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«Aux forges d'antan»
Ornans (Doubs)
Jura agricole et rural
Publié le:  15 janvier 2009
Page 24 

Les motifs de cette lame de couteau sont typiques du damas, spécialité de Franck Souville. Il s’agit d’une technique qui consiste à superposer différentes couches de métaux travaillées à chaud. Superbe !

Rencontre avec Franck Souville spécialiste en coutellerie d’art. Pour tout savoir sur le cheminement de cet objet utilitaire.

Depuis ce printemps, Franck Souville a rejoint le pôle des métiers d’art d’Ornans. Il est installé dans un local flambant neuf et à la pointe, rue Cantley à Ornans.
 
À quelques pas de là se situent les ateliers de François Bernard Gris, tailleur de pierre et d’Alain Jeannin, ébéniste. Tous des artisans d’art qui fabriquent des objets à la main. Un savoir-faire et des créations uniques qu’ils se proposent de faire partager au grand public, le temps d’un week-end.

Pour aiguiser son appétit
Coutelier. Un métier bien à part qui consiste à fabriquer différents articles tranchants à partir de métaux travaillés grâce à une forge, un four, un marteau-pilon, une perceuse, une scie à ruban, une ponceuse, des tenailles, un fer à souder…

Autant d’outils que les visiteurs peuvent découvrir ainsi que les termes usités dans ce domaine. Le lopin, le damas, la trempe, le recuit, l’émouture, la dureté des métaux, le point de… ou encore le revenu n’auront plus de secrets pour eux.
 
C’est en tout cas le but de Franck Souville. Pour se former à ce métier original, il existe une formation à la maison de la coutellerie de Thiers, à l’école de l’armurerie de Genève et… la voie suivie par Franck Souville. Intéressé par les métaux, il a tout d’abord suivi une formation de maréchal-ferrant avant de faire une rencontre décisive dans sa vie professionnelle avec des fabricants de couteaux. Là, son parcours change. Il s’installe à son compte à Salins-les-Bains et se lance dans la création d’objets uniques. Un choix à double tranchant.
 
S’inspirer de couteaux anciens
Sa griffe est aujourd’hui reconnue sur le territoire national, voire au-delà des frontières. Des couteaux qui portent tous un nom plutôt qu’un numéro. C’est la marque de fabrique de Franck Souville. Il propose divers types de lames et de manches ainsi que diverses fonctions (couteaux de table, pliants, de chasse, de randonnée…). « Je suis inspiré par les couteaux anciens des XVIIe et XIXe siècles, les styles d’antan d’où le nom de mon atelier baptisé « Les forges d’antan ». Quand je crée, j’essaie de ne pas retomber dans des clichés et de proposer des choses nouvelles. »
 
Sa clientèle apprécie. Elle est essentiellement constituée de particuliers, collectionneurs, amateurs de chasse et pêche et professionnels de l’hôtellerie-restauration. Elle n’hésite pas à débourser entre 90 et 900 euros pour avoir une pièce unique et haut de gamme.
Le jeune artisan est membre de l’association des métiers d’art en Franche-Comté depuis une dizaine d’années.
 
« Non seulement cela permet d’être référencé sur le site internet, mais le fait d’adhérer permet de faire des salons en commun, de s’aider et d’échanger des idées entre artisans ».

La fabrication
Tout commence par une barre d’acier qui est chauffée dans une forge, puis étirée sous un marteau-pilon jusqu’à la rendre aussi fine qu’une lame.
 
Puis c’est le découpage de la lame et le traitement thermique pour durcir la lame. Vient ensuite l’étape de façonnage puis le perçage des trous, l’ajustage et la rectification du tranchant, pour bien couper. Reste le polissage de la lame avec des grains abrasifs pour donner le côté brillant. Il s’agit également de façonner le manche qui peut être en bois exotique, ivoire, corne, fibre de carbone, ébène, ivoire de mammouth…
 
Matière que Franck grave, polit, satine au gré de ses inspirations. Puis c’est le montage du manche et de la lame.




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