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Échec des négociations au Cniel
Prix du lait
Jura agricole et rural
Publié le:  13 novembre 2008
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Les grandes enseignes sont prévenues : les producteurs n’accepteront pas que les faux discours sur le pouvoir d’achat se traduisent par une pression aggravée sur leur revenu

Producteurs et transformateurs ne sont pas parvenus à un accord sur un prix du lait à la production pour le quatrième trimestre 2008 et le premier trimestre 2009. Les baisses proposées par les industriels restaient inacceptables pour les éleveurs. Leur mobilisation se poursuit.

Nouvelle impasse dans les négociations interprofessionnelles sur le prix du lait.
 
Après la réunion du 30 octobre, celle du 4 novembre entre les producteurs et les industriels au siège de l’interprofession laitière (Cniel), afin de se mettre d’accord sur un prix à la production pour le quatrième trimestre 2008 et le premier trimestre 2009, a échoué également, sans clause de revoyure.
 
Au cours d’âpres tractations suspendues deux fois, les fédérations de transformateurs n’ont pas modifié leurs propositions de baisse de prix pour fin 2008, fixée à -30 euros pour 1 000 litres, avec une flexibilité de -15 euros en fonction des mix produits. Ils ont fait en revanche des concessions pour le premier trimestre 2009, acceptant de porter la baisse initiale de -55 euros à -50, puis à -45 euros pour 1 000 litres, avec toujours une flexibilité de -15 euros.

« Pas supportable »
 
Mais pour la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), ces propositions demeurent « très largement au-delà de ce qui est supportable pour les éleveurs », compte tenu de la hausse d’environ 20 % de leurs charges de production (aliment du bétail, fertilisation, énergie) qui a déjà détérioré sensiblement leur revenu.
 
La FNPL avait fait un effort supplémentaire le 30 octobre en mettant sur la table une baisse de 10 euros pour fin 2008 et de 20 euros pour début 2009, avec une flexibilité de -10 euros. Des
niveaux qui répondent au souci des industriels de plus de réactivité de la part des producteurs face aux différents marchés, selon elle. La situation va donc rester très tendue sur le terrain. Dès le 5 novembre, les entreprises se devaient d’afficher le prix pour le quatrième trimestre 2008, et elles devraient appliquer théoriquement la baisse de 30 euros pour 1 000 litres qu’elles proposent. « Les industriels ont fait comprendre qu’ils avaient besoin de cette baisse de prix dès le quatrième trimestre », a-t-on appris auprès de la FNPL.

Une baisse que l’Association de la transformation laitière (Atla) justifie par la forte dégradation du prix survenue cette année sur les marchés du beurre et de la poudre de lait (produits industriels).

Produits industriels ou PGC ?

Mais pour les éleveurs, la mauvaise tenue des marchés « ne justifie pas de telles baisses ». L’an dernier, lorsque les prix des produits laitiers étaient au plus haut, les producteurs ont accepté que les industriels ne répercutent pas immédiatement la hausse à la production fin 2007, mais qu’elle soit lissée sur l’année 2008. Les transformateurs français avaient expliqué que, essentiellement positionnés sur des produits de grande consommation (PGC), ils ne pouvaient pas passer ces hausses auprès de la distribution. Au contraire de l’Allemagne dont les industriels passaient alors les hausses à leurs producteurs, car ils étaient surtout sur des produits industriels.

« Mais fin 2008, les mêmes transformateurs nous demandent d’impacter des baisses car les prix des produits industriels ont fortement baissé. Leurs débouchés auraient-ils changé en un an ? », s’agace Thierry Roquefeuil, le secrétaire général de la FNPL. Sans parler des « effets dévastateurs » qu’aurait sur l’approvisionnement en lait une baisse de prix trop forte, avertit cette dernière. La mobilisation des producteurs va donc se poursuivre sur tout le territoire.

La responsabilité des Pouvoirs publics
 
La Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) dénonce la responsabilité des Pouvoirs publics dans la situation interprofessionnelle explosive d’aujourd’hui, dans un communiqué daté du 5 novembre.
Insistant sur « la nécessité absolue » pour la filière d’une maîtrise des volumes pour rétablir l’équilibre sur les marchés, les éleveurs rappellent que le Gouvernement, en signant une réforme aboutissant à la dérégulation complète des marchés (fin des quotas laitiers en 2015), entraîne le secteur laitier européen « dans une véritable tourmente ».
 
De plus, « en cherchant à suspendre les négociations interprofessionnelles », selon la FNPL, les Pouvoirs publics ont fissuré la cohésion du secteur laitier français.




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