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La montbéliarde dans tous ses états
Visites d'élevage
Jura agricole et rural
Publié le:  19 février 2009
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La montbéliarde est compatible avec le robot de traite !

Le 3 février dernier, les délégations étrangères invitées par Coopex ont découvert quatre élevages du département de l’Ain, illustrant les potentialités de la race montbéliarde : lait transformé en emmental ou en bresse bleu, croisement pour l’engraissement, souches à haute valeur génétique…

Avec désormais plus de 400 000 doses exportées dans le monde par Coopex (soit plus du tiers de la quantité utilisée), la dimension internationale de la race montbéliarde continue de s’affirmer.

« Près des trois quarts du chiffre d’affaire export retourne vers la filière avec une contribution au schéma de sélection qui correspond à plus de deux euros par IAP. », relève Tristan Gaiffe, directeur du Groupe Umotest. À l’occasion de l’exposition annuelle Umotest, qui se tenait à Bourg-en-Bresse mercredi dernier, les équipes de Coopex ont emmené les délégations étrangères sur le terrain à la découverte d’élevages de montbéliardes.

Au programme de la journée, quatre visites d’élevage, chacune illustrant à sa manière les points forts de la race. Pour les délégations d’Autriche, de Chine, de Bulgarie, d’Italie, du Brésil et quelques éleveurs venus des départements de l’Ouest, la tournée commence par le Gaec de Montoux à Domsure. Un Gaec à cinq associés avec une référence de 1,02 million de litres et un troupeau de 130 laitières. Moyenne des contrôles en 2007-2008 : 8 773 kg de lait à 35 de TA et 41,8 de TB. Stéphane Fitamant, Tristan Gaiffe, Cédric Henriet et Jean-Paul Brun traduisent à la volée les paroles de l’éleveur qui présente son troupeau, propos ensuite retraduits en chinois ou en portugais !

Des vaches solides
La ration hivernale, à base d’ensilage maïs et d’ensilage d’herbe, permet une production de 27 kg. Au-delà, les meilleures laitières reçoivent jusqu’à 3 kg de concentré distribué au DAC.
L’été, les éleveurs pratiquent l’affouragement en vert, en plus des 20 kg d’ensilage maïs distribués quotidiennement.
« Nous avons des sols argileux, très difficiles à pâturer au mois d’avril, c’est pour cela que nous nous sommes orientés vers cette solution. » Mais la mélangeuse automotrice achetée d’occasion à une Cuma alsacienne hache un peu trop menu les brins au gré des éleveurs. « Nous allons investir dans une ensileuse qui permet de faire des brins plus gros. » En termes de sélection, les associés recherchent « des vaches solides, aux mamelles fonctionnelles, sans problème de fertilité, avec du taux protéique : avec des vaches à 8 000, l’alimentation est plus simple à gérer. »
 
Suit une présentation des meilleures vaches de l’élevage, dont Jean-Paul Brun commente les accouplements.

À la deuxième étape, au Gaec de Plombard à Condeissiat, les robots de traite en action constituent la principale attraction. « Nous avions au départ le projet d’une salle de traite rotative pour remplacer la 2 x 6 postes, dans l’optique de la suppression des quotas, mais DeLaval a insisté pour nous faire visiter des fermes équipées de robots. Comme nous pouvions réaliser nous-mêmes la maçonnerie, ce que nous n’aurions pas pu faire pour un roto, nous avons finalement opté pour le robot », explique Jérôme Bobillet.
 
Avec deux ans de recul sur cet investissement, les associés n’ont « aucun regret », et parlent d’une meilleure qualité de vie. La productivité laitière a été boostée par l’augmentation de la fréquence de traite, passant de 7 300 à 8 400 kg/VL/an en deux ans. Seul bémol, l’augmentation des spores butyriques et davantage de mammites. « Nous avons augmenté le paillage pour résoudre le problème. » De même, la consommation de concentrés a été revue à la hausse, car sa distribution est conditionnée au passage en salle de traite.

« Nous allons revoir la densité énergétique de la ration pour mieux ajuster les niveaux de complémentation. » Mohammed Mechmech, vétérinaire tunisien et importateur de génisses, évoque un prochain programme scientifique conduit dans son pays en partenariat avec l’industrie laitière. « La montbéliarde est une race qui s’est bien acclimatée en Tunisie et qui exprime tout son potentiel quand on répond à ses besoins. »

Montbéliarde et pisciculture
Au Gaec de la Seillette à Saint-Paul-de-Varax, les visiteurs découvrent un assolement original, spécifique de la Dombes, avec 50 ha d’étangs où sont élevés carpes, sandres et carnassiers. Une fois asséchées, ces terres sont ensuite emblavées en céréales. Ici c’est une salle de traite rotative qui permet de traire les 76 laitières.

La moyenne de production s’élève à 9 427 kg/VL/an à 35,1 de TA et 38,5 de TB. Autre originalité du système, l’élevage de trois bandes par an de veaux montbéliards croisés charolais ou limousin, avec une partie du lait produit sur l’exploitation. « Nous attendons avec impatience des semences charolaises sexées mâles ! », s’exclame l’éleveur.
 
Le groupement fournit les veaux et l’appui technique. Les GMQ sont conséquents : 1 514 g / jour. Cette formule dégage une belle marge brute (246 euros/tête) et permet une bonne valorisation du lait de l’élevage, à hauteur de 0,393 euro/l (220 000 litres y sont consacrés). Le second débouché du lait, c’est la commercialisation à Bressor, qui paye le lait à la « matière », c'est-à-dire le poids de protéines et de matière grasse. Johann Kriechluamener, éleveur autrichien de la région de Salzburg, élève des montbéliardes depuis 15 ans : « nous apprécions la double fonctionnalité de la montbéliarde, sa capacité à produire du lait et de la viande. Pour ma part c’est aussi l’aptitude à vêler jeune qui m’a convaincu de l’utiliser, car la carrière de l’animal est alors mieux rentabilisