Alzheimer : une maladie en devenir
Jura agricole et rural
Publié le: 05 novembre 2008
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« Cette maladie n’est pas honteuse, mais neurologique… » |
Invitée par la section des anciens exploitants, Francine Foresti, la présidente de Franche-Comté Alzheimer a longuement parlé de cette maladie neuro-dégénérative qui se développe mais reste taboue…
L’intervention de Mme Foresti a passionné l’auditoire des anciens exploitants jurassiens.
Plus qu’un discours très académique où elle aurait présenté la maladie, risquant d’utiliser des termes médicaux trop techniques voire incompris, la présidente de Franche-Comté Alzheimer a aligné toute une série d’exemples personnels, décrivant ainsi les symptômes de cette maladie et l’attitude à tenir de la part de l’entourage du malade ; ceux qu’elle appelle les aidants.
Selon l’intervenante, « cette maladie est encore tabou… » « Elle n’est pas honteuse mais neurologique », rassure-t-elle pour atténuer à sa manière le « rejet marqué de la part de la société et la peur croissante qui se développe chez les Français… »
Pour elle, cette maladie est une réalité en devenir, de par l’augmentation de l’espérance de vie. 225 000 nouveaux malades sont dénombrés en France chaque année. En Franche-Comté, la prévalence est de 16 000 personnes atteintes dont 13 000 de type Alzheimer. Ces malades sont en majorité des personnes âgées, mais la maladie apparaît aussi chez des sujets plus jeunes (35 à 40 ans), « voire chez un jeune papa de 27 ans ! »
« Cette maladie neuro-dégénérative détruit les cellules du cerveau de façon lente et progressive, explique Francine Foresti. Elle provoque une dégénérescence graduelle et irréversible des fonctions du cerveau. Elle est une maladie à part entière et non pas une maladie du vieillissement.»
Des troubles de la mémoire en sont les premiers symptômes. Mais plus la maladie évolue, plus on détecte ces troubles : troubles dans les activités domestiques, perte de la compréhension du sens des mots, perte de certaines notions (satiété…). Une plaquette a été éditée, résumant les neuf signes d’alerte de la maladie.
Décoder le temps
Quel comportement avoir avec le malade ? Francine Foresti pose ouvertement la question et se sert de sa propre expérience pour donner des pistes. Pour elle, « toute la difficulté pour l’aidant est de rencontrer le malade au moment où il en est de sa vie et non pas aujourd’hui. » « Nous sommes toujours en train de chercher le pourquoi d’un fait, de décoder le temps où le malade se situe. »
Et de conseiller aux aidants de « ne pas hésiter à se faire aider très tôt, pour continuer la route avec le malade le plus longtemps possible… ». Mais aussi de « savoir faire appel, quand cela devient nécessaire, à des institutions spécialisées dont le coût reste certes élevé… »
Mme Foresti a également parlé de l’action de l’association franc-comtoise qu’elle préside : la présence auprès des aidants, la mise en place de groupes de parole : « Lieux où l’on
peut venir crier sa souffrance, où l’on acquiert des savoirs, où l’on pleure, où l’on rit… », les rencontres à thème avec les familles, les séjours de vacances sur les 23 sites de l’association nationale…
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