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L'intérêt des méthodes agronomiques
Désherbage du blé
Jura agricole et rural
Publié le:  15 janvier 2009
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Dans la partie désherbée, les différences de peuplement épis sont relativement peu prononcées

En 2007-2008, deux approches différentes du désherbage ont été expérimentées contre le vulpin par la DRAF-SRPV et la Fredon en Haute-Saône. Bien que compliquées à mettre en œuvre, les méthodes intégrées de désherbage font leurs preuves dans les situations où la flore indésirable est difficile à maîtriser chimiquement.

Emeric Courbet, de la Fredon, présentait le 16 décembre dernier à Champvans, dans le cadre du bilan de campagne, un essai sur le thème du désherbage des céréales. Cette expérimentation a eu lieu à Hugier en Haute-Saône, à l’Earl du Vallon Fleuri chez Philippe Dumont.

 « L’an dernier, dans le cadre d’une expérimentation comparable, sur la même parcelle (à problématique vulpins identifiéé), nous avions étudié l’intérêt d’une lutte mécanique reposant sur la herse étrille. Cet instrument avait alors fourni des résultats insuffisants sur graminées. En 2007-2008, nous avons voulu expérimenter deux méthodes de lutte mécanique complémentaire contre le vulpin : le faux semis et le décalage de semis », introduit le technicien.

L’objectif de l’essai est de comparer sur le moyen terme deux approches différentes du désherbage : l’une conventionnelle repose sur un semis précoce et un désherbage entièrement chimique, l’autre est intégrée et privilégie les techniques non chimiques. Sur sol limoneux, après un précédent colza, l’agriculteur pratique le semis sans labour. Pendant l’interculture, deux passages de déchaumeurs ont été réalisés, le premier le 10 août, le second en septembre. Puis début octobre un passage de herse lourde et des rouleaux.

Plus tard, plus dense
Seule divergence entre les deux itinéraires techniques, le programme « intégré » comporte un nouveau passage de herse lourde le 29 octobre, pour détruire les vulpins. Côté semis, c’est la variété Azimut qui a été choisie. La date et la densité diffèrent : en conventionnel l’implantation se fait le 13 octobre à 300 grains/m2, tandis qu’en intégré on attend le 7 novembre, à 350 grains/m2.

Ces semis réalisés avec un semoir pneumatique Kuhn. Le 14 février, un désherbage chimique associant Absolu et Dieze est effectué pour les deux programmes, en conservant un témoin non traité dans les deux cas. Un premier comptage réalisé le 1er avril 2008 permet de comparer les efficacités à ce stade, par différence entre les deux témoins non traités des deux itinéraires (voir tableau).

C’est pour les myosotis que l’impact du décalage de date semis est le plus remarquable, à 100%. Le programme intégré permet aussi de diminuer la population de vulpins de l’ordre de 46% et celle de gaillets de 33%.

Le 25 mai, un nouveau comptage exhaustif est réalisé pour dénombrer les épis de vulpins, comptage qui vient confirmer les premiers résultats : l’efficacité du décalage de semis est de l’ordre de 47%, avec 67 à 255 épis comptés sur le témoin non désherbé en semis tardif contre 125 à 480 dans le témoin non désherbé en semis précoce. « Avec moins de 50% d’efficacité sur vulpin, l’intérêt des méthodes de désherbage dites “intégrée’’ paraît relativement limité (il peut ainsi rester 55 épis de lupins/m2 dans le témoin semé tardivement !).

Davantage de pluviosité lors de la période de levée des vulpins aurait peut-être permis de mieux mettre en évidence les dividendes que l’agriculteur peut escompter tirer d’un décalage de date de semis. Sur dicotylédones, l’efficacité sur myosotis est spectaculaire », commente Emeric Courbet.

Dans la parcelle, d’autres variétés ont été semées en complément d’Azimut : Atlas pour le semis précoce et Apache pour le semis tardif. « Dans la partie “désherbée’’, les différences de peuplements épis sont relativement peu prononcées, d’une variété et donc d’une date de semis à l’autre. Pour une même variété, le peuplement épis est plus important en semis précoce à 300 gr/m2 qu’en semis tardif à 350 gr/m2 (+31 pieds/m2) ».

Concurrence des vulpins
L’enseignement intéressant que l’on peut tirer de cet essai est apporté par les témoins non désherbés : « Il existe une nette corrélation entre densité de vulpin dans la parcelle et densité du peuplement épi. Plus les graminées adventices sont présentes (cas des semis précoces), moins le peuplement-épis est dense (effet de la concurrence trophique exercée par la graminée adventice à l’encontre de la céréale). »

Sur la partie désherbée chimiquement mi-février, l’effet contre-productif des vulpins s’estompe et la modalité « semis tardif » affiche des résultats moindres que ceux de la modalité « semis précoce ». Ainsi en l’absence de désherbage la date de semis est déterminante sur la densité de vulpins et le nombre d’épis de blé.

Les rendements mesurés viennent confirmer ces résultats : en cas de semis précoce non désherbé, le rendement atteint 27 q/ha (avec 255 à 480 vulpins/m2), tandis qu’en semis tardif non désherbé, c’est plus du double avec 58 q/ha (pour 67 à 125 vulpins/m2). « Dans les modalités désherbées, les différences de rendement sont peu prononcées entre semis tardif à 350 gr/m2 et semis précoce à 300 gr/m2.

En présence de désherbage, le décalage de date de semis, n’a donc pas entamé le potentiel de production de la parcelle. » Parmi les enseignements apportés par cette expérimentation, Emeric Courbet retient l’importance des conditions météorologique sur l’efficacité des faux semis et plus généralement sur les techniques de lutte mécanique contre les adventices. « Faux-semis, décalage de date de semis, choix de variété concurrentielles et bien sûr allongement des rotations et alternance des cultures d’hiver et de printemps doivent permettre de garantir la durabilité des systèmes céréaliers et de maîtriser sur le long terme le stock semencier du sol », conclut-il.


Sima 2009 : 400 m2 pour les bonnes pratiques !

Le 73e Sima aura lieu du 22 au 26 février prochain, au parc des expositions Paris Nord Villepinte. 400 m2 sont dédiés cette année aux bonnes pratiques agricoles.
 
A l’heure où les aspects environnementaux prennent une dimension de plus en plus importante, l’espace « bonnes pratiques agricoles » renouvelle sa présence au SIMA 2009 pour la quatrième fois consécutive. Dans le Hall 5, un espace de quatre cents m2 est dédié aux informations et conseils sur ce thème.
Pendant les cinq jours du salon, conseillers, chercheurs, experts, agriculteurs… accueilleront les visiteurs pour les informer et les conseiller. Cette année encore, 17 organismes de recherche de développement et de services publics et privés se sont regroupés autour du thème des bonnes pratiques agricoles. Un centre de documentation et une librairie technique permettront aux visiteurs de trouver les ouvrages de référence en matière de bonnes pratiques agricoles.

Une cinquantaine de micro conférences sont programmées le matin et l’après-midi sur des durées de deux heures. Elles traitent des divers aspects des bonnes pratiques : santé, sécurité, environnement, écologie, paysages, biodiversités, énergie, mais aussi réussite, performance, rentabilité… (le programme précis sera prochainement disponible sur le site www.simaonline.com). Une grande partie de ces conférences sera retransmise par la Sima web télé.
 
Le parcours des bonnes pratiques agricoles a été reconduit cette année encore, il permet de trouver dans le salon auprès des exposants des produits sélectionnés par un jury pour leur adéquation aux principes des bonnes pratiques. Il fait partie des parcours répertoriés par les organisateurs du Sima.

 




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