Les coopératives face à la mondialisation
Interval
Jura agricole et rural
Publié le: 11 décembre 2008
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Pierre Le Roy : « Nous entrons dans une ère insupportable de volatilité des prix » |
À qui profite la hausse des prix de l'alimentation ? Quel peut-être le rôle des coopératives face à la crise mondiale de l'économie ? Ces questions ont été posées lors de l'assemblée générale d’Interval.
L’agriculture a été accusée de provoquer l’explosion des prix de l’agroalimentaire et des famines dans le monde mais il faut se poser les vraies questions », lance Didier Vagnaux, président d’Interval.
Il rappelle que si les cours du blé et des oléagineux ont doublé sur l'année 2007-2008, ils ont été divisé par plus de deux en début de campagne 2007-2008, avec en parallèle une forte hausse des coûts de production. Et pendant ce temps le prix de l’alimentation n’a certainement pas baissé. « Nous sommes dans une ère d’informations partielles voir de désinformation [...] À qui profite la hausse des prix et la crise du pouvoir d’achat ? Certainement pas au producteur [...]. Et aujourd’hui le consommateur doit, en plus, payer les excès du libéralisme de l’économie américaine et mondiale», signale Didier Vagnaux.
L’intervention de Pierre Le Roy, fondateur de la revue Globeco, viendra étayer ce propos. « Nous entrons effectivement dans une ère insupportable de volatilité des prix avec une crise financière qui s’est répandue à l’ensemble de l’économie mondiale […] et où l’’Europe est en train d’abandonner un système de régulation qui a fait ses preuves, la Pac », signale cet énarque à la retraite qui a exercé des fonctions au ministère de l’Agriculture et au Commissariat au plan. Le ton pourrait paraître pessimiste mais l’un comme l’autre ouvrent des portes de sorties.
Renforcer la coopération
« Notre outil coopératif est le mieux adapté pour nous sécuriser face à des marchés mouvementés, il permet de mutualiser les risques et de jouer le rôle d’amortisseur face aux hausses inconsidérées des approvisionnements », expose Didier Vagnaux. Mais il en va également de la responsabilité de chacun pour éviter les pratiques spéculatives. Michel Leroy va à l’opposé des analyses actuelles : pas de risque de crash alimentaire, « si l’on ne décourage pas les paysans ». Et de regretter que même le FMI reprenne « la fable des biocarburants » accusés de provoquer l’envolée des cours des produits agricoles et d’affamer le monde.
Dans ce contexte difficile, la coopérative Interval continue à participer à la structuration des outils régionaux avec les coopératives régionales pour constituer « de manière informelle», le troisième groupe minotier français, ou pour redonner un élan à la filiale d’alimentation du bétail commune, Soréal, avec à la clé des débouchés importants pour les céréales produites localement.
La collaboration ne s’arrête pas là. Les coopératives de Bourgogne, Franche-Comté, Rhônes-Alpes, Alsace et Allier se retrouvent autour de nombreux dossiers : les semences avec BFC Semences, Extrusel, les pôles d'approvisionnements (Transval et UEA), les activités espaces verts regroupées au sein de la filiale Naturalis.
Face à la mondialisation, les coopératives resserrent les liens autour de valeurs communes.
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