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D'importantes marges de progrès
Journée régionale porcine
Jura agricole et rural
Publié le:  18 décembre 2008
Page 9 

Autour de Joël Pourchet, président de l’interprofession porcine, Isabelle Forgue de la Chambre d’agriculture du Doubs et Patrick Massabie, de l’IFIP

L’augmentation du coût de l’énergie incite les éleveurs porcins à se pencher sur leurs consommations : chauffage et isolation des bâtiments, maîtrise de la ventilation, etc. Patrick Massabie, de l’IFIP, et Isabelle Forgue, de la chambre d’agriculture du Doubs, ont apporté des données chiffrées et des explications sur ce thème à l’occasion de la journée régionale porcine.

Isabelle Forgue, chargée de mission énergie à la chambre d’agriculture du Doubs pose les jalons d’une réflexion sur l’énergie : « La demande mondiale en pétrole progresse de 3,5 % par an, la demande en énergie de 1,3 %, tandis que les réserves mondiales sont de 230 ans pour le charbon, 70 ans pour le gaz et 45 ans pour le pétrole. Les experts positionnent le pic de production du pétrole à 2015, ce qui signifie qu’on va sortir de l’ère du “pétrole pas cher’’ ».
 
Le secteur agricole ne consomme que 2 % de l’énergie en France, mais en revanche il émet 18 à 20 % des gaz à effet de serre.

Et l’élevage porcin dans tout ça ? Patrick Massabie, de l’Institut technique du porc, était justement là pour répondre à de telles questions, s’appuyant pour cela sur les résultats d’une étude financée par l’ADEME sur ce thème. « Après l’électricité, le fioul est la deuxième source d’énergie utilisée en élevage porcin, avec des groupes électrogènes très présents chez les naisseurs-engraisseurs (74 %) et en post-sevrage engraissement (100 %). »
 
Or le coût du kWh obtenu par ce système est justement le plus élevé, de l’ordre de 0,175 E, à comparer au 0,043 E du tarif vert EDF ou 0,076 E avec une chaudière à fuel… Malgré tout, l’énergie ne représente que 18 % des charges diverses et 1,8 % des coûts de production (soit 1,80 E par porc produit, ou 13 000 E par an pour un atelier naisseur-engraisseur de 200 truies).

De fortes disparités
Encore faut-il préciser qu’il s’agit là d’une moyenne : « en fonction de la zone géographique d’implantation, de la date de construction du bâtiment et de la qualité d’isolation, il y a d’importantes disparités de consommation d’énergie entre des élevages de taille similaire. »

Chauffage et ventilation représentent à eux deux 85 % des dépenses d’énergie (48 kWh/porc produit), c’est donc à ces deux postes qu’il faut s’intéresser en priorité pour réduire sa facture. Le stade physiologique des animaux a aussi une incidence sur les besoins, en particulier de chauffage : poste de nurserie post-sevrage et maternité sont les plus gourmands. Pas question pour autant de jouer sur la température à l’intérieur des bâtiments, sous peine de dégrader l’indice de consommation, qui permet d’évaluer l’efficacité alimentaire. « Une partie des aliments ingérés sera convertie en chaleur au détriment de la prise de poids : dans les zones froides on consomme en moyenne 9 kg d’aliment de plus par porc ! », résume le spécialiste.

Restent donc les pistes de l’isolation et de la ventilation. « La ventilation représente 70 % des pertes de chaleur d’un bâtiment d’élevage de porcs, les parois 30 %. D’où la nécessité de bien ajuster le débit aux besoins. Pour une température extérieure de 0°C et 27°C à l’intérieur, passer d’une ventilation de 3 m3/h à 5 m3/h entraîne une dépense supplémentaire en chauffage de 440Wh/ jour/porcelet ! L’isolation des préfosses est aussi importante : pour une salle de pignon post-sevrage maintenue à 27 °C avec une température extérieure de 0°C, l’économie journalière en chauffage est de l’ordre de 200 w/porcelet. »

Récupérer la chaleur
Compte tenu de ces données, les techniques de récupération d’énergie peuvent apporter un plus, en améliorant le confort des animaux et en réduisant les charges. Plusieurs systèmes sont possibles. L’échangeur air-air fonctionne sur le principe du réchauffage de l’air froid entrant par l’air chaud sortant.
 
On peut ainsi gagner une dizaine de degrés, mais l’extraction centralisée est quasi obligatoire. Autre solution, la pompe à chaleur, dont la source chaude peut être le laveur d’air, le sol (géothermie) ou le réacteur biologique.
 
Cette technologie est très efficace, mais nécessite des investissements lourds, dont le chauffage à l’eau chaude. « La récupération d’énergie a de nombreux avantages : en post-sevrage, on a une économie directe sur la facture énergétique. En engraissement le passage de 22 à 24°C permet d’économiser 2,6 kg d’aliment par porc. Il y a aussi une amélioration de l’ambiance avec moins de NH3, et la réduction des amplitudes thermiques (écarts jours-nuits) réduit les problèmes sanitaires ainsi que les risques de cannibalisme. »




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