Opération vérité sur les revenus agricoles
FDSEA-JA rencontrent les parlementaires
Jura agricole et rural
Publié le: 13 novembre 2008
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Une délégation FDSEA JA rencontre les parlementaires Gérard Bailly et Jean-Marie Sermier |
La FDSEA et Jeunes agriculteurs avaient prévu de parler du revenu agricole et des mesures d'urgences d'allègement des charges pour les filières. Les parlementaires les ont amenés également vers d’autres sujets « dans l'air du temps ».
Non, ce n’est pas parce que les prix du lait et des céréales ont grimpé jusqu’au mois d’octobre que les revenus des agriculteurs suivent la même courbe ascendante. Au contraire.
Cette embellie, de courte durée – les prix replongent à nouveau... – n’aura servi, au mieux, qu’à couvrir la hausse des charges sur les exploitations. À quelques jours de la conférence nationale sur les revenus agricoles qui a eu lieu le 12 novembre, les FDSEA et JA se sont mobilisés dans tous les départements pour faire passer ce message : « Ne nous trompons pas de cible pour préserver le pouvoir d’achat des Français ! »
La FDSEA et les Jeunes agriculteurs du Jura, après une action coup-de-poing le 14 octobre dans des grandes surfaces où ils ont vidé les rayons de produits laitiers, ont décidé de faire porter leurs revendications par plusieurs voix : celle de nos parlementaires, par voix de presse et auprès de la représentante de l’État. Ce jeudi 6 novembre fut donc une journée marathon pour plaider la cause agricole avec une rencontre des parlementaires le matin, à laquelle ont répondu présents le sénateur Gérard Bailly et le député Jean-Marie Sermier. Après une conférence de presse, la délégation des représentants de la FDSEA, des JA et des anciens exploitants s’est ensuite dirigée vers la préfecture, où elle a été reçue par Joëlle Le Mouel pendant plus d’une heure.
Les producteurs pris en tenaille
Principal sujet évoqué avec les parlementaires et la préfète: la hausse vertigineuse des charges et la baisse des cours des matières premières dans un contexte de volatilité des marchés jamais atteint jusqu’ici. En deux ans, l’augmentation des trois principaux postes que sont l’engrais, le carburant et les aliments du bétail, a été juste couverte par la progression du prix du lait standard. En lait AOC comté, il manque encore 25 euros pour arriver à absorber la hausse des charges. La chute du prix de vente des veaux et de la viande ne va faire qu’empirer la situation.
Du côté des céréales, les graphiques et les courbes parlent d’eux-mêmes : le prix des engrais a été multiplié par trois en un an, le coût de l’azote et de l’énergie a été multiplié par deux, et le prix du blé, du maïs et de l’orge entame une décrue bien plus rapide que ce que l’on pouvait imaginer.
« Les producteurs sont pris entre le ciseau des prix et des charges », constate Frédéric Perrot, président de la FDSEA, qui attend de la conférence des revenus agricoles l’annonce, par Michel Barnier, de mesures importantes pour l’allègement des charges au bénéfice de toutes les filières.
Encadrement des marchés, transparence sur les prix
« Le yo-yo des prix des produits ne laisse plus de visibilité aux jeunes qui s’installent », déclare inquiet, Christophe Buchet, président de JA. Selon lui, il ne faut pas charger la barque des jeunes ou certains risquent de couler : « L’envolée des charges fragilise ceux qui sont en phase d’investissement. Nous demandons une certaine tolérance dans les délais de mise aux normes ». Les outils de régulation des marchés mis en place au niveau européen sont vitaux pour combattre la volatilité des prix, « il faut les maintenir », déclarent les représentants FDSEA et JA.
Au plan français, les producteurs attendent l’application effective de la loi de modernisation de l’économie. « Toute la loi », pas que celle qui arrange la grande distribution. Cette loi prévoit en effet la négociabilité des conditions de ventes mais aussi l’indication des prix et des ristournes sur la facture. Un étiquetage transparent pour le consommateur que l’Ania (Association nationale des industries de l’agroalimentaire) appelle également de ses vœux, se rangeant sur ce point du côté des producteurs. La profession agricole réclame, dans le même cadre, la création d’un observatoire des prix et des marges.
Au cours de cette matinée, les échanges avec les parlementaires jurassiens ont débordé vers d’autres sujets comme la révision des zones défavorisées au niveau européen qui, à compter du 1er janvier 2010, devrait avoir un impact sur un tiers des surfaces du Jura au niveau de l’ICHN et des aides à l’installation. La FDSEA et JA du Jura ont rappelé leur souhait d’une vraie politique de soutien aux systèmes herbagers financée sur le premier pilier de la Pac, sans aller jusqu’à certaines positions extrêmes. « Il faut être réaliste dans nos demandes, déclare Frédéric Perrot. Dans un contexte économique difficile, il ne s’agit pas d’user et d’abuser de la modulation au risque de mettre un secteur en difficulté pour en conforter un autre ».
Toujours à propos des évolutions de la Pac, le sénateur Bailly suggère l’idée d’une prise en charge par l’Europe d’une partie de l’assurance récolte pour les JA durant les cinq premières années de leur installation.
Il a aussi été question de la TIPP, de Natura 2000, de l’abattoir de Champagnole, de la prime à la brebis, d’une politique foncière dans les zones de grands ouvrages, de l’étiquetage des acides gras « trans » sur les produits alimentaires, de la remise en cause de l’épandage de fumier dans les étangs de pisciculture...
Les sujets ne manquent pas. Rendez-vous est pris fin novembre pour une rencontre sur une exploitation agricole avec les conseillers généraux, sous l’égide de la chambre d’agriculture, et ce, en amont du vote du budget primitif du département. « Un budget dont la marge de manœuvre est minime », préviennent les élus. La crise et la hausse des charges...
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Une préfète à l’écoute des revendications de la profession agricole |
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