La méthanisation agricole
Production d'énergie
Jura agricole et rural
Publié le: 23 décembre 2008
Page 7
|
Organisation d’une installation de méthanisation agricole classique(Source : Ajena) |
La méthanisation est une réaction naturelle se produisant en présence de matière organique et dans un milieu sans oxygène.
Différents groupes de bactéries vont dégrader la matière organique volatile pour la transformer en biogaz qui est composé majoritairement de méthane (CH4) et de dioxyde de carbone (CO2).
Dans les installations de méthanisation agricole, cette réaction va avoir lieu dans un digesteur, c’est-à-dire une cuve fermée, brassée, isolée et chauffée, dans laquelle les substrats vont être mélangés. C’est un système continu où les substrats sont introduits d’un côté du digesteur entraînant automatiquement, par surverse, la sortie de la même quantité de matière de l’autre côté du digesteur. La température est généralement de 38°C dans les digesteurs agricoles.
Une installation de méthanisation comporte plusieurs sous-unités :
- Un stockage des substrats et injection dans le digesteur ;
- La digestion proprement dite dans le digesteur avec ses périphériques (chauffage, brassage, isolation…) ;
- Un stockage et la valorisation du biogaz ;
- Un stockage (et éventuellement un traitement) du digestat.
Un programme d’animation a été élaboré par le Conseil régional de Franche-Comté et l’ADEME Franche-Comté pour accompagner les agriculteurs dans leur projet. Ce programme est réalisé par différentes structures techniques (les chambres d’agriculture et les associations TRAME et AJENA) qui ont pour mission de renseigner les agriculteurs, de les aider dans leur réflexion en réalisant une étude d’opportunité puis de suivre l’élaboration du projet. Pour avoir des informations, vous pouvez contacter votre chambre d’agriculture.
Quelles conditions faut-il réunir pour un projet de méthanisation ?
• Un minimum de 5 000 tonnes par an de substrat à méthaniser
Le substrat devra provenir à 50 % au minimum des effluents d’élevage (systèmes en lisier intégral ou systèmes mixtes fumier / lisier). Le complément pourra être réalisé à l’aide de co-substrats collectés à proximité : déchets d’abattoir, déchets d’industrie agroalimentaire, tontes de pelouses, déchets de restauration etc.
Le substrat devra provenir à 50 % au minimum des effluents d’élevage (systèmes en lisier intégral ou systèmes mixtes fumier / lisier). Le complément pourra être réalisé à l’aide de co-substrats collectés à proximité : déchets d’abattoir, déchets d’industrie agroalimentaire, tontes de pelouses, déchets de restauration etc.
Le digesteur devra être alimenté toute l’année. L’été, les effluents d’élevage devront continuer à représenter au minimum, 20 % de l’approvisionnement du digesteur.
• Une possibilité de valoriser le biogaz à proximité
Le biogaz est le plus souvent valorisé dans un moteur de co-génération : 30 % de l’énergie totale sera transformée en électricité et vendue à EDF et 50 % seront transformés en chaleur. 30 % de la chaleur produite sera autoconsommée par le méthaniseur. Le reste, soit l’équivalent de 5 000 litres de fioul par mois pour une unité qui traite 5 000 tonnes de substrat, devra être valorisé tout au long de l’année par différents moyens : chauffage de bâtiments d’élevage hors-sol, d’habitation, de bâtiments de collectivités (écoles, mairies, piscines…) ; séchage des fourrages ; chauffage de cuves de fromagerie ; besoins industriels, etc.
• Du temps à consacrer
Il faut consacrer beaucoup de temps au montage du projet. Il faudra ensuite passer une heure par jour pour l’approvisionnement du digesteur en substrat.
• Un gros budget
En fonction du projet, il faut compter de 300 000 à 1 000 000 d’euros d’investissement. Le retour sur investissement est de l’ordre de 10 ans. En octobre 2008 l’ADEME et le Conseil régional ont accordé 40 % de subvention à des projets de méthanisation sur trois exploitations de Franche Comté. Un nouvel appel à candidature sera peut-être lancé prochainement pour le financement de nouveaux projets de méthanisation en 2009. Pour pouvoir y répondre, il faut dès à présent réaliser une étude d’opportunité et une étude de faisabilité.
Autres articles associés
Archives
Newsletter GRATUITE


