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Desfi : créer des ponts avec l'agroalimentaire
Jura agricole et rural
Publié le:  15 janvier 2009
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Une table ronde avec des représentants de l’agroalimentaire

Pour intégrer de nouveaux adhérents et compléter les temps de travail des salariés agricoles, Desfi cherche des ponts avec le secteur de l’agroalimentaire. Une réflexion déjà engagée depuis quelques années et qui fut le thème de l’assemblée générale, le 19 décembre à l’Enibio de Poligny.

Desfi avait invité pour l’occasion Corine Riffieux directrice de Naturalim-France Miel basée à Port-Lesney,Thierry Bobillier, fromager à Arbois, Anne Richard directrice du CFA à l’Enilbio, chargée de la formation continue et Véronique Bonnot-Couillerot, chargée des questions juridiques et sociales pour la FDCL.

 

Une table ronde qui a permis de recenser les besoins de main-d’œuvre et les synergies possibles entre industrie agro-alimentaire et agriculture.


La société Naturalim et la coopérative France Miel emploient 29 salariés dont 27 CDI. Les deux pics d’activité sont en hiver et au moment du Ramadan. « Nos effectifs sont calculés au plus juste et nous avons recours à l’annualisation du temps de travail et à l’intérim », précise Corine Riffieux. La difficulté étant de trouver du personnel formé pour occuper des postes de cariste et de conducteur de machines industrielles. En cas de congés ou de formation, les salariés permanents de l’entreprise changent d’affectation et occupent en priorité ces postes, « ce qui relève parfois d’un véritable casse-tête ».


Dans le milieu fromager, la problématique est la même : des postes très spécifiques qui réclament un savoir-faire acquis sur plusieurs années. À la coopérative d’Arbois, le maître fromager travaille avec deux jeunes fromagers et son épouse qui est également vendeuse au magasin.

Le ramassage du lait représente une quarantaine d’heures par mois en CDI à temps partiel. « Un travail de nuit avec des conducteurs que nous gardons sur le long terme, remarque Thierry Bobillier. Au niveau fabrication, nous avons de fortes pointes de travail pendant deux mois au printemps.

Pour les remplacements en cas de maladie, c’est le personnel restant qui doit suppléer ». Le fromager note les évolutions importantes qu’a connues sa profession pour les repos hebdomadaires et les congés. Mais le fromager est devenu « une espèce rare », qui ne suscite plus assez de vocations, avec de vraies difficultés pour trouver des remplaçants. « En agriculture nous avons le même problème, estime Rémy Delacroix, administrateur à Desfi. Nous devons travailler sur la communication, rendre le travail en agriculture plus attractif ».

Former des salariés à plusieurs activités
Véronique Bonnot-Couillerot de la FDCL apporte quelques chiffres : les 60 coopératives laitières du Jura emploient environ 200 salariés. « Ce sont de très petites entreprises, de deux à trois salariés, qui n’ont souvent pas la capacité d’embaucher du personnel supplémentaire ou au maximum un jour par semaine ».

Les besoins existent pourtant et les six groupements d’employeurs créés il y a une quinzaine d’années ne fonctionnent pas toujours bien. « Nous avons peut-être des ponts à créer avec Desfi sur des besoins ponctuels », estime la représentante de la FDCL. Des opportunités d’emploi que Desfi pourra relever à condition de former ses salariés. L’association est prête à s’engager sur cette voie pour peu qu’elle trouve des salariés intéressés par des contrats multisectoriels et surtout un certain  nombre d’heures contractualisées en face.

L’agroalimentaire reste un secteur de l’économie encore porteur d’emplois : « Nous n’arrivons pas à pourvoir l’ensemble des offres qui arrivent à l’Enil », souligne à ce propos Anne Richard. Reste à faire l’adéquation entre les besoins et l’offre. Dans ce domaine, l’association Desfi peut apporter sa pierre à l’édifice.

C’est ce qu’a rappelé Denis Bachut, président de Desfi, invitant également les agriculteurs et les viticulteurs à mutualiser leurs besoins de main-d’œuvre par le biais du groupement d’employeurs départemental, « pour développer et encourager une main-d’œuvre compétente qu’il serait dommage de laisser partir hors de l’agriculture. »

Administrateurs élus ou réélus au Conseil d’administration : Marie-Florence Pignier, Christian Pêcheur, Denis Bachut et Joël Vuillemin.


Dix ans déjà…

Quel chemin parcouru en dix ans ! D’abord association intermédiaire avec une activité d’environ 10 000 heures les premières années, Desfi est devenu groupement d’employeurs départemental en 2000, puis s’est ouvert à d’autres secteurs professionnels en devenant groupement d’employeur multisectoriel le 1er janvier 2007.

« Desfi a d’abord répondu au problème de la disparition de main-d’œuvre familiale, puis aux besoins de main-d’œuvre ponctuels exprimés par les exploitations agricoles et viticoles. Aujourd’hui, nous sommes entrés dans un fonctionnement de petite entreprise. Desfi a accompagné les mutations de l’agriculture », note Romain Mary, directeur de Desfi.

Les heures multisectorielles et spécialisées représentent maintenant 13% de l’activité. La viticulture génère 65% des heures, la polyculture élevage 22%, et les heures par le biais du service de remplacement, 5%, l’objectif étant de conforter l’activité des salariés de SR locaux. Parmi les 151 adhérents, 15 sont « multisectoriels » : deux mairies (emplois communaux), une maison de retraite, un camping, un négociant en bois, deux lycées agricoles (palefrenier et taille de la vigne), un CAT, trois coopératives, deux Cuma, une chambre consulaire (secrétariat comptable), un paysagiste.

 




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