentiel agricole national, car le débat sur le redéploiement des aides offre une opportunité pour mettre en place des leviers de développement qui intéressent par ailleurs toute l’économie ». Dans la bouche du président de la chambre, il s’agit d’accompagner de manière conséquente les producteurs d’herbe pour dynamiser cette production. Et du même coup faire que l’élevage soit moins dépendant d’un approvisionnement céréalier avec pour conséquence immédiate, le fait de libérer des quantités substantielles de produits végétaux destinées à l’alimentation animale du marché intérieur, vers l’exportation. Un système gagnant/gagnant. Reste la question de savoir comment. Car aujourd’hui dans l’état actuel des choses, la PHAE 2 ne parvient pas au niveau de la précédente qui se situait à 76 euros  de l’hectare. Michel Dantin, le conseiller du ministre, autrefois directeur de la FDSEA de Haute-Savoie, connaît bien la question. Mais il rappelle au préalable que c’est la profession qui a souhaité un taux unique national pour la PHAE 2. Pour lui,  « l’une des pistes pour y parvenir est à rechercher du côté des MAE (mesures agro-environnementales) ».


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