«Une gestion à quatre yeux»
A Micropolis - Besançon
Jura agricole et rural
Publié le: 23 avril 2008
Page 6
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Des participants attentifs sur les explications relatives à la crise monétaire |
Face à la crise du système bancaire, le mutualisme représente des garanties de bonne gouvernance. Explications avec Jean-Louis Lespes, économiste et sociologue, invité par le Crédit Agricole à son assemblée d’information annuelle.
Nos 44 caisses locales représentent 483 000 clients et nous espérons franchir en 2008 la barre des 500 000 clients ». Devant les représentants des caisses locales, des invités Jean-Louis Delorme, le président de la caisse régionale explique aussi que les caisses locales ont rassemblé quelque 15 000 clients et sociétaires lors de leurs assemblées qui se sont tenues au cours du mois dernier. « Des assemblées pour rendre des comptes, pour procéder à des élections, expliquer la vie de l’entreprise, pour montrer aussi en quoi le modèle du Crédit agricole basé sur le mutualisme est adapté à notre époque ».
La crise
Le mutualisme justement, Jean-Louis Lespes, économiste et sociologue à la faculté de droit d’Orléans en a parlé avec talent et conviction pour montrer les réponses qu’il est susceptible d’apporter dans la période d’incertitudes que vit le monde en général, et le monde bancaire en particulier. « Les crises du système financier sont plus nombreuses et plus violentes, elles se propagent aussi plus vite, explique Jean-Louis Lespes, avec les subprimes, on fabrique de l’euphorie [...] c’est le rêve américain avec chacun sa maison et des prêts à des gens qui n’ont pas de revenu, pas de travail, pas d’actifs à des taux faibles de 1 % qui passent ensuite rapidement à 6 ou 7 % ». Le tout pour cause de profit maximum. Et ce qui doit arriver, arrive... Lorsque les clients ne peuvent plus rembourser les banques vendent le bien. Le problème, c’est qu’elles ne retiennent pas ce genre de prêts à risques dans leurs comptes. Et grâce à divers artifices, elles créent « une ligne de titres obligataires, réalisent ensuite un produit complexe qu’elles vendent sous une forme qui n’est pas reconnaissable ». Résultat, le risque est dispersé, et s’il est un moment annulé il rejaillit plus tard. Exemple culinaire à l’appui : « Une pizza avariée l’est toujours, c’est pas parce qu’on la découpe – comme le risque en matière bancaire – qu’elle ne l’est plus », explique avec humour l’économiste. Seulement malgré l’appel à la tutelle en l’occurrence la FED (réserve fédérale des États-Unis) et la recapitalisation grâce à l’argent public, voire à des fonds souverains chinois, il arrive un moment où l’étendue de la perte ne peut plus être masquée et parvient à la somme faramineuse de 1 200 milliards de dollars ! « Faire du 15 % d’intérêts sans risques lorsque les placements traditionnels offrent du 4 % seulement est impossible », conclut sur ce point Jean-Louis Lespes.
Le mutualisme justement, Jean-Louis Lespes, économiste et sociologue à la faculté de droit d’Orléans en a parlé avec talent et conviction pour montrer les réponses qu’il est susceptible d’apporter dans la période d’incertitudes que vit le monde en général, et le monde bancaire en particulier. « Les crises du système financier sont plus nombreuses et plus violentes, elles se propagent aussi plus vite, explique Jean-Louis Lespes, avec les subprimes, on fabrique de l’euphorie [...] c’est le rêve américain avec chacun sa maison et des prêts à des gens qui n’ont pas de revenu, pas de travail, pas d’actifs à des taux faibles de 1 % qui passent ensuite rapidement à 6 ou 7 % ». Le tout pour cause de profit maximum. Et ce qui doit arriver, arrive... Lorsque les clients ne peuvent plus rembourser les banques vendent le bien. Le problème, c’est qu’elles ne retiennent pas ce genre de prêts à risques dans leurs comptes. Et grâce à divers artifices, elles créent « une ligne de titres obligataires, réalisent ensuite un produit complexe qu’elles vendent sous une forme qui n’est pas reconnaissable ». Résultat, le risque est dispersé, et s’il est un moment annulé il rejaillit plus tard. Exemple culinaire à l’appui : « Une pizza avariée l’est toujours, c’est pas parce qu’on la découpe – comme le risque en matière bancaire – qu’elle ne l’est plus », explique avec humour l’économiste. Seulement malgré l’appel à la tutelle en l’occurrence la FED (réserve fédérale des États-Unis) et la recapitalisation grâce à l’argent public, voire à des fonds souverains chinois, il arrive un moment où l’étendue de la perte ne peut plus être masquée et parvient à la somme faramineuse de 1 200 milliards de dollars ! « Faire du 15 % d’intérêts sans risques lorsque les placements traditionnels offrent du 4 % seulement est impossible », conclut sur ce point Jean-Louis Lespes.
