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Le lait fait de la résistance
Vercors lait
Jura agricole et rural
Publié le:  15 janvier 2009
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Paul Faure, président de la coopérative

Afin de sauver la production laitière locale, la coopérative Vercors Lait s’oriente résolument vers le lait haut de gamme : production bio, lait cru, et veut garder la valeur ajoutée sur place en en transformant le maximum.

Après avoir frôlé le dépôt de bilan en 2007, la coopérative Vercors Lait, installée sur la partie iséroise du plateau du même nom, sait désormais où elle veut aller. L
 
’essentiel du lait qu’elle collecte est produit en conventionnel (10 % des volumes seulement répondent au cahier des charges bio), mais sa stratégie est clairement affirmée par ses dirigeants : produire davantage de lait bio et pour celui qui restera en conventionnel, passer peu à peu à du lait thermisé, puis à du lait cru pour la fabrication des fromages.
 
« C’est un objectif que nous n’atteindrons que dans les cinq ou dix prochaines années » tempère Philippe Guillou, directeur depuis un an de la coopérative vercorienne. « Les fromages  au lait cru possèdent une forte image commerciale et sont très bien perçus par les consommateurs, explique-t-il, mais ils demandent un travail irréprochable de la part des producteurs. En revanche, ils sont bien mieux valorisés ».

Le bio ouvre des portes
La clé de tout le raisonnement de cette coopérative repose sur une valorisation maximale du litre de lait produit dans des conditions difficiles. C’est pour cette raison que pratiquement la moitié du lait collecté est déjà transformée en fromages de diverses catégories : bleu du vercors-sassenage pour la moitié du tonnage, saint-marcellin, saint-félicien. « Notre gamme reste cependant courte et nos débouchés encore limités, mais nous gagnons tous les jours de nouveaux marchés ».
 
Pour cela, « la carte bio nous ouvre de nombreuses portes, commente Paul Faure, président de la coopérative. L’AOC bleu du vercors-sassenage est jeune et reste confidentielle. Notre gamme bio nous sert à intéresser nos acheteurs afin de leur présenter ensuite tous nos produits ». Pour asseoir cette démarche, la coopérative voudrait développer la production de lait bio, les méthodes utilisées par les éleveurs étant pratiquement déjà dans les clous de la labellisation.
« Une quinzaine de diagnostics ont été faits sur des exploitations et quatre ont sauté le pas, commente Paul Faure. Il nous faudrait atteindre au moins une dizaine de producteurs pour assurer une collecte correcte ».
 
Une collaboration avec Sodiaal est envisagée pour mettre en place une plateforme commune afin que le lait non transformé en fromages bio soit récupéré par le groupe laitier. « Nous avons besoin de cette complémentarité de nos marchés respectifs sur le bio » souligne le président. Face à la menace que fait peser sur la coopérative, le difficile renouvellement des générations, la coopérative souhaite accentuer à tout prix la production de lait haut de gamme et sa transformation locale. Le maintien d’une agriculture vivante est à ce prix-là.




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