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Itinéraire d'un éleveur décidé… et réaliste
Nicola Conty à Hotonnes (Ain)
Jura agricole et rural
Publié le:  11 décembre 2008
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Nicolas Conty est éleveur d’un troupeau allaitant de race charolaise. Il est installé depuis le 15 novembre dernier.

Nicolas Conty, 28 ans, s’est installé en individuel à Hotonnes, dans le Valromey (Ain). Son rêve de prendre la relève de l’activité familiale – l’élevage d’un troupeau allaitant de race charolaise – est devenu très récemment réalité. Il a bouclé positivement l’étape du financement de ses investissements malgré la crise qui se précisait.

«Le premier métier que j’ai exercé de 19 à 24 ans a été celui de boucher, et plus précisément de désosseur, à Lyon.
 
Mais depuis, gamin, j’ai toujours dit que je voulais m’installer en agriculture, raconte Nicolas Conty. Dès l’âge de douze ans, j’ai participé au travail à la ferme familiale. Je sais ce que veut dire ce métier, mais ça m’a toujours plus…
Ma mère, Nicole, avait repris en 1992 l’exploitation de sa propre mère, mais en passant de l’élevage laitier à allaitant. Pour accomplir les tâches quotidiennes, c’est vrai que les conditions pratiques n’étaient pas idéales chez nous… : des vaches réparties dans cinq étables ici au cœur du hameau de La Rivoire, vous imaginez !….».
 
Installé depuis le 15 novembre dernier, Nicolas récapitule son itinéraire. « J’ai entamé ma formation adulte au CFPPA des Sardières à Bourg-en-Bresse fin 2004 et obtenu mon BPREA en mars 2008. Je sais, ça fait long, mais cela m’a permis de mûrir mon projet et de façon toujours réaliste ».

Financer, gérer, c’est prévoir
Réaliste, le mot revient souvent dans la bouche du jeune homme. Diplôme donc en poche et étude prévisionnelle à l’installation (EPI) bouclée avec l’Adasea, le temps vint de penser précisément au financement.
« Pour élever un troupeau dans de bonnes conditions pratiques, il était clairement impossible de continuer comme la famille l’avait fait jusqu’alors. Je devais soit construire un nouveau bâtiment, soit en trouver un à acheter. Faire un bâtiment neuf aurait été difficile au regard de l’équilibre économique à atteindre.
 
«Or, pour cet investissement, en neuf ou en rachat, il me fallait faire un emprunt total. L’occasion s’est présentée de racheter un bâtiment déjà construit, celui d’un éleveur laitier de la commune qui ne pouvait plus exercer sa profession. La solution pratique était trouvée. Restait à voir avec une banque. Ma rencontre avec un conseiller bancaire a été d’emblée positive. Une confiance réciproque s’est immédiatement instaurée avec un homme très à l’écoute, qui connaît bien le contexte agricole et qui assure un vrai suivi des choses.
J’avais besoin de financer l’achat de mon bâtiment, et de faire certains aménagements dans celui-ci, puis d’acheter certains matériels : un tracteur, une fourche et un andaineur. J’ai emprunté au total 180 000 euros dont 60 000 euros à un taux bonifié de 1 % et le reste à 5,1 %.

Dans l’attente du versement de ma dotation jeune agriculteur (DJA) s’élevant dans mon cas à 26 600 E que je recevrai en janvier, la banque m’a avancé la même somme à un taux de 0 %. Ceci, afin que je puisse faire face aux dépenses que j’ai dès à présent. Cette somme, je l’ai gardée pour partie en trésorerie et j’en ai consacré une autre partie au paiement des frais notariés relatifs à l’achat de mon bâtiment. Tout ceci permet de bien cadrer l’encours de mes besoins par rapport au fonctionnement global de mon exploitation. Par ailleurs, au niveau de ma trésorerie, j’ai également « sécurisé » les 5 000 ? de subvention de la région reçus en tant que nouvel installé. Il faut prévoir l’avenir immédiat comme le moyen terme ».

Une installation bien étudiée
Quid des garanties relatives au prêt bancaire que ce jeune agriculteur a dû apporter ? « Elles résident dans l’hypothèque sur le bâtiment », répond Nicolas. Tout en précisant que l’élaboration de son installation ne s’en est pas moins faite avec un réalisme strict.

« Deux activités ont été notifiées dans mon EPI : la vente sur pied de bétail et la vente de viande en direct, ce qui me permet de ne pas me fermer à l’évolution dans mon exploitation. Et puis il y a le fait aussi que je ne suis pas un « nouvel » éleveur. Je ne suis pas novice dans le métier. Je pense que toutes ces données jouent. Il faut dire aussi que sur les 136 hectares de ma SAU, 65 hectares appartiennent à ma mère. Je ne loue donc pas toutes mes terres. Globalement, je pense que mon installation a été financièrement possible parce que des données très étudiées de viabilité économique étaient vraiment présentes ».

Aujourd’hui, Nicole Conty, la mère de Nicolas, auparavant chef d’exploitation, est aide familiale sur l’exploitation de son fils. Une transition de statut, avant l’âge de la retraite, qui est aussi une vraie passation de relais humaine et professionnelle, pour assurer au mieux la pérennisation du métier en faveur de la jeune génération.




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