Le point sur les résistances
Grandes cultures
Jura agricole et rural
Publié le: 08 janvier 2009
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Excès d’humidité, manque de rayonnement, orage, mais également pression des maladies expliquent en partie les contre-performances de la moisson 2008. Le dispositif de suivi de parcelles d’essais permet de faire le point sur la situation générale en termes de résistances et débouche sur des recommandations pour 2009.
Le 16 décembre dernier à Champvans dans le Jura, les services de protection des végétaux de Bourgogne et Franche-Comté présentaient le bilan de l’année 2008. L’occasion de faire un point sur l’efficacité des produits phytosanitaires, les résistances observées, et de délivrer des recommandations pour la campagne 2009.
Pour la septoriose (S. triciti), la résistance aux Qols (strobilurines, famoxadone) concerne l’ensemble des régions céréalières françaises. Elle est depuis 2008 très fortement implantée sur tout le territoire et progresse dans les régions du Sud. Cependant, leur association avec d’autres familles reste possible, mais uniquement au Sud. Vis-à-vis des triazoles (principale classe d’IDM), les souches de S. triciti actuellement identifiées sont faiblement ou moyennement résistantes.
Depuis 2006, les souches moyennement résistantes sont majoritaires dans toutes les régions françaises. Elles restent cependant faiblement résistantes au prochloraze, en particulier sur les régions de la façade atlantique. Noter que le prochloraze, appartenant aux IDM est particulièrement efficace en association, et exerce une contre pression de sélection sur les souches moyennement résistantes aux IDM les plus répandues.
Malgré une érosion de l’activité des triazoles au champ, les plus efficaces demeurent intéressantes (essentiellement époxiconazole et prothioconazole). Par ailleurs l’action des triazoles est renforcée par des fongicides multisites (chlorothalonil, mancozèbe), le boscalid ou le prochloraze. L’utilisation de boscalid ou de prochloraze également efficace sur piétin-verse, sera limitée à une application par saison.
Cas du piétin-verse
L’espèce dominante de la famille des piétin-verse, Oculimacula yallundae est de type rapide, et les souches rencontrées actuellement sont fréquemment résistantes à la plupart des IDM, notamment au prochloraze. Toutes les souches d’Oculimacula spp. sont sensibles au prothiconazole.
Des souches résistantes au cyprodinil continuent d’être détectées en France à une faible fréquence au sein des deux espèces d’Oculimacula spp mais sans incidence en pratique.
Le boscalid et la métrafénone représentent deux nouveaux modes d’action alternatifs pour lutter contre le piétin-verse. En termes de recommandations, le prochloraze reste utilisable lorsqu’il est associé à un autre anti piétin-verse. Le prochloraze présentant également un intérêt sur septoriose, limiter son utilisation à une application par saison y compris sur maladies du feuillage. En général, les associations de mode d’action améliorent l’efficacité au champ. Une alternance des modes d’action, annuelle pied/feuille et entre année pour le premier traitement est recommandée pour limiter le risque de résistance.
En matière de rouilles des céréales, dans l’état actuel des connaissances, la rouille brune et la rouille jaune ne sont pas concernées par des phénomènes de résistance qui paraissent peu probables pour les familles de molécules actuelles : triazoles et strobilurines. Il faudra tenir compte des potentialités intrinsèques sur rouilles des substances actives entrant dans les programmes. Actuellement, les associations de triazoles et de strobilurines procurent les meilleures efficacités contre ces parasites.
Efficacité des strobilurines affectée
Pour l’helminthosporiose de l’orge, la résistance est bien implantée en France et ne semble pas avoir progressé en 2008. La mutation induit des niveaux de résistance faibles à modérés. En 2008, en situation de résistance, l’efficacité au champ de toutes les strobilurines a été affectée et en particulier l’azoxystrobine, la trifloxystrobine et la fluoxastrobine.
L’activité de la pyraclostrobine et de la picoxystrobine serait moins pénalisée. Une dérive de sensibilité des IDM est observée, associée à une dérive de l’efficacité de ces fongicides. Le prothioconazone reste le produit le plus efficace de la famille sur cette maladie.
Cyprodinil et boscalid constituent deux autres modes d’action, non concernées actuellement par la résistance. Il faudra donc toujours associer les strobilurines avec des fongicides efficaces présentant d’autres modes d’action (en particulier prothioconazole ou cyprodinil). Diversifier les modes d’action en pratiquant l’alternance : éviter en particulier les doubles applications de strobilurines ou de prothioconazole.
Cyprodinil et boscalid constituent deux autres modes d’action, non concernées actuellement par la résistance. Il faudra donc toujours associer les strobilurines avec des fongicides efficaces présentant d’autres modes d’action (en particulier prothioconazole ou cyprodinil). Diversifier les modes d’action en pratiquant l’alternance : éviter en particulier les doubles applications de strobilurines ou de prothioconazole.
50 % des contrôles ont porté sur les MAE
En 2008, troisième année où des contrôles sont effectués dans le cadre de la conditionnalité, les exploitations en polyculture élevage ont davantage été ciblées par les inspections. Des marges de progrès importantes ont été relevées.
En 2008, troisième année où des contrôles sont effectués dans le cadre de la conditionnalité, les exploitations en polyculture élevage ont davantage été ciblées par les inspections. Des marges de progrès importantes ont été relevées.
118 contrôles ont été réalisés en 2008 sur l’ensemble de la filière des produits phytosanitaires, dont 11 pour la distribution et 107 pour l’application. Sur les 93 contrôles dans les exploitations agricoles, 80 l’ont été au titre de la conditionnalité des aides. 42 exploitations ont fait l’objet d’un contrôle spécifique dans le cadre des MAE. Enfin, 15 analyses multirésidus visant la recherche de produits interdits ou retirés ont été effectuées au champ, dans le but de vérifier les indications portées sur le registre phytosanitaire.
Côté distribution, si les stocks sont globalement mieux gérés en ce qui concerne les retraits de produits à la commercialisation, quelques contrôles ont toutefois révélé la présence de stock et la mise en vente de produits interdits aux agriculteurs utilisateurs finaux.
Pratiques qui donnent lieux à des non-conformités et peuvent se traduire par des réductions d’aides. « Il est noté un manque de vigilance par rapport au renouvellement du certificat DAP du personnel avec des dépassements des dates d’échéance », relève aussi le SRPV.
Côté utilisateurs, l’importante proportion de contrôles réalisés dans le cadre des MAE a mis en évidence un contraste entre céréaliers et polyculteurs-éleveurs.
Tandis que les céréaliers ont relativement bien intégré le dispositif d’enregistrement des pratiques et poursuivi les efforts de mises aux normes pour le stockage, « la marge d’amélioration possible est conséquente dans les exploitations de polyculture-élevage et en particulier sur les plateaux. Il est nécessaire de poursuivre l’information en adaptant le message aux structures d’exploitation. »
Les principaux point relevés sont d’abord la capacité de stockage (6 exploitations contrôlées n’avaient pas de local phyto, 13 un local sans aération…), puis l’enregistrement des pratiques (absence de registre ou registre culture alimentaires incomplet, absence de justificatif de remise EVPP ou PPNU).
En 2009, les priorités seront la mise en place du « paquet hygiène » dans le cadre de plans de surveillance et de plans de contrôle nationaux, le contrôle des retraits de produits à la distribution et à l’utilisation, ainsi que le plan de contrôle multirésidus aux champs après analyse du risque régional.
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