Le Jura Agricole et Rural
Lemétayer appelle à «préparer la future Pac»
La FNSEA a élu son nouveau bureau
Jura agricole et rural
Publié le:  23 avril 2008
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Le conseil d’administration de la FNSEA a élu son nouveau bureau, le 17 avril, pour un mandat de trois ans. Jean-Michel Lemétayer reste président et appelle le réseau du syndicat à se mobiliser pour « préparer la future Pac ».

Sans surprise, Jean-Michel Lemétayer a été réélu président de la FNSEA pour la troisième fois le 17 avril 2008, producteur de lait et céréalier en Ille-et-Vilaine, il est âgé de 56 ans, et préside également depuis 2007 le Comité des organisations professionnelles agricoles de l’UE (Copa). Les soixante-neuf membres du conseil d’administration de la FNSEA ont également élu le nouveau Bureau pour trois ans (voir encadré). D’ores et déjà, Jean-Michel Lemétayer a appelé tout le réseau du syndicat, départements et associations spécialisées, à « préparer la future politique agricole de l’UE ». Affirmant qu’il travaillerait encore à « renforcer le réseau FNSEA », il compte sur « une mobilisation très forte » de celui-ci, déclarant qu’« une très grande majorité d’agriculteurs, qui cotisent ou non, compte sur la FNSEA pour faire entendre la voix du monde paysan ».
 
Dossiers « extrêmement difficiles »
Le leader paysan n’a pas caché que les dossiers à venir vont être « extrêmement difficiles » pour les agriculteurs, nécessitant « une indispensable unité de la maison entre les territoires et entre les productions », notamment sur la gestion future des aides Pac. Il souhaite
« plus de flexibilité et de souplesse dans la gestion des aides », alors qu’un bilan de santé de la Pac est prévu cette année. Pour lui, la logique du « tout DPU » de la Commission européenne va mener l’Europe « dans le mur », préférant « une politique agricole plus réactive aux marchés », qui travaille à « mieux soutenir quand ça va mal et un peu soutenir quand ça va mieux ». Jean-Michel Lemétayer demande aussi d’être « plus visionnaire » alors que « les marchés sont de plus en plus volatils ». « Une politique durable pour les paysans » signifie « de la sécurité pour leur revenu, qui dépend d’une politique agricole ». Rejetant la posture de certains à la Commission qui souhaiteraient « ponctionner sur la Pac pour d’autres politiques européennes », le président de la FNSEA attend de Bruxelles « de la clarté sur les moyens à mettre pour la Pac 2013 ». De plus, revenant sur l’épisode de gel qui a détruit une bonne partie des productions fruitières dans la Vallée du Rhône, début avril, le président de la FNSEA a demandé que « la gestion des risques soit inscrite dans la Pac ». Enfin, autre sujet d’importance, les suites du Grenelle de l’environnement. Elles ne peuvent « pas se résumer par un débat franco-français », estime Jean-Michel Lemétayer. La FNSEA réclame que des questions comme le bien-être animal ou l’utilisation des phytosanitaires « avancent au même pas au niveau européen ».

Le nouveau Bureau de la FNSEA
Jean-Michel Lemétayer a été réélu président de la FNSEA pour la troisième fois consécutive, après les élections de 2002 et 2005. En juin 2001, il avait remplacé Luc Guyau à la présidence, après que ce dernier ait été élu président de l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA).
Les secrétaires général et général adjoint, le premier vice-président, la vice-présidente, et le trésorier sortants conservent leur poste, ce sont respectivement Dominique Barrau (Aveyron), Jean-Bernard Bayard (Pas-de-Calais), Xavier Beulin (Loiret), Christiane Lambert (Maine-et-Loire) et Philippe Pinta (Aisne). Les Présidents d’honneur sont inchangés : Gérard de Caffarelli, François Guillaume et Luc Guyau, tous d’anciens présidents de la FNSEA.
Les changements apparaissent au niveau des vice-présidents. Jean-Paul Bastian (Bas-Rhin), Claude Cochonneau (Sarthe), Pascal Ferey (Manche) et Michel Masson (Loiret) restent en poste. Arrivent comme nouveaux vice-présidents : Jacques Chazalet (Puy-de-Dôme), Jérôme Despey (Hérault) et Gilbert Limandas (Ain), qui remplacent Jean-Luc Bidal (Haute-Savoie), Christian Decerle (Saône-et-Loire) et Didier Marteau (Aube).
Chez les membres, seul Jean-Luc Poulain (Oise) reste en poste, Henri Brichart (Aisne) et Daniel Prieur (Doubs) remplacent Jacques Chazalet, devenu vice-président, et Christian Gely (Vaucluse). Les membres de droit sont toujours Philippe Meurs (Jeunes Agriculteurs), Karen Serres (Commission des Agricultrices) et André Thévenot (Commission des Statuts et Conflits). Enfin, chez les membres invités restent Gérard Renouard (Meurthe-et-Moselle, AFDI) et Eugène Schaeffer (Bas-Rhin), et partent Pierre Chevalier (Corrèze), Gilbert Limandas (Ain), devenu vice-président, et Dominique Ducroquet (Pas-de-Calais).

Frédéric Perrot, président FDSEA Jura : la confrontation dans l'unité pour éviter les excès
« Le débat sur le bilan de santé à mi-parcours de la Pac doit nous permettre, comme l’a fait le récent congrès de la Fnsea de Renne, de trouver entre les productions et entre les régions de nouveaux équilibres », observe Frédéric Perrot, le président de la Fdsea du Jura et agriculteur en Gaec sur une exploitation de polyculture élevage. Pour lui, les priorités de cette adaptation de la Pac doivent porter une « aide à l’herbe, doublée par rapport à la PHAE actuelle, qui serait intégrée au premier pilier pour lui donner un caractère économique et pas seulement environnemental ». Ensuite, la modulation, « dans un souci d’équité », doit s’appliquer à toutes les aides qu’elles soient couplées ou découplées ». Par ailleurs, les moutonniers subissent une situation inacceptable et leur place dans cette Pac adaptée doit être corrigée. Enfin, Frédéric Perrot, partage la demande de la Fnsea, aujourd’hui soutenue par le ministre de l’Agriculture, de développer un système assurantiel, financé par un redéploiement du premier pilier et permettant de sécuriser les entreprises agricoles. « Les agriculteurs savent qu’ils doivent avancer des propositions équilibrées pour éviter l’affrontement entre les productions et entre les régions ».
C’est ce travail auquel la Fnsea s’emploie. « Le pire serait de ne rien proposer car ce serait ouvrir la porte à tous les excès et à l’affrontement entre des agriculteurs », indique encore le président de la Fdsea du Jura, conscient que seule l’unité professionnelle permet l’échange et la confrontation et, finalement, la recherche d’un juste compromis acceptable par le plus grand nombre. 


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