Les vertus du mutualisme
Retour en France, à la banque verte au mutualisme pour conjurer ces dérives. L’économiste lui dresse toutes les vertus ou presque ! D’abord explique-t-il, le capital est la base de la légitimité mutualiste avec des parts sociales qui représentent des actifs non négociables à faible rentabilité, hier au service de l’agriculture, aujourd’hui à celui des territoires. Le mutualisme a des réponses spécifiques sur la question de savoir ce qui doit être fait avec le profit qui provient des vrais services apportés aux clients. « Au Crédit, vous avez une gestion à quatre yeux, avec une gouvernance président/directeur particulière, un directeur qui a une pensée spécialisée alors que le président représente une pensée horizontale, c’est la rencontre au sommet qui fait l’efficacité de ce système qui a beaucoup d’avenir ».
Pour peu, ajoute encore Jean-Louis Lespes que le couple parle le même langage et que chacun fasse un effort de transparence !
Retour en France, à la banque verte au mutualisme pour conjurer ces dérives. L’économiste lui dresse toutes les vertus ou presque ! D’abord explique-t-il, le capital est la base de la légitimité mutualiste avec des parts sociales qui représentent des actifs non négociables à faible rentabilité, hier au service de l’agriculture, aujourd’hui à celui des territoires. Le mutualisme a des réponses spécifiques sur la question de savoir ce qui doit être fait avec le profit qui provient des vrais services apportés aux clients. « Au Crédit, vous avez une gestion à quatre yeux, avec une gouvernance président/directeur particulière, un directeur qui a une pensée spécialisée alors que le président représente une pensée horizontale, c’est la rencontre au sommet qui fait l’efficacité de ce système qui a beaucoup d’avenir ».
Pour peu, ajoute encore Jean-Louis Lespes que le couple parle le même langage et que chacun fasse un effort de transparence !
Le premier financier du développement
Hausse des résultats et des parts de marché, le Crédit agricole est le premier assureur banquier de la région.
Si 2008 commence difficilement pour le monde bancaire, l’année qui vient de s’achever a permis au Crédit agricole de Franche-Comté d’enregistrer de bonnes performances commerciales. Avec au bout du compte, une augmentation des parts de marché puisque 2007 a vu l’arrivée de près de 23 000 nouveaux clients et de 4 000 nouveaux sociétaires.
Dans la même période, la forte augmentation de ses activités et une gestion financière rigoureuse a permis à l’entreprise de dégager un résultat en hausse de 6,75 % soit 64,4 millions d’euros. Au-delà de son 1,7 milliard de financements, le Crédit agricole a apporté une contribution à la région de presque 65 millions d’euros.
Si 2008 commence difficilement pour le monde bancaire, l’année qui vient de s’achever a permis au Crédit agricole de Franche-Comté d’enregistrer de bonnes performances commerciales. Avec au bout du compte, une augmentation des parts de marché puisque 2007 a vu l’arrivée de près de 23 000 nouveaux clients et de 4 000 nouveaux sociétaires.
Dans la même période, la forte augmentation de ses activités et une gestion financière rigoureuse a permis à l’entreprise de dégager un résultat en hausse de 6,75 % soit 64,4 millions d’euros. Au-delà de son 1,7 milliard de financements, le Crédit agricole a apporté une contribution à la région de presque 65 millions d’euros.
Pour 2008 le Crédit agricole de Franche-Comté va créer un fonds capital-risque et un fonds capital développement pour favoriser la création et la transmission d’entreprises. « Nous travaillons dans ce sens pour intervenir dans les filières AOC qui pourraient être fragilisées, l’objectif étant de préserver les atouts économiques locaux et de maintenir des centres de décisions dans la région », précise Bertrand Corbeau, le directeur général. Sur le plan purement bancaire on notera encore que la banque verte a testé – avec des résultats concluants – début 2008, le paiement par téléphone mobile. Une première en France. L’entreprise travaille encore en partenariat avec la ville de Besançon pour créer une carte nominative, gratuite et multiservices qui servira à la fois de carte de paiement et de carte d’abonnement pour tous les services proposés par la ville. De même et dans sa logique de proximité, la banque verte vient de tester la carte « comptant-crédit» qui permet de payer comptant son achat ou d’avoir recours à sa réserve d’argent personnelle de ses clients. Reste qu’avec 4 euros sur 10 prêtés en Franche-Comté, la banque innove, affirme son caractère mutualiste dans ses orientations. « Cette situation nous donne le droit d’exprimer notre point de vue mais aussi des devoirs que nous assumons », n’hésite pas à conclure le directeur.
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