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Le marché spot, marché de la braderie
Jura agricole et rural
Publié le:  15 janvier 2009
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Comme pour toutes les matières premières, il existe un marché spot du lait. Le terme « spot » signifie « le cours en vigueur d’une matière première pour une transaction immédiate ».

Jean-Luc Duperret, expert du marché laitier, explique comment se forment les volumes de lait placés sur ce marché : « chaque mercredi et chaque jeudi, tous les acteurs de la filière laitière chiffrent les livraisons de lait de la semaine, qu’ils vont recevoir, et les rapprochent de leurs besoins ou de ceux de leurs acheteurs.
 
«S’ils manquent de lait, ils en achètent sur le marché spot, s’ils en ont trop, le solde excédentaire est mis sur le marché spot, souvent, dans nos régions, dirigé vers le marché italien ou espagnol. Encore récemment, ces excédents laitiers étaient transformés en poudre et en beurre.
 
«Mais, les Pouvoirs publics européens, en se désengageant du soutien à ces produits industriels, ont provoqué la chute de leurs prix et condamné les industriels laitiers à trouver, sur le marché spot, une meilleure rémunération de leurs volumes excédentaires.
Le marché spot joue le rôle de marché de dégagement jusque-là assuré par la transformation du lait en poudre et en beurre. En revanche, la variabilité des volumes mis sur le marché spot fait varier les prix dans des proportions qui vont du simple au double, parfois plus.
 
« Au milieu de 2007, le marché spot atteint 400 euros les mille litres. À Noël 2008, nous en sommes à 200 euros les mille litres », indique Jean-Luc Duperret. Le prix de revient de mille litres de lait mis sur le marché atteint 350 euros pour une valorisation sur le marché spot d’environ 200 euros ! C’est le prix à payer pour une régulation du marché laitier que les Pouvoirs publics ne veulent plus assumer. Mais le plus grand risque, selon Jean-Luc Duperret, c’est l’apparition récente des « laits flottants ».
 
Ce sont des volumes inscrits jusque-là dans des contrats aujourd’hui rompus par les entreprises acheteuses de lait. Celles-ci préfèrent, en effet, sortir partiellement de la contrainte de la contractualisation pour s’approvisionner, au coup par coup, en fonction de leurs besoins, sur un marché spot dont les prix sont actuellement très bas. Cette tendance pervertit la vocation régulatrice du marché spot et fait peser sur la filière laitière une menace de désorganisation complète.

Il faut vite réinventer une nouvelle régulation interprofessionnelle avant que cette libéralisation brutale du marché laitier ne fasse des victimes, autant dans les rangs des entreprises que dans ceux des éleveurs.




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