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Blé d'hiver : quels fongicides en 2009 ?
Publié le:  29 janvier 2009
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En l’absence de nouvelles substances actives, on pourrait être tenté de dire « on prend les mêmes et on recommence ».  Surtout pas !

Et pour deux raisons principales : les résultats  des programmes fongicides testés en 2008 et l’obligation de gérer l’érosion de l’efficacité des produits, voire certaines résistances.

L'année 2008 se caractérise par un dégât de maladie important, notamment septoriose et surtout fusariose sur feuilles et sur épis. L’oïdium est toujours aussi discret, la rouille brune très pénalisante en 2007 n’a pas fait parler d’elle. Les symptômes au champ, très significatifs dans les témoins non traités, laissent craindre le pire.

La sécheresse de la première décade de mai atténue la nuisibilité des maladies, notamment piétin-verse et septoriose. Au final, le dégât moyen des maladies reste parmi le plus élevé, 50 % de plus que la moyenne selon Arvalis (30 q/19q). Pour les situations à risque le dégât de maladie peut être compris entre 5 et 8 q/ha pour le piétin-verse, 15 et 20 q/ha pour la septoriose et 15 et 20 q/ha pour la fusariose

Dans ce contexte, un produit efficace sur septoriose et/ou sur fusariose pouvait mieux démontrer son efficacité et exprimer sa rentabilité (gain net en q/ha) qu'un produit efficace sur rouille brune ou oïdium.

Les produits de demain
Nouveaux sans l'être, puisque nous les avions déjà cités l’année dernière, le cyflufénamide de Certis et le proquinazid de Du Pont de Nemours sont deux anti-oïdium spécifiques. Ils devraient être disponibles en 2009.

Les firmes ne manquent pas de projets et de nouveaux produits devraient apparaître sur le marché d’ici le printemps. Ils sont composés pour la plupart d’associations de substances actives bien connues, ce qui leur confère généralement un large spectre. Commercialisés en pack ou non, on peut y voir une manière de limiter la capacité à construire son programme soi-même, voire une difficulté supplémentaire pour alterner les substances actives et mieux gérer le risque de résistance. Il peut y avoir aussi des opportunités financières.

Performances sur piétin verse et oïdium
Sur piétin-verse, trois substances actives présentent une efficacité équivalente : le cyprodinil, la métrafénone, le prothioconazole et l’association boscalid + époxiconazole. Le cyprodinil (Unix) obtient les mêmes résultats quel que soit son positionnement, précoce ou tardif. Les autres substances actives ont un profil d’action plutôt préventif.

Le cyprodinil et la métrafénone doivent constituer la base de la lutte contre le piétin-verse étant donné leur spéficité (+ oïdium) et l’absence de septoriose généralement au stade 1-2 nœuds.

Le prothioconazole et l’association boscalid + époxiconazole ont l’avantage d’être efficaces à la fois sur piétin-verse et sur septoriose. Un intérêt que l’on a pu vérifier dans le contexte 2008 avec des variétés très sensibles aux maladies. Le cyprodinil ou la métrafénone associé à une triazole par exemple peut obtenir des efficacités comparables. Mais toutes ces solutions ont un coût élevé, environ 20 € /ha de plus que le simple traitement.

Avec 4 substances actives, l’alternance ne doit pas poser de problème particulier pour les situations à risque. Sans oublier l’utilisation d’une variété tolérante (Sankara, Iridium, Azimut…) qui permet d’éviter un traitement pour ces mêmes situations.
Contre l'oïdium, la métrafénone reste la substance active la plus efficace parmi les spécialités disponibles. Les deux en attente d’homologation (cyflufénamide et proquinazid) présentent les meilleures persistances d’action.

La résistance aux strobilurines continue sa progression. Vis à vis des triazoles, les souches de S-Tritici sont faiblement ou moyennement résistantes. Les moyennement résistantes sont majoritaires, quelles que soient les régions, mais sont faiblement résistantes au prochloraze (PCZ).

L’érosion de l’efficacité de triazole au champ continue d’être constatée. La hiérarchie (de la plus à la moins efficace) est la suivante : prothioconazole > epoxiconazole > metconazole > cyproconazole.

L’association avec du PCZ, du chlorothalonil ou du boscalid améliore leur efficacité, mais aussi leurs résultats économiques. Comme en 2007, le PCZ obtient d’excellents résultats techniques et économiques en association avec Opus, Bell et Joao, mais ne présente pas ou peu d’intérêt avec l’association Menara + Bravo. Cette dernière constituée de deux anciennes triazoles : propiconazole et cyproconazole associée à du chlorothalonil (produit de contact) obtient encore de bons résultats en 2008, efficacité comme gain net, proches des meilleures références (Bell, Opus, Joao). Compte tenu de son moindre coût, c’est une solution à étudier.

Les strobilurines conservent un intérêt essentiellement en cas de risque « rouilles » (sensibilité variétale).

Enfin, pour la fusariose, le prothioconazole confirme son efficacité mais aussi sa polyvalence sur l’ensemble des espèces présentes sur épis.




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