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La crise rend le consommateur malin
Nouvelles tendances commerciales
Jura agricole et rural
Publié le:  11 décembre 2008
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La recherche de la proximité est un constat qui se dégage largement de cette étude

La baisse du pouvoir d’achat modifie les habitudes des consommateurs et oblige le commerce à s’adapter. Des changements qui auront des conséquences sur la production alimentaire.

La crise modifie en profondeur le comportement des consommateurs, c’est ce qu’a observé OpinionWay dans un sondage publié lors des débats organisés par la Cité du commerce et de la consommation, les 28 et 29 novembre derniers à l’Ecole supérieure de commerce de Paris.

Trois grandes tendances se dégagent
• La prééminence du facteur prix. Cela se traduit par la montée en puissance du hard discount fréquenté aujourd’hui par toutes les catégories sociales, par le transfert vers les marques de distributeurs (MDD) au détriment des marques qui ont vu leur part de marché reculer de 30 % en 2008. Ainsi, la recherche du meilleur prix amène le consommateur à faire des comparaisons avant d’acheter : aux États-Unis en 2007, 20 % des transactions non alimentaires étaient précédées d’une consultation sur internet, un chiffre qui devrait monter à 40 % en 2010.

• La recherche de proximité. Ils sont 56 % à estimer qu’il n’y a pas assez de commerces dans leur quartier et 52 % regrettent qu’il y ait trop peu d’épiceries. Cette recherche de proximité les pousse à privilégier le marché ou le commerçant de quartier pour l’achat des fruits et légumes, de la viande ou du pain, mais également l’achat direct au producteur.

• La montée du questionnement à l’égard de l’origine du produit.
Le débat sur les OGM, la mortalité des abeilles ou les pesticides a exacerbé cette méfiance à l’égard des produits alimentaires et grandement contribué au succès du bio. Mais celui-ci est freiné par son coût qui se heurte à l’objectif prioritaire du prix le plus bas.

Cette interrogation s’exprime également par le fort développement du « faire soi-même » avec l’explosion des ventes de machines à pain ou l’engouement pour le jardin potager.
 
La combinaison de ces trois facteurs peut expliquer le succès rencontré par les Amap (Association pour le maintien de l’agriculture paysanne). Mais le militantisme et la communication ne pourront durablement masquer l’absence criante d’implantation et de volume. Il y a en revanche des places à prendre pour l’agriculture périurbaine et la vente directe à condition de s’organiser et d’adapter sa distribution aux nouvelles aspirations des consommateurs.

Le moins cher ou le meilleur
Face à ce consommateur qui développe les achats malins, le commerce cherche à s’adapter même si, comme le souligne Raphaël Palti PDG d’Altavia, un groupe de communication spécialisé dans le commerce, « actuellement le consommateur est plus intelligent que le commerçant ». Car c’est une énorme mutation qui attend le commerce.

Jusqu’à aujourd’hui, pour réussir, les magasins devaient être soit les plus grands, soit les moins chers, soit les plus proches, soit les meilleurs dans leur secteur. Demain ne devraient prospérer que les moins chers et les meilleurs. Le moins cher, on pourra le trouver dans le hard discount de mieux en mieux achalandé avec l’apparition des marques mais également sur internet.

Quant au meilleur, cela laisse une bonne place au développement des produits alimentaires haut de gamme ou sous signe de qualité mais également aux fruits et légumes. En effet, lorsque l’on demande aux consommateurs de citer le produit ou le service qui est le plus bénéfique pour leur santé, les fruits arrivent en tête (23 %) suivis par les légumes (21 %) et devant le sport (20 %).

Dans ce sondage, ils sont également 38 % à considérer que la consommation de vin est bonne pour la santé contre 33 % qui pensent le contraire.




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