La coopération s'offre en débats
Rencontre FNSEA - FRSEA
Jura agricole et rural
Publié le: 05 février 2009
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Des échanges francs et constructifs |
Le 14 janvier, les FRSEA Bourgogne et Franche-Comté accueillaient les responsables nationaux de la FNSEA pour la traditionnelle réunion régionale. Mais, cette année, la coopération s’était invitée aux débats…
Chaque année, les principaux responsables de la FNSEA « descendent » au contact des responsables du syndicalisme jeune et aîné pour passer en revue l’actualité du moment.
Accueillis à Dijon le 14 janvier par Yves Bonnot et Frédéric Perrot, respectivement présidents de la FRSEA Bourgogne et de la FRSEA Franche-Comté, les responsables des FDSEA et des Jeunes agriculteurs ont été invités à faire remonter le vécu du terrain à Dominique Barrault, secrétaire général de la FNSEA, mais aussi à Christiane Lambert et Pascal Ferey, tous deux vice-présidents.
Les échanges ont été francs, riches, constructifs et prospectifs. Bien entendu, il a été question du Bilan de santé de la Pac, de la FCO et ses conséquences micro et macro-économiques, de l’équarrissage ou encore du Grenelle de l’Environnement. Il a aussi été question de l’insuffisance du Plan Barnier, de la vaccination et de « son coût exorbitant » ou encore du mauvais tour joué par les autorités italiennes en matière d’exportation des broutards…
Pourtant, cette année, la réunion différait quelque peu des précédentes en ce qu’elle consacrait aux débats sur la coopération une large place. Et cela en présence de Philippe Mangin, président de Coop de France, et de tous les présidents de coopératives de la grande région BFC.
Des questions de fond
« La FNSEA est résolument tournée vers un syndicalisme qui n’ignore pas les réalités économiques », rappelait Dominique Barrault qui campait le contexte nouveau résultant du désengagement de plus en plus net des pouvoirs publics de la gestion des marchés agricoles.
« Quelle organisation de producteurs devons-nous avoir demain pour ne pas en permanence subir les aléas divers qui affectent nos productions ? »
Sans jamais utiliser la langue de bois, Philippe Mangin déplorait l’absence d’une structure régionale des coopératives et l’importance de ce sujet « majeur pour l’avenir de nos exploitations ».
Pour lui, il est fondamental de « relancer un dialogue entre coopératives et syndicalisme, lequel dialogue s’impose compte tenu du contexte : les producteurs que nous sommes devons prendre notre avenir en main, en s’organisant davantage et en étant collectivement des acteurs qui pèsent sur les différents marchés ».
Il est évident que le président de Coop de France avait choisi de jouer cartes sur table : « le bilan de la coopération est mitigé ; il y a de belles réussites, des remises en cause et des échecs pour lesquels il faut se poser la question du "pourquoi ?" ». Et de clairement poser la question du ressenti des agriculteurs.
Pour Philippe Mangin, « le modèle même de la coopération est appelé à progresser », pour répondre à la seule question qui tienne, « la question du pouvoir, la volonté de peser sur notre destin ».
Réflexions croisées
Pour lancer le débat, le président de Coop de France allait loin et posait la question du regroupement de l’offre et dénonçait la définition trop laxiste à son goût des OP (organisations de producteurs) à la française. Il posait des questions stratégiques autour de la question de marque, du devenir du formidable réseau de PME agroalimentaires qui a fait de la France le premier exportateur mondial en la matière.
Enfin, il abordait la délicate question de la gouvernance des coopératives, celle de la proximité, de la confiance, qui ne signifie pas forcément transparence. « Ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain ! », insistait Philippe Mangin pour qui, « parce que la coop est un modèle adaptable, parfois critiqué, mais toujours améliorable, ne fuyons pas les questions qui dérangent ».
Dans leur ensemble, les questions posées tant par les syndicalistes que par les responsables de coopératives n’ont pas cherché à éviter les questions qui dérangent.
Étaient ainsi abordés les problème d’image de la coopération et son manque d’attractivité, la concurrence entre entités coopératives perçue comme « nuisible », le domaine de compétences et d’actions des organisations de producteurs, notamment vis-à-vis de le l’aval (industriels et grandes surfaces), la notion de transparence et les moyens de l’exercer, celle de la confiance surtout.
« A la transparence, privilégiez la confiance », concluait Philippe Mangin citant le philosophe Alain Etchegoyen qui a beaucoup travaillé sur la coopération.
Pour le président de Coop de France, au sujet de l’échec des coopératives, « le statut n’est pas en cause, ce sont les hommes ! ». Et Dominique Barrault de conclure : « nous devons donner une vraie ambition à nos actions. La coopération en est un des moyens ».
Bilan de santé de la Pac : des avancées
Lors du débat sur le Bilan de santé de la Pac, plusieurs grands principes ont été avancées et retenus, comme la nécessité d’abandonner la notion de référence historique des soutiens à l’agriculture. Dominique Barrault rappelait la nécessité pour tous de vite voir clair dans ce dossier et celle de perspectives stables.
Christiane Lambert insistait de son côté sur l’importance de ne pas provoquer de déséquilibres au sein des exploitations et plaidait pour une prise en compte du volet humain de celles-ci, au regard des actifs présents.
Alors, convergence ou uniformité ? Président de la section bovine de la FDSEA de Saône-et-Loire, Bernard Joly rassemblait les différentes interventions, précisant l’attachement de la grande région à un soutien différencié à l’élevage allaitant et à un maintien d’un couplage significatif de la PMTVA et de la prime à la brebis.
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