«Copain comme cochon !»
Élevage porcin
Jura agricole et rural
Publié le: 11 décembre 2008
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Frédéric Monnard a expliqué son métier d’éleveur de porcs aux enfants |
Frédéric Monnard, éleveur de porcs à Bonnevent en Haute-Saône, recevait le 17 novembre dernier sur son exploitation des élèves de CM2 dans le cadre d’une action pédagogique nationale.
Vêtus de cottes blanches – précautions sanitaires obligent – une trentaine de bambins ont envahi l’élevage porcin de Frédéric Monnard le temps d’un après-midi.
« Cette journée s’inscrit dans le cadre du grande opération pédagogique nationale “copain comme cochon’’, à laquelle participent 120 éleveurs et près de 6 000 enfants. En Franche-Comté, sept éleveurs de porcs ont accepté de participer et 350 élèves de CM1 et CM2 sont reçus au cours des deux dernières semaines de novembre », explique Joël Pourchet, président de l’interprofession porcine régionale.
Pour Frédéric Monnard, « c’est l’occasion d’améliorer l’image des éleveurs de porcs : dans l’esprit du grand public, l’élevage de porcs est souvent associé à la pollution et aux nuisances olfactives, ce qui est en décalage avec la réalité. Peu de gens savent comment ça se passe, que nous avons des bâtiments modernes et que nous travaillons dans le respect de l’environnement. En recevant des enfants, on a peut-être plus de chances de les convaincre ! Et puis c’est aussi l’occasion de leur faire découvrir notre métier. »Installé en 1991 avec une porcherie de 440 places d’engraissement, il a fait évoluer son élevage en reprenant l’atelier de naissage de son père puis une autre porcherie et des surfaces de cultures. En 2007, il a créé une boucherie charcuterie près d’Oiselay pour valoriser une partie de sa production : 600 des 3 600 porcs charcutiers produits chaque année.
A l’aide de panneaux explicatifs sous forme de bande dessinée humoristique, Gaëlle Daniel, animatrice à Bévifranc-Interporc, s’est chargée de préciser quelques notions simples et un peu de vocabulaire : truie, verrat, porcelets, durée de gestation, poids et alimentation, etc… Sans oublier de parler de l’aval de la filière : jambon, saucisses, pâté, etc. « Nous avons travaillé en amont avec les professeurs d’école en leur fournissant un livret pédagogique pour préparer cette visite », précise Lucie Cadart, qui a organisé l’opération au niveau régional.
De la nurserie à l’abattoir
Les élèves de la classe de CM2 de l’école de Bourgogne ont ainsi pu découvrir le cycle de production des porcs charcutiers en visitant chaque salle, à l’exception de la maternité pour ne pas déranger les truies. D’abord la nurserie, où une dizaine de porcelets entourent chaque truie : « ce système est fait pour éviter que la truie n’écrase ses petits », explique Frédéric Monnard aux enfants surpris par le dispositif de contention.
Suit le post-sevrage, puis l’atelier d’engraissement où en quelques mois les porcs grossiront d’une centaine de kilos… Les questions fusent, parfois inattendues : « qui c’est qui leur donne à manger ? » « Tout est distribué par des tuyaux, l’ordinateur calcule les quantités : quand les porcelets grandissent la truie a besoin de plus de nourriture pour avoir plus de lait. »
Devant les cellules à grains, les enfants découvrent les aliments de base de la ration : maïs grain, blé, orge et avoine produits sur l’exploitation, tourteau de colza et de soja, minéraux et vitamines achetés dans le commerce. Au niveau de l’impressionnante fosse à lisier (d’une capacité de 3 000 m3), Frédéric Monnard précise que les déjections sont utilisées pour fertiliser les cultures de céréales.
« On épand le lisier à ras du sol pour éviter de polluer. » La visite se termine par l’atelier d’engraissement, qui débouche directement sur le quai d’embarquement et la bétaillère. « C’est dans ce camion que j’emmène les cochons à l’abattoir : il y a des aérations, des cases individuelles… » De retour dans leur classe, les élèves réaliseront des panneaux avec les photographies prises par leur institutrice.
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