Transformer les constats en actions
Groupe inter OPA Lait AOC
Jura agricole et rural
Publié le: 19 février 2009
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Une centaine de producteurs en lait AOC ont répondu à l'invitation de la FDSEA et de JA, les 11 et 13 février, à Montrond et à Clairvaux-les-Lacs. Le groupe technique inter OPA constitué après les actions syndicales de l’automne dernier, a présenté la situation des exploitations laitières et des outils de transformation.
Il est important d'avoir des éléments pour mesurer la crise sur les exploitations laitières du département. Il est indispensable de définir un prix d'équilibre au-delà duquel l'EBE ne couvre plus les annuités.
Un prix d'équilibre fixé pour le lait AOC en Franche-Comté à 364 euros les 1 000 litres en 2007 alors que le prix moyen payé au producteur était de 356 euros. Aussi, depuis septembre 2008, un groupe inter OPA s'est mis en place entre le Contrôle laitier, la Chambre d'agriculture, le CER France, et la FDCL « pour prévenir les crises et donner aux producteurs les moyens de moins subir », indique Denis Legrand de la Chambre d'agriculture.
Philippe Grosperrin du Contrôle laitier, rappelle que les critères étudiés sur les exploitations (effectifs, potentiel exprimé, TP, cellules, valorisation de la ration de base...) sont autant « d'indicateurs à suivre de près pour avoir un observatoire réaliste de la conjoncture et être réactifs ».
Beaucoup de facteurs se sont conjugués et ont pénalisé la production en 2007-2008 : mauvaise qualité des foins 2007 dont l'effet s'est ressenti jusqu'à l'été 2008, augmentation des effectifs pour compenser le manque de production avec des conséquences sur le nombre des cellules (baisse du taux de réforme), impact de la FCO sur le potentiel des animaux et problèmes de parasitisme...
« Nous avons un système fragile qui repose beaucoup sur la ration de base. Le coût d'achat de concentré et de fourrages a pesé sur les exploitations entraînant une gestion de la trésorerie très délicate. C'est pourquoi nous allons renforcer notre travail de suivi technico-économique en accord avec le CER et proposer un suivi technique supplémentaire en dehors des contrôles.»
Les indicateurs sont meilleurs en ce début d'année avec un bon rapport TB sur TP qui montre que le « fonctionnement » de la vache, au niveau technique, est meilleur que l'année dernière. Les critères cellules et TP s'améliorent avec un meilleur rendement en fromagerie cet hiver.
Le coût de concentré n'a pas baissé (80 euros par 1000 litres) mais les animaux répondent mieux en terme de production.
L'idée générale est de parvenir à un fonctionnement autonome avec un travail important sur la partie fourragère tout en étant attentif aux coûts de structure.
La taille des fruitières n'est pas le seul critère d'efficience
Alain Matthieu a présenté le contexte économique de la filière AOC, insistant sur la corrélation entre l'évolution des stocks et la MPN. S'est posée en son temps la question du lien entre la taille et l'efficacité économique des fruitières avec un gain de 20 euros par 1 000 litres imputable à la taille.
« Mais on sait que le critère "taille" n'est pas aussi important si le prix du fromage est bon, le sérum bien valorisé et la vente au détail bien développée. Nous devons accompagner toutes les coopératives car elles font la diversité de la filière. La question est plutôt devenue : comment accompagner les producteurs qui estiment que le prix du lait n'est pas à hauteur de leurs besoins ».
Vincent Thoral du CER France a présenté quelques résultats économiques, pointant du doigt la capacité des outils de production à préparer l'avenir et leur capacité à faire les investissements nécessaires. « L'objectif est de conserver une marge de sécurité de 5 à 6 % sur le produit soit 5 000 euros pour 100 000 euros de produit. Quand on rencontre un problème sur l'exploitation, il faut prendre un fil et tirer jusqu'au bout. Il existe des marges de progrès très fortes par exploitation ». Le coût de l'alimentation est un critère plus simple à maîtriser que le coût des structures. Avec une densité laitière basse, l'exploitant gagne en autonomie mais alourdit son coût de structure. En résumé, la question à se poser est : « comment faire pour que mes coûts de structure supplémentaires ne dépassent pas les litres de lait que j'ai par UTH ? ». Se pose aussi le problème de la main-d’œuvre et de la reconnaissance des salariés.
En lien avec le Projet agricole départemental (Pad)
Autre constat : le Jura ne fait pas sa référence laitière. En application de la réforme de la Pac, faut-il redistribuer cinq fois 1 % de quotas supplémentaires à l'ensemble des exploitations ou à celles qui sont en capacité de le traire ?
Quelle gestion pour les exploitations qui se trouvent à la limite du seuil des 4 600 litres par ha de SFP du décret comté ?
Comment protéger le marché du lait AOC après la fin des quotas ? Autant de questions qui montrent « la nécessité d'une gestion collective en filière et en interprofession et d'une gestion politique, au travers du Projet agricole départemental où nous devons redonner une valeur économique au département et rechercher de la valeur ajoutée.Sans oublier les actions individuelles sur nos exploitations avec l'aide des organismes technico-économiques » conclut Dominique Chauvin pour la FDSEA. Ces premières réunions sur le terrain ont permis de mieux comprendre les données du problème et de présenter les services apportés par les OPA.
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Depuis septembre, un groupe inter OPA s’est mis en place entre le contrôle laitier, la chambre d’agriculture, le CER France et la FDCL |
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