Lorsque les montagnes se rencontrent…
Colloque national Montagne
Jura agricole et rural
Publié le: 19 février 2009
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La Haute-Savoie accueillait le colloque national montagne, le 12 février dernier, colloque organisé par la FNSEA.
Au-delà des débats sur la politique agricole commune et sur le rééquilibrage des aides, l’enjeu du colloque national montagne, qui avait lieu le 12 février à Evian-les-Bains, était de réfléchir sur la transformation et la valorisation des produits et des services rendus à la société et au secteur touristique par l’agriculture de montagne.
Comme le rappelait Daniel Prieur, président de la commission montagne à la FNSEA, l’agriculture de montagne repose sur deux axes. La première table ronde était consacrée à l’agriculture de montagne au cœur de l’environnement et de la sécurisation du territoire et la seconde sur l’agriculture de montagne au cœur de l’économie.
Des innovations et de nouveaux services
L’agriculture de montagne a une véritable utilité publique. Jean-Louis Cazaubon, président de la chambre d’agriculture des Hautes-Pyrénées et vice-président de l’APCA, expliquait le rôle du couple homme - animal, c’est-à-dire sur le rôle de l’élevage dans les zones de montagne. Tel que le soulignait Francis Solda, président du Centre d’études et de réalisations pastorales Alpes Méditerranée, le pastoralisme lutte contre la broussaille et les incendies et « permet alors une gestion des surfaces et un entretien des paysages ». En somme, l’agriculture utilise l’écosystème pour ses productions et contribue à son entretien.
Ce handicap naturel est source d’innovations et de nouveaux services rendus par les agriculteurs. Bien que cela profite à l’environnement et à l’économie du territoire, « la reconnaissance n’est présente que dans les discours.
Passer aux actions sur le revenu est une urgence », insistaient les participants d’une seule et même voix. « Un éleveur de montagne qui serait contraint d’arrêter son activité, est un éleveur qu’on ne réintroduira pas en montagne. Et, cela se traduira par un territoire qui se referme, avec des paysages qui n’existeront plus », interpellaient-ils. Contre certains clichés, où l’agriculture est perçue comme une perturbation dans le milieu naturel, Jean-Louis Cazaubon précisait « la biodiversité n’est ni une réserve ni un désert », avant d’affirmer : « le pastoralisme est incompatible avec la présence de prédateurs ».
Lionel Vilain, conseiller technique à France nature environnement a estimé que, même s’il soutenait la présence des éleveurs en montagne et la rémunération des services qu’ils rendent, des moyens de coexister avec les prédateurs sont à trouver ensemble. Par ailleurs, cette fédération d’associations environnementales souhaite travailler davantage avec les FDSEA sur la question du foncier.
Pour toutes les productions, sur tous les territoires « La structuration des marchés est un facteur de réussite », défendait Gilles Amat, pour les Jeunes agriculteurs. Des règles interprofessionnelles sont nécessaires pour partager équitablement la valeur ajoutée entre producteurs, transformateurs, affineurs et commerçants.
Xavier Beulin, premier vice-président de la FNSEA, pense que la coopération doit être un partenaire : « il faut repenser la façon de s’impliquer et les choix à réaliser ».
Frédéric Chausson, directeur du développement coopératif Sodial, affirmait que la valorisation du lait de montagne est faible, mais qu’une meilleure stratégie était recherchée.
Dominique Barrau, secrétaire général de la FNSEA exposait la position de la Fédération : « elle est au côté de l’agriculture de montagne et des zones défavorisées, pour toutes les productions et sur tous les territoires. La politique de montagne a toujours fait partie d’une politique globale, et a choisi de ne pas cultiver l’indifférence mais les différences ».
Il distinguait ensuite les grands axes défendus dans le cadre du bilan de santé de la Pac. Parmi ceux-ci : « la production d’herbe doit être accompagnée sur le premier pilier comme les autres productions, mais l’État ne doit pas pour autant se désengager des aides sur le deuxième pilier (...) L’indemnité compensatrice des handicaps naturels doit obtenir la revalorisation promise (…) ».
En clôture des travaux du colloque, Michel Cadot, directeur de cabinet du ministre de l’Agriculture et de la forêt, a affirmé que « l’agriculture de montagne est au cœur des enjeux de développement territorial et qu’elle se fonde sur la réalité des terroirs ». Deux instruments sont majeurs dans la politique montagne, selon lui : l’installation et le plan de modernisation des bâtiments d’élevage.
Au-delà des aides attribuées, la performance des exploitations est essentielle. « Les investissements stratégiques doivent permettre de mieux s’organiser et de rester présent sur les marchés », précisait-il.
Les décisions du ministre seront prises ce mois-ci et s’inscriront dans une perspective de production et d’agriculture durable. Michel Barnier souhaite revoir les modes de soutiens et leur répartition entre les productions pour faire évoluer les aides.
Lorsque les montagnes se rencontrent, c’est bien plus qu’une convergence d’idées qui émerge.
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