Une saga des vignerons de Vernantois
Le manuscrit Verguet
Jura agricole et rural
Publié le: 29 janvier 2009
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Michel Vauchez, professeur d'histoire à la retraite, fait revivre le passé d'une famille de vignerons |
Présenté de façon très vivante par Michel Vauchez, ce manuscrit a fait l’objet d’une séance de la Société d’émulation du Jura sur le site de la Maison des agriculteurs en partenariat avec la chambre d’agriculture et la Société de viticulture du Jura.
Il n’est pas courant d’organiser une rencontre publique avec des personnes extérieures au monde agricole. Et pour une première, celle-ci fut réussie.
Il faut dire qu’un tel manuscrit ne pouvait que captiver la centaine de personnes remplissant la salle de la maison des agriculteurs.
Unique et exceptionnel
De 1690 à 1850, les membres d’une même famille de vignerons ont écrit dans cet ouvrage. Dans les premières pages, on y déchiffre les dépenses ainsi que les récoltes. Mais on trouve également pêle-mêle des chansons d’amour mélancoliques, quelquefois héroïques, des remarques saugrenues sur le comportement d’un beau-frère, des annotations sur le climat tant redouté qui fait craindre pour les récoltes, des recettes comme l’élixir de longue vie. Des morceaux de vie en somme qui constituent l’ordinaire de la famille.
Un talent de chroniqueur
C’est Louis Verguet qui rédige la partie la plus cohérente, la plus complète de ce manuscrit, couvrant la période allant de 1789 à 1820. La pertinence des
propos de l’auteur, son intelligence des choses apparaissent très souvent. Il entreprend d’enregistrer ses observations climatiques avec de grandes variations selon les années.
C’est surtout l’année 1816 qui lui donne l’occasion d’exercer son talent de chroniqueur : qualité du texte, particularismes, termes du métier. Cette année-là fut catastrophique. Les intempéries n’ont pas cessé, ruinant les récoltes. Le vin est très médiocre, « un casse poitrine ». Au printemps 1817, plus rien pour faire la soudure, les villageois ont faim. « Quand la première rosée arrive, les limaçons sortent, on les mange sans vin, on fait de la soupe avec de l’herbe. »
Outre cet épisode qui correspond historiquement à la dernière grande disette du pays, Louis apporte des éléments intéressants sur la viticulture, les rapports de force en économie, les marchés, la vie politique, le scepticisme des citoyens de cette époque incertaine après les années de la tourmente révolutionnaire et napoléonienne qui ont suscité tant d’espoir et tant de désillusions.
L’ouvrage est disponible à la Société d’ émulation du Jura, BP 50822, 39008 Lons-le-Saunier Cedex
L’ouvrage est disponible à la Société d’ émulation du Jura, BP 50822, 39008 Lons-le-Saunier Cedex
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