Point sur le compostage des fumiers
Contrat de rivière Loue
Jura agricole et rural
Publié le: 23 décembre 2008
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Choisir une bâche respirante spéciale qui régule l’humidité |
Les essais « compost » qui ont été menés en 2008 dans le cadre du Contrat de rivière Loue ont confirmé les tendances déjà observées les deux années précédentes :
- un fumier composté subit une réduction de matière sèche plus importante qu’un fumier non composté simplement laissé en tas au champ ;
- le dépôt au champ et le compostage concentrent les teneurs en azote et en phosphore des fumiers : le phénomène de concentration dû à la réduction de matière sèche l’emporte sur le phénomène de lessivage ;
- le dépôt au champ et le compostage diluent les teneurs en potasse des fumiers : le phénomène de lessivage l’emporte sur le phénomène de concentration dû à la réduction de matière sèche ;
- le compostage accroît les pertes d’azote et de potasse d’un fumier stocké au champ s’il n’est pas couvert ;
- en 2007, le bâchage du fumier composté a permis de réduire très significativement les pertes d’azote et de potasse. En 2008, les pertes d’azote et de potasse ont été relativement semblables entre le tas bâché et les tas non bâchés certainement en raison d’une pluviométrie importante avant la couverture du tas.
L’importance de l’utilisation des bâches
La bâche à utiliser ne doit pas être une bâche plastique qui asphyxie le tas mais une bâche respirante spéciale (en vente à la Cuma Jura-Compost) qui permet de réguler l’humidité du tas de compost : elle évite le lessivage du tas lors des grosses précipitations ; elle laisse le tas « respirer » en permettant les échanges gazeux et hydriques ; elle évite la formation d’une croûte sèche en périphérie du tas.
L’usage de la bâche est primordial si l’on souhaite réduire les pertes de potasse et d’azote par lessivage. Elle peut être placée sur le tas, une fois qu’il est redescendu un peu en température après le dernier retournement, pour le protéger jusqu’à l’épandage. La bâche peut également être utilisée entre la mise en tas et le premier retournement ou entre deux retournements s’il s’écoule un laps de temps important. Cela demande cependant beaucoup manipulations.
Astuce : laissez sécher la bâche au sol avant de la replier, elle sera beaucoup moins lourde à manipuler.
Astuce : laissez sécher la bâche au sol avant de la replier, elle sera beaucoup moins lourde à manipuler.
Quel compost pour quel sol ?
Plus un compost est vieux et a subi de retournements, plus l’humus qu’il apportera au sol sera stable. Un compost vieux aura un effet bénéfique sur la structure du sol et un « effet azote » modéré, mais durable.
Son usage sera conseillé sur des sols pauvres en matière organique et sur les cultures pérennes où les apports en effluents organiques sont plus rares. Un compost jeune (par exemple deux retournements rapprochés et épandage dans le mois qui suit le dernier retournement), apportera de la matière organique plus facilement minéralisable. Il sera préférable au compost vieux dans notre région où, de par le climat, la minéralisation est lente.
De manière générale, les apports en compost (ou en fumier) sont à éviter sur les sols qui minéralisent difficilement (sols hydromorphes, très séchants ou froids par exemple) ou qui ont déjà des teneurs en matière organique élevées (plus de 8 %-10%). Sur ces sols il faudra privilégier des apports de matières organiques plus facilement minéralisables (purins et lisiers par exemple) à faible dose et à des moments de forte minéralisation (au printemps quand le sol se réchauffe).
Sur les sols peu argileux, qui ont une faible capacité à fixer la matière organique et les éléments, il est préférable d’apporter la matière organique souvent et en petite quantité. Sur les sols argileux, il est possible de réaliser les apports en matière organique à plus forte dose et à intervalles plus espacés.
Quel matériel d’épandage ?
Lors de la journée de démonstration d’épandage de compost du 10 avril 2008 qui a eu lieu dans le cadre du contrat de rivière Loue, deux matériels de conceptions différentes ont été testés : un épandeur à table d’épandage (Leboulch) et un épandeur à hérissons verticaux (Rock).
L’épandeur à table d’épandage a permis une répartition plus homogène dans la largeur mais avec un émiettement médiocre (les conditions météo très pluvieuses rendaient le compost collant).
L’épandeur à hérissons verticaux a permis un émiettement parfait malgré les conditions difficiles mais une moindre homogénéité de répartition dans la largeur.
L’épandeur à table sera à privilégier pour l’épandage régulier de produits à texture fine et homogène comme un compost mûr et suffisamment sec ou des boues de station. L’épandeur à hérissons verticaux permettra un épandage plus polyvalent.
Témoignage
“En tant qu'utilisateur de compost depuis 8 ans, je ne reviendrais pas en arrière. Et pour beaucoup de raisons: facilité d'utilisation, moins de quantité à transporter, donc libération plus rapide de l'épandeur en Cuma, régularité de l'épandage, moins de tirage donc une puissance moindre absorbée. Lors de l'épandage au printemps les animaux consomment l'herbe sans problèmes au bout de 3 semaines. Je ne recycle plus de brins de paille à la récolte du foin, qui est aussi mieux consommé. Les tas qui restent en place plus de 2 mois ne sont plus envahis par les mauvaises herbes. L'évolution de la flore est aussi visible car plus de trèfle de par le transfert de l'azote sur le carbone.
Ce qui aussi induit une économie d'azote acheté (ammoniaque plus néfaste aux légumineuses) que l'on peut reporter sur un achat de paille.
En cas de bâchage et débâchage, la manipulation est un inconvénient qui est compensé par les moindres pertes dans nos régions pluvieuses”.
Propos de Christian Colin, président Cuma Jura-Compost
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