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Se comparer pour s'améliorer
Diagnostic énergétique
Jura agricole et rural
Publié le:  18 décembre 2008
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Une méthode et des références existent désormais pour faire le bilan énergétique de son élevage et cibler les améliorations les plus efficaces : c’est le bilan Planète, présenté par Isabelle Forgue à l’occasion de la journée régionale porcine.

L’agriculture est régulièrement montrée du doigt pour ses importantes émissions de gaz à effet de serre, et donc sa part dans le réchauffement climatique.
 
« Le secteur de l’agriculture est responsable de 19 % des émissions de gaz à effet de serre : 2 % du CO2, 70 % du NH4 et 78 % du N2O », explique Isabelle Forgue. Depuis quelques années des diagnostics énergétiques en exploitation agricole ont été mis au point par les organismes de recherche. « Le bilan planète permet de comptabiliser les entrées, énergies directes (fioul, essence, électricité, gaz naturel) et indirectes (engrais, amendements, semences, produits phytosanitaires et aliments du bétail), ainsi que les sorties : émissions dans l’air, le sol et l’eau, productions animales et végétales. »

Premières références en élevage porcin
Plusieurs élevages porcins ont effectué le bilan Planète, et ces premières références sont riches en enseignements. Dans les porcheries enquêtées, 35 % des consommations sont des énergies directes (surtout sous forme d’électricité), et 65 % des consommations des énergies indirectes, en particulier via les achats d’aliments.
 
Selon les élevages la consommation va de 550 équivalent fuel/UGB à 750 EQF /UGB, ce qui laisse entrevoir de nombreuses marges de manœuvre pour améliorer l’efficacité énergétique des exploitations. « L’énergie directe représente environ 2,2 % du coût de production en 2006, ce qui peut paraître faible, mais elle a augmenté de 12 % en cinq ans : il est donc urgent de réagir ! »

Premier levier d’action, connaître précisément sa situation. Cela passe par un suivi rigoureux et régulier des consommations. « Il existe des outils tels que les fiches de gestion annuelle de consommations d’électricité proposées par EDF, ou encore le suivi des consommations de fuel en évaluant les besoins pour la mécanisation (compter 75 l fioul / ha SAU) et les factures de gaz », liste Isabelle Forgue. On peut ainsi ramener les consommations de l’élevage à une ration en kWh par truie ou porc charcutier produit, ce qui permet de se situer par rapport aux références.

En fonction des résultats, il faut établir des priorités dans les mesures correctives à mettre en œuvre. « D’abord l’isolation : veiller à une bonne isolation des bâtiments et bonne étanchéité générale, envisager éventuellement une rénovation. Lors d’une création de bâtiment, bien prendre en compte l’environnement (exposition réduite aux vents dominants). On peut aussi procéder à l’installation de haies brise-vent et au talutage des pré-fosses aériennes. »

Second axe, optimiser le chauffage et la ventilation qui représentent 85 % des consommations. « En maternité, le chauffage par plaques électriques au sol permet de réduire de 30 % la consommation. La construction de niches pour les porcelets, dont les besoins sont plus élevés (30 °C) que ceux des truies (24°C) permet d’après un témoignage danois de réaliser jusqu’à 75 % d’économies d’énergie dans cet atelier. En post-sevrage, préférer les radiants standards aux halogènes, bien positionner la sonde thermique d’ambiance, maîtriser les déperditions thermiques liées à la ventilation (maîtrise des débits, entretien-nettoyage régulier – étalonnage des sondes thermiques). Il faut aussi opter pour des ventilateurs « économes » et raisonner la conception du bâtiment : on peut réduire de 20 à 30 % les consommations avec une extraction centralisée. »

Viennent ensuite les éclairages et le système de distribution d’aliments. Pour aller encore plus loin, la récupération d’énergie via les échangeurs ou des pompes à chaleur… voire la production d’énergie sur le site de l’exploitation : méthanisation, capteurs solaires, photovoltaïque ou éolien, de nombreuses solutions existent et une partie de l’investissement peut-être pris en charge par les collectivités locales.




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