|
Christophe Blot ne réalise que des pièces uniques, pour le plus grand plaisir des chasseurs et des collectionneurs |
En 2002, Christophe Blot a aménagé un petit atelier de coutellerie aux Rousses. A quelques mètres de la rive du lac éponyme, dans un garage de quelques mètres carrés…
Et à quelques centaines de mètres de la frontière suisse, le pays réputé pour ses couteaux multi-lames, c’est un peu un pied de nez qu’il faisait à ses voisins !
Car les couteaux de Christophe Blot sont tous des modèles uniques, entièrement conçus et réalisés sur place. Au-delà de la création artistique, le couteau doit rester un outil. Et un outil utile. Le coutelier donne l’exemple : il a toujours sur lui un couteau. Celui que son grand-père lui a légué… Même s’il n’a rien de spectaculaire, ce petit couteau, tout usé, a une histoire. Et des souvenirs qui reviennent à sa mémoire, chaque fois qu’il le prend en mains…
Une philosophie partagée
C’est cette philosophie que le coutelier entend partager avec les chasseurs et les collectionneurs qui sont ses principaux commanditaires. Une philosophie qu’il a découverte lors d’une rencontre avec Christian Avakian, un coutelier réputé, installé dans la Drôme.
« Je l’ai rencontré. C’est un artiste ouvert qui a su me faire partager son savoir, sa philosophie de la coutellerie… ».
Aujourd’hui, Christophe rencontre ses clients, chasseurs et collectionneurs. Il leur parle. « Tous ont des histoires à raconter. Au début, tous ont l’idée de naturaliser leurs trophées. Moi je leur propose quelque chose de différent et de plus utile. Le couteau sera un objet très personnel, qu’ils garderont sur eux, qu’ils pourront montrer à leurs amis tout en racontant les histoires qui seront attachées. »
L’artisan utilise divers matériaux : l’ivoire de mammouth qui rappelle la période jurassique, la bruyère, ce bois que l’on utilise pour la fabrication des pipes, à Saint-Claude, le bois de chamois, la lame nordique… Tous ces matériaux sont aussi des prétextes à histoires…
Le coutelier a voulu aussi tirer profit des savoir-faire locaux. Et en particulier de celui des émailleurs moréziens. Constatant que l’émail était rarement utilisé en coutellerie, il a eu l’idée de suivre une formation à la maison de l’émail de Morez. Et d’utiliser l’émail dans ses nouvelles créations… Le succès venant, Christophe Blot a même quitté son garage des Rousses pour venir s’installer dans la grande rue morézienne. C’est là qu’aujourd’hui il produit les pièces qui lui sont commandées ainsi que son « Morézien », un modèle qui a été primé lors d’une exposition nationale et qui, au fil des mois, est devenu son modèle fétiche…
En bon entrepreneur, le coutelier n’entend pas s’arrêter en si bon chemin. C’est toute une démarche commerciale qu’il a désormais entreprise avec la mise en place de réseaux de revendeurs aux quatre coins de la région.


