Triple cri d'alarme
Syndicat national des inspecteurs en santé publique vétérinaire
Jura agricole et rural
Publié le: 23 décembre 2008
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Benoît Assemat, président du syndicat national des inspecteurs en santé publique vétérinaire |
Lors de l’assemblée générale du syndicat national des inspecteurs en santé publique vétérinaire qui s’est tenue le 11 décembre dernier à Marcy-l’Etoile, Benoît Assemat, le président, a lancé un triple cri d’alarme : un à propos de la réforme de l’État, un deuxième pour dénoncer les moyens du service public et un dernier concernant la place du corps des inspecteurs en santé publique vétérinaire et des vétérinaires inspecteurs contractuels.
Les relations entre les inspecteurs en santé publique vétérinaire et leur ministère de tutelle ne sont pas au beau fixe et ils le font savoir par la voix de Benoît Assemat, le président de leur syndicat national.
Le premier point de désaccord concerne la révision générale des politiques publiques (RGPP) : « dans l’attente des décisions que le Gouvernement doit annoncer au cours des prochaines semaines pour l’organisation de l’échelon départemental, nous considérons que la crédibilité de notre dispositif de gestion des risques sanitaires est gravement menacée. » expliquera Benoît Assemat.
Selon lui, « les décisions prises dans le cadre de cette réforme, non seulement elles n’apportent pas de réponses aux points de faiblesse pourtant identifiés dans de nombreux rapports publics, mais en plus elles mettent en cause le point le plus fort de l’organisation actuelle : l’existence d’une chaîne efficace de responsabilité et de commandement ».
En clair, c’est la disparition des services vétérinaires qui se profile à l’horizon. Pour Benoît Assema, cette perspective est dangereuse et inquiétante, « nous le dénonçons car nous ne voulons pas être complices » précisera-t-il.
En clair, c’est la disparition des services vétérinaires qui se profile à l’horizon. Pour Benoît Assema, cette perspective est dangereuse et inquiétante, « nous le dénonçons car nous ne voulons pas être complices » précisera-t-il.
Les moyens manquent
Autre sujet de discorde, les moyens du service public consacrés à la politique sanitaire alimentaire. « Alors que les risques sanitaires sont plus que jamais d’actualité, alors que les crises sanitaires vont se multiplier en raison de l’intensification des échanges commerciaux et du réchauffement climatique, et que les risques pour la santé publique à venir sont pour la plupart d’origine animale, les effectifs consacrés à ces missions sont en France bien inférieurs à ceux des autres pays développés et ne cessent de diminuer ces dernières années » dénonce encore Benoît Assemat.
« Dans le domaine des ressources humaines, il est indispensable d’anticiper pour préparer l’avenir. Or, nous constatons qu’aucune priorité n’est reconnue au secteur sanitaire, vétérinaire et alimentaire. Les effectifs sont en chute libre et la situation va s’aggraver au cours des prochaines années compte tenu de la pyramide des âges. Il est impossible de diminuer les effectifs des services sans compromettre gravement l’efficacité de notre dispositif de gestion sanitaire. Nous ne pouvons pas laisser la situation se dégrader, sans rien dire ».
Pour les inspecteurs en santé publique vétérinaire, l’année 2009 sera décisive, car disent-ils « si aucune réponse n’est apportée, nous serons amenés à considérer que l’avenir de nos missions et de nos emplois ne se trouve plus au ministère de l’Agriculture ».
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