Rentrée à l'étable
Conduite du troupeau laitier
Jura agricole et rural
Publié le: 05 novembre 2008
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La transition alimentaire a pour but de permettre à la flore digestive de s’adapter |
L’arrivée du froid – et les premières chutes de neige – sonnent le glas de la saison de pâturage : pour réussir cette phase délicate, qualité de l’ambiance sanitaire des bâtiments et maîtrise du parasitisme, sans oublier la nécessaire adaptation de la ration, sont de mise.
Modification complète de l’environnement des vaches, changement d’ambiance sanitaire, le retour des animaux à l’étable est un moment important dans la vie du troupeau laitier. Cette période peut entraîner divers stress qui fragilisent les animaux et les rendent plus sensibles aux maladies. De plus, dans de nombreux systèmes, cette période coïncide avec les débuts de lactations (vêlages d’octobre et novembre).
Par rapport aux pratiques d’il y a 20 ou 30 ans, il semble que la date du retour à l’étable se soit progressivement décalée vers la fin de l’année, essentiellement pour des raisons économiques. Les éleveurs tentent de profiter au maximum de l’herbe, fourrage économique par excellence. L’arrivée des premiers froids sévères, voire des chutes de neige comme cette semaine, conjuguée à la diminution de la photopériode, stoppe la pousse de l’herbe et marque la fin de la saison de pâturage.
L’importance de la litière
Si le troupeau doit parcourir un long chemin caillouteux ou une route, il est recommandé de renforcer la corne des onglons afin d’éviter les traumatismes : pédiluve à 2% de formol et 2% de sulfate de cuivre. La qualité du logement qui accueillera le troupeau mérite d’être préparée à l’avance par des mesures simples : nettoyage, paillage, aération… D’après les études conduites par l’Institut de l’élevage, un des principaux facteurs de risques des mammites dites « d’environnement » correspond au niveau de contaminations des litières par certains germes comme les coliformes et les streptocoques.
Un paillage insuffisant peut multiplier les risques de mammite par deux ou trois !
L’hygiène de couchage est donc un facteur clef de la qualité du lait, comme l’ont montré plusieurs études scientifiques. Il faudra donc utiliser de la paille de bonne qualité, pailler régulièrement et en quantité suffisante (6 kg de paille par jour et par vache).
Pour se multiplier, ces différentes bactéries ont besoin d’air, de températures optimales (37° à 40°C) et d’humidité. Ces conditions se retrouvent fréquemment dans les aires paillées des stabulations et sont favorisées par un paillage accru ou des durées d’accumulation des litières trop importantes. En théorie, pour contenir le niveau de contamination, il faut maintenir la température à des valeurs inférieures à 30°C en surface des litières, soit 40°C à 10 cm de profondeur.
Un simple thermomètre à sonde permet de mesurer ces données et d’optimiser ainsi les apports de paille et la fréquence du curage. Le saupoudrage avec du superphosphate permet également de réduire la charge bactérienne de la litière.
Transition alimentaire
Rentrée en étable rime aussi avec transition alimentaire. Dans de nombreux troupeaux laitiers, cette période coïncide aussi avec de nombreux débuts de la lactation, où les besoins des animaux sont maximaux, et leur capacité d’ingestion réduite. La campagne fourragère 2008, malgré quelques situations de stress hydrique localisées, a été globalement propice à la récolte de fourrages de qualité et en abondance. C’est une situation plutôt favorable pour les éleveurs au moment de la définition de la ration de base hivernale.
Malgré cela, la flore du rumen devra bien s’adapter, sous peine de dysfonctionnements métaboliques, à une ration à base de fourrages conservés (foin, ensilages…), relativement pauvres en eau par rapport à une l’alimentation herbagère de l’automne. Cette adaptation sera facilitée, si c’est possible, par une transition en douceur, avec des plages de pâturage dans les parcelles accessibles à la faveur des derniers beaux jours de l’automne, de manière à ne pas perturber brutalement la flore du rumen. Dans le cas contraire, la digestion serait moins efficace et les performances de production seraient affectées. De plus, les désordres métaboliques ont souvent des répercussions négatives sur la fertilité des animaux.
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