Le Jura Agricole et Rural
Michel Dantin pose l'équation de la nouvelle Pac
Assemblée générale de l'Ardar massif du Jura
Jura agricole et rural
Publié le:  23 avril 2008
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Il va falloir faire des compromis dans le budget de la Pac

Quelle place pour le massif du Jura dans la nouvelle politique agricole commune ? Les responsables de l’Ardar ont souhaité poser la question à l’occasion de l’assemblée générale 2008. Pour alimenter les débats, Michel Dantin, conseiller spécial du ministre de l’Agriculture, Thierry Bouleau, ingénieur au Sidam et Bernard Marmier, président de la FDCL du Doubs.

Alors que depuis plusieurs mois, les représentants des massifs français travaillent à l’élaboration d’une base de propositions communes pour le bilan de santé de la Pac, les membres de l’Ardar ont souhaité présenter le fruit de leur réflexion et la confronter aux objectifs du ministre. Dans un premier temps, c’est donc Thierry Bouleau, rédacteur du document commun aux trois massifs (Alpes, Jura et Massif Central) qui est intervenu en rappelant les objectifs du manifeste. « Il s’agit de profiter du bilan de santé de la Pac à mi-parcours pour l’adapter afin qu’elle réponde mieux aux enjeux économiques et territoriaux de l’agriculture ». Trois grands défis doivent être relevés : être acteur de la gestion des marchés, assurer un revenu aux agriculteurs et favoriser le renouvellement des générations. Pour relever ces trois grands défis, les massifs ont formulé dix propositions. Tout d’abord, il s’agit de redonner des règles d’accès équitable au marché européen.
 
L’ensemble des exigences demandées au producteur au sein de l’Union doivent être également respectées pour les produits importés sans quoi, il y a distorsion de concurrence. Cette proposition s’accompagne d’une demande de reconnaissance internationale et de renforcement des signes officiels de qualité. En matière de dispositifs de régulation des productions, l’essentiel des propositions repose sur renforcement des interprofessions pour une gestion collective des volumes. Illustrées par Bernard Marmier, les bases de cette disposition pourraient s’inspirer des démarches déjà engagées par les FDCL du Doubs et du Jura pour mieux organiser l’offre et rechercher des valorisations à moyen terme plutôt que se placer dans une logique opportuniste.
 
Concernant les soutiens aux systèmes de production, les massifs demandent un redéploiement d’une partie des soutiens du premier pilier de la Pac pour un soutien spécifique aux systèmes herbagers, une aide à la production laitière en zone de montagne et une revalorisation des soutiens aux productions ovine et bio. Enfin, concernant le second pilier de la Pac, la revalorisation des ICHN, le renouvellement des générations et les dispositifs de modernisation tels que le plan bâtiment d’élevage demeurent des priorités.
Face à ces propositions, le ministre de l’Agriculture s’est fixé plusieurs priorités mais avant de les détailler, Michel Dantin a rappelé dans quel contexte la France évoluait à l’échelle d’une Europe à 27. Le concept de « diplomatie agricole » a été évoqué à plusieurs reprises car depuis l’adoption du traité simplifié, les propositions françaises devront recevoir l’approbation du Conseil des ministres de l’Agriculture et de la majorité qualifiée du parlement européen. La négociation devra donc avoir lieu tant au niveau national qu’au niveau européen. D’ores et déjà, l’équation semble difficile à résoudre : 300 MEuros pour la gestion des risques, 150 MEuros pour l’agriculture biologique, 80 MEuros pour la production ovine, 150 MEuros pour la production laitière en zone de montagne, 50 MEuros pour un plan protéines, 200 MEuros pour les fruits et légumes et enfin 700 à 800 MEuros pour la politique de l’herbe.
 
Même si certaines mesures telles que la gestion des risques doivent être prélevées sur l’ensemble des bénéficiaires, le total des coûts des autres dispositions dépasse largement le cadre budgétaire dans lequel s’inscrit ce bilan à mi-parcours. En effet, l’article 69 de la Pac prévoit la possibilité de redéployer 10% de la maquette financière du premier pilier, soit 900 000 MEuros. Même si la diplomatie agricole française est efficace, il va certainement falloir faire des compromis !


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