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Des exploitations noyées sous les emprunts
Production porcine
Jura agricole et rural
Publié le:  23 janvier 2009
Page 12 

Les Français restent pessimistes sur l’avenir. Toutefois, ils envisagent parfois de réaliser des achats importants.

Si une embellie ne survient pas, certains producteurs pourraient rapidement mettre la clef sous la porte.
 
Le revenu des éleveurs de porcs devrait connaître une chute de 70 % en 2008 par rapport à l’année précédente d’après l’Institut du porc (Ifip). Il avait déjà connu une baisse de 60 % en 2007. Le revenu moyen des éleveurs de porcs se situe à 22 000 euros par an. Il était de 17 000 euros en 2007 et serait de 5 000 euros en 2008.

À l’heure actuelle, le coût de revient du porc – c’est-à-dire le prix d’équilibre qui permet à l’éleveur de couvrir ses charges de production, son salaire et le remboursement de ses emprunts – se situe à 1,50 euro/kg de carcasse.

Avec un cours, sur le marché du porc breton (MPB) à 1,08, le prix payé aux producteurs une fois les primes (qualité…) ajoutées atteint 1,25 euro. Les éleveurs perdent donc 25 ct par kilo de porc produit. Le taux d’endettement au premier semestre 2007 était de 67 %, il est passé à 74% au premier semestre 2008. «
Les éleveurs de porc sont généralement endettés entre 60 et 70 %, précise Michel Rieu, responsable du département économie de l’Institut du porc (Ifip), au-delà, cela devient anormal et traduit une situation de crise dans le secteur ». « Il y a donc urgence à en sortir », s’inquiète le président de la Fédération nationale porcine (FNP), Jean-Michel Serres.

Les éleveurs de porcs ne pourront pas bénéficier des mesures d’aide à la trésorerie annoncées le 12 novembre par le ministre de l’Agriculture. Car, explique Jean-Michel Serres, « ils ont déjà profité d’une caisse d’avance de trésorerie de 100 millions d’euros début 2008. De plus, individuellement, les exploitants ont sollicité des prêts à court terme auprès de leurs banquiers ».

Les éleveurs sont à bout. L’embellie tant annoncée ne doit plus tarder. D’après les experts de l’Ifip, la baisse des charges devrait se poursuivre au moins jusqu’à l’été. Ils estiment que le coût de production du kg de carcasse s’établira entre 1,35 euro et 1,40 euro à la fin du premier semestre. Le prix payé au producteur pourrait alors atteindre 1,70 euro.




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