Le Jura Agricole et Rural
Pour rappeler à l'État ses engagements
Manifestation à Dijon et Clermont-Ferrand
Jura agricole et rural
Publié le:  23 avril 2008
Page 11 

Claude Berger, président de la Section des anciens exploitants de la FNSEA

Claude Berger a gardé intacte sa capacité d’indignation devant les situations humaines qu’il juge insupportables. Toute sa vie, il aura milité.

D’abord, à l’exigeante école de la JAC où il forge ses convictions portées par les valeurs du travail, de l’honnêteté, du respect de l’autre, de la parole donnée et de la protection de la famille. Des fondations solides sur lesquelles on peut construire une société comme on élève une maison commune. Pour Claude Berger, la retraite a sonné mais la fibre militante est intacte. Après la présidence de la Fdsea, puis de la chambre d’agriculture du Rhône, après son engagement pour la promotion du mutualisme et de la protection sociale à la Msa du Rhône le voilà élu président de la section nationale des anciens exploitants de la Fnsea. C’est lui qui présidera, en tant que doyen et membre de droit du conseil d’administration de la Fnsea, son conseil électif du 17 avril dernier.

 

L’occasion de dire, une nouvelle fois, aux représentants nationaux des agriculteurs actifs l’importance de mieux traiter les anciens exploitants. D’abord pour une évidente question de justice sociale mais aussi pour rappeler aux jeunes qu’ils ont vocation à devenir, tôt ou tard, des retraités.
Les discours et les actes
Par expérience, Claude Berger sait distinguer les discours des actes. Il pourrait raconter des dizaines de renoncements d’élus de tous bords politiques. Il a écouté le Président de République affirmer dans trois discours, au Space, au Salon de l’agriculture et à la tribune du congrès de la Fnsea à Rennes, sa volonté de « réduire les poches de pauvreté » dans lesquelles se trouvent nombre de retraités agriculteurs. Sur ces propos présidentiels, Claude Berger reste prudent : « sur le plan du discours c’est satisfaisant. On attend maintenant les actes ». Et les actes tardent. Le ministre de l’Agriculture, Michel Barnier, auquel on peut accorder le crédit qu’il fait ce qu’il dit, a déjà tenu quatre réunions d’un groupe de travail sur la question de l’équité des retraites agricoles.
Claude Berger y participe et avoue : « nous sommes sans réponse sur les engagements financiers de l’État ». C’est pour que ses représentants disent enfin ce qu’ils veulent faire des retraites les plus modestes que les anciens exploitants ont décidé de deux manifestations. Elles se dérouleront l’une à Dijon, l’autre à Clermont-Ferrand le 28 avril prochain. Claude Berger se félicite que ces deux actions syndicales, complétées par des rencontres avec les préfets, soient soutenues sans réserve par la Fnsea. « Ce n’est pas neutre. Car, parler des retraites c’est certes s’adresser aux retraités actuels mais aussi aux actifs qui sont les contributeurs du moment avant d’être, eux-mêmes, les bénéficiaires demain des politiques qu’ils acceptent de mettre en place aujourd’hui ».

 

La Fnsea ne considère plus les cotisations sociales comme une charge mais comme un investissement sur l’avenir. La vie sociale à la campagne a changé. Les retraités d’aujourd’hui aspirent à une légitime indépendance physique et financière et l’agriculture n’échappe pas à cette évolution. Les actifs agriculteurs sont conscients que cette indépendance suppose des moyens. La profession apportera les siens si l’État assume ses responsabilités et permette aux retraités les plus modestes, « surtout les femmes d’agriculteurs et les veuves, comme les plus hautes autorités de l’État s’y sont engagées », insiste Claude Berger, de disposer d’un minimum vieillesse qui épargne aux retraités l’indignité de la pauvreté.


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