S'adapter à la fin des quotas
Débat
Jura agricole et rural
Publié le: 04 décembre 2008
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La fin des quotas laitiers est annoncée pour 2013. C'est déjà le cas chez les voisins suisses. Jérôme Hirschy et Daniel Geiser discutent de cette réalité.
Après l’exposé et les questions sur l’exploitation de Jérôme Hirschy, une visite de l’étable s’impose. « Nous avons ici une Mistouflon, avec une très bonne mamelle très souple et qui n’est pas loin des 7 000 kg de lait en 3e veau. »
On voit encore une Inspecteur, une Généreux… Les présentations faites, on monte à l’étage pour aborder la question centrale de la visite : l’adaptation à la fin des quotas laitiers. S’ils ont été mis en place dans les années 70, ils sont partiellement supprimés depuis 2006. « Et le seront totalement au 1er mai 2009», annonce Daniel Geiser, directeur adjoint de Prolait, fédération laitière.
« À partir de cette date, la Confédération helvétique ne fera que regarder et laissera chacun s’organiser. En tout cas, être favorable ou pas à la suppression du contingentement, la question ne se pose plus. Les producteurs doivent s’organiser avec ça. »
Une ordonnance suisse précise que le lait doit être livré légalement à une organisation de producteurs ou à un utilisateur avec un accord d’une durée minimale d’un an et un accord tant sur la quantité livrée que sur son prix d’achat.« C’est le mini du minimum. »
Au niveau des producteurs de lait industriel, deux tendances se dessinent : on s’organise entre producteurs ; on s’associe avec le transformateur. « Pour ce dernier courant, le problème est de dire à l’industriel sa capacité de production. Nous, c’est l’inverse. On privilégie le prix, pas la quantité. Nous voulons défendre notre revenu. »
« Sauver notre revenu »
« Au printemps, le prix du lait montait », explique Jérôme Hirschy, l’hôte du jour. « L’industriel a offert des quantités supplémentaires. » Les exploitants ont choisi de traire 10 000 kg de plus. « On nous a fait miroiter un contrat avec des droits à produire pour 2008 et 2009. » La faible augmentation s’explique par le contexte de l’exploitation. « Ici, on est coincé. D’ailleurs, il nous faudrait plutôt 10 hectares supplémentaires que du lait en plus.»
Ailleurs, en plaine, certains exploitants ont demandé un surplus de 100 000 à 150 000 kg de lait.
Indubitablement, on s’est retrouvé à l’automne avec du lait en trop. « Et une forte pression sur les prix. L’Office de l’agriculture est responsable de la situation. On aurait dû interdire ces cadeaux. » « Si la Confédération a mis en place ce système, les producteurs sont allés à fond dedans. De notre côté, nous avons dit non ! » nuance Daniel Geiser.
Jérôme Hirschy, travaillant avec un système herbager autonome, a investi dans un nouveau bâtiment. « Avec le prix actuel, on peut faire face. Mais si ça baisse de 20 centimes suisses, on peut baisser le rideau. » « En France, c’est pareil », grondent sourdement les visiteurs.
La question finale est de savoir comment va se répartir la valeur ajoutée. Chez les producteurs ? Ou se contenteront-ils que de se cantonner à la production en laissant d’autres commercialiser leur lait ? « Nous pensons qu’ils vont prendre des parts sur le marché pour sauver une partie de notre revenu », revendique Daniel Geiser. C’est pour ça que je m’engage. »
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