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Ces fleurs du souvenir
Jura agricole et rural
Publié le:  05 novembre 2008
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Auparavant déclaré « capitale de la chrysanthème », le bassin chalonnais abrite encore un grand nombre de producteurs de chrysanthemum, magnifiques fleurs associées aux fêtes de la Toussaint en France, mais qui mériteraient d’autres vies, de l’avis de tous.

Horticulteur à Saint-Marcel, Pierre Rolin cultive sur 8 000 m2 de surfaces couvertes, plus de 10 000 pots de chrysanthèmes.
 
Chaque année, il achète de nouvelles boutures et réalise des essais sur une trentaine de variétés pour devancer les futures tendances. Le marché a d’ailleurs fortement évolué ces dernières années. « Auparavant les chrysanthèmes étaient vendus « au mètre », en hauteur et c’était des grosses fleurs uniquement. Maintenant, la tendance du marché est à des petites fleurs, ou multifleurs dites « pomponnettes », de tailles basses » analyse Pierre Rolin.

Les petites fleurs se vendent mieux que les grosses. Elles sont plus résistantes aux maladies (rouille blanche…), plus facile à produire (pas d’ébourgeonnage) et répondent à une demande de changement de la part des acheteurs.

Il n’empêche que « cette année, nous avons longtemps craint le pire ». Avec les conditions climatiques particulières de cet été, l’induction florale s’est fait désirer. L’entreprise a dû « tenir les serres fermées pendant tout un week-end pour accélérer le fleurissement. La plante réagit cependant principalement à la durée des journées. Ce sont des plantes que l’on dit à « jours courts ». L’induction florale ne se produit que lorsque la lumière diminue - en général, pas plus de 12 h de lumière par jour - ce qui est le cas en automne. C’est donc à partir du 15 août que tout s’est joué » explique Eliane Bonin. Heureusement pour les producteurs, le développement s’est terminé correctement. « La commercialisation a même débuté le 1er octobre. On vend 40 % de la production en vert à des collègues situés dans l’Est de la France » précise Pierre et Eliane.

Un débouché indispensable lorsque l’on regarde la faible marge dégagée par cette production. La hausse des charges, l’augmentation des crémations et les politiques de prix des grandes surfaces à bas prix, « low cost » selon Gérard Sauvage de la SCEA Sauvage à Saint-Marcel, rendent le marché difficile et menacent la profession.

De 200 producteurs, il y a trente ans, le bassin chalonnais est passé à une « vingtaine » aujourd’hui. « L’EBE est d’environ 15 % en horticulture et cache de fortes disparités » souligne Pierre Rolin.

Une histoire de pots
« C’est une histoire de pots ». En France, les producteurs ont des tailles de pots de 19 ou 21 cm et cultivent deux plantes par m2. Une qualité de plants que l’on ne retrouve pas « à l’étranger, en Pologne notamment, où la densité est de 15 plants par m2 ! Ce ne sont pas du tout les mêmes fleurs ni la même qualité » s’offusque Pierre Rolin. Des chrysanthèmes de moindre qualité à des prix qui débutent à 3,50 euros, déstabilisant les repères des consommateurs et la filière puisqu’ils ne correspondent pas au prix de revient des producteurs saône-et-loiriens.

Triste constat, le non-remplacement des producteurs partants (faillites, cessations d’activité, retraites…) compense un marché où la production de 300 000 pots par an (contre 1,5 millions, il y a trente ans) se répartit entre les producteurs restants. Le volume des producteurs est donc stable, mais « au détriment de 40 emplois perdus en l’espace de quatre ans sur le bassin chalonnais » regrette Pierre Rolin.

Des producteurs français à soutenir donc car « ils ont le métier dans la peau » et travaillent pour perpétuer des traditions françaises mais pas seulement.
Ces fleurs trop cantonnées à la Toussaint mériteraient une seconde vie en dehors des cimetières. « Certaines variétés commencent à fleurir vers le 10 octobre et peuvent durer jusqu’à Noël, si elles ne gèlent pas » affirme Pierre Rolin. Les communes « donnent l’exemple » et plébiscitent déjà les chrysanthèmes en réalisant de magnifiques aménagements floraux dans les villes.

En sortant des cimetières, les habitants et les visiteurs peuvent constater que ces fleurs « pomponnent » les villes et les villages.




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