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Fermé huit mois après son ouverture !
Abattoir de Champagnole-Équevillon (Jura)
Jura agricole et rural
Publié le:  23 janvier 2009
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Le site d’Equevillon a été fermé par le préfet après seulement huit moisde fonctionnement

Conçu aux normes européennes, le nouvel abattoir de Champagnole-Equevillon a pourtant été fermé après seulement huit mois de fonctionnement. Retour sur une saga décennale…

Menaces de fermeture, manifestation, transfert, fermeture, construction, ouverture, refermeture…
 
L'’histoire de l’abattoir de Champagnole n’a pas été un long fleuve tranquille tout au long de la dernière décennie. Elle a même été un véritable casse-tête pour tous les responsables professionnels qui se sont battus pour conserver cet outil. Et elle est devenue carrément ubuesque depuis le 12 août dernier, date de la fermeture décidée par le préfet du Jura d’un équipement de 4,5 millions d’euros, conçu aux normes européennes, et qui avait été inauguré huit mois auparavant !

Frédéric Perrot, le président de la FDSEA du Jura avait alors déposé une motion devant la chambre d’agriculture, dénonçant « une décision dont les conséquences économiques sont catastrophiques pour les agriculteurs (une perte de 12 à 15 millions d’euros de valeur ajoutée), pour les acteurs économiques, les consommateurs locaux et les contribuables.» Responsable syndical et porteur du projet, Gilles Tonnaire avait enfoncé le clou en accusant l’administration d’avoir « cassé le dynamisme local de l’agroalimentaire carné, voire enterré le pôle agroalimentaire de Champagnole… »

Mal conçu, mal fini ?
Retour quelques mois en arrière et à ce jour de novembre 2007 où l’abattoir tout juste inauguré, à Equevillon, doit fermer ses portes ! On croît rêver… La faute à des malfaçons et des finitions dénoncées par le gérant d’exploitation de l’époque : problèmes de branchement de machines, pas d’eau chaude, pas de conformité de l’installation électrique…

Ces « anomalies fonctionnelles et structurelles » avaient été signalisées à plusieurs reprises par la direction des services vétérinaires du Jura, mais les responsables conservaient espoir que tout allait se solutionner rapidement.
Las, suite à une inspection puis à un audit ministériel, le couperet est tombé. Par décision préfectorale, l’agrément sanitaire a été retiré à l’exploitant.

Le constat avait été fait de la persistance de non-conformités et non des moindres : maintenance, maîtrise des températures, plan de nettoyage et de désinfection, contrôle de la réception des animaux, maîtrise du process d’abattage, gestion des déchets et sous-produits, traçabilité…
Et l’arrêt de l’activité d’abattage a sonné le jour même, en plein mois d’août !

En quête d’un nouvel exploitant…
Pour la communauté de communes, maître d’oeuvre du projet, ces « anomalies » étaient imputables au fonctionnement de l’abattoir. Aussi, quelques mois et un dépôt de bilan plus tard, son président est toujours en quête d’un nouvel exploitant « sérieux et motivé ». Un exploitant qui apporte les garanties nécessaires avant que ne soient engagées les dépenses nécessaires à une remise aux normes. L’édile évoque dans la presse « quelques travaux supplémentaires, comme un atelier de mécanique ou un agrandissement du local à peaux, pour que l’affaire roule… »

La recherche de ce bon gestionnaire ne va pas sans susciter quelques convoitises. Et, au petit jeu des déclarations, les voisins de Lons-le-Saunier ont rappelé que « la construction de cet abattoir était une erreur » et ont relancé l’idée d’une gestion commune avec leur abattoir.
Le monde des abattoirs est cruel et impitoyable !




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