Les céréaliers bien peu rassurés
Congrès d'Orama
Jura agricole et rural
Publié le: 29 janvier 2009
Page 8
Les représentants des grandes cultures qui tenaient leur congrès à Strasbourg les 21 et 22 janvier, n’ont pas le sentiment d’avoir été entendus par le ministre de l’Agriculture dans le débat portant sur la répartition des aides du bilan de santé de la Pac.
Je ne vous dirai pas aujourd’hui ce que seront les orientations que je présenterai à la mi-février. Elles ne sont pas prises ».
Michel Barnier n’a pas levé le voile sur ses intentions précises en matière d’application du bilan de santé de la Pac, à l’occasion du congrès d’Orama qui s’est déroulé les 21 et 22 janvier à Strasbourg. Le ministre de l’Agriculture veut se donner le temps de la réflexion et de la concertation avec les organisations professionnelles agricoles avant de se prononcer.
Néanmoins, il a évoqué quelques lignes de force qui lui tiennent à cœur : l’équité et la prise en compte de la réalité économique des entreprises. « Mon premier objectif est de réorienter les aides du premier pilier au profit de productions fragilisées qui abandonneront les territoires si nous ne faisons rien. Nous devons aussi préserver un potentiel de production de viande », en utilisant les différents outils qui ont été mis à la disposition des Etats pour réorienter les aides de la Pac. « Nous devons relever le défi de la reconquête ovine (…) et développer notre production de protéagineux (…) et nous mettrons en place un dispositif de gestion des risques », a-t-il ajouté.
Rééquilibrage des aides
Bref, le ministre de l’Agriculture entend donner la priorité au rééquilibrage des aides au profit de l’élevage notamment insistant sur la légitimité d’un tel système aux yeux de l’opinion, et soulignant que ses décisions devront « avoir un sens » et seront « porteuses de plus d’équité ». « La légitimité d’un tel système qui conduirait à donner le même niveau de soutien à un hectare d’appellation viticole, qu’à un hectare de céréales dans une zone intermédiaire ou d’herbe dans une zone difficile peut être contestée ».
Bref, le ministre de l’Agriculture entend donner la priorité au rééquilibrage des aides au profit de l’élevage notamment insistant sur la légitimité d’un tel système aux yeux de l’opinion, et soulignant que ses décisions devront « avoir un sens » et seront « porteuses de plus d’équité ». « La légitimité d’un tel système qui conduirait à donner le même niveau de soutien à un hectare d’appellation viticole, qu’à un hectare de céréales dans une zone intermédiaire ou d’herbe dans une zone difficile peut être contestée ».
Ces propos n’ont pas convaincu les producteurs de grandes cultures qui mettent en avant une « convergence progressive des aides » et l’anticipation de la Pac de l’après 2013. « Nous proposons l’instauration d’une aide par hectare découplée, avec un rapprochement progressif des montants actuels à l’échelle nationale. Nous insistons sur la nécessité de la progressivité, compte tenu de l’effort qui serait demandé à certaines exploitations de grande culture. Des butoirs à la baisse devraient également être mis en place », a plaidé Philippe Pinta, le président d’Orama. Surtout, les céréaliers redoutent que Michel Barnier se contente de faire « du bidouillage » plutôt que de préparer une politique porteuse d’avenir.
L’appui de la FNSEA
Et ce d’autant que les représentants des grandes cultures considèrent qu’une redistribution exclusive des aides en faveur de l’élevage bovin n’est pas pertinente. Dans la mesure où ce secteur bénéficie déjà, à chiffre d’affaires identique, de davantage d’aides que celles des grandes cultures, « à la fois par exploitation, par hectare et par actif ». Si, au final, les exploitations de grandes cultures reçoivent davantage d’aides, c’est qu’elles sont en moyenne plus grandes que les exploitations d’élevage.
Et ce d’autant que les représentants des grandes cultures considèrent qu’une redistribution exclusive des aides en faveur de l’élevage bovin n’est pas pertinente. Dans la mesure où ce secteur bénéficie déjà, à chiffre d’affaires identique, de davantage d’aides que celles des grandes cultures, « à la fois par exploitation, par hectare et par actif ». Si, au final, les exploitations de grandes cultures reçoivent davantage d’aides, c’est qu’elles sont en moyenne plus grandes que les exploitations d’élevage.
Orama se félicite d’avoir reçu l’appui de la FNSEA. « Nous devons sortir des références historiques qui date de 1992. Nous sommes favorables à un rapprochement des aides et à mettre en place une démarche de convergence », a indiqué le président Jean-Michel Lemétayer. Tout en accordant une plus grande reconnaissance à l’herbe dans le premier pilier.
Et en insistant surtout sur le fait que le Gouvernement français ne doit pas se désengager du deuxième pilier de la Pac qui finance l’ICHN et la PHAE et d’autres actions agri-environnementales. « Nous n’admettrons pas que l’Etat français se désengage et nous veillerons à ce que l’apport supplémentaire provenant de la modulation soit réellement utilisé à de nouvelles actions dont la production agricole a besoin ». L’enjeu porte sur 300 millions d’euros que le Gouvernement souhaiterait récupérer.
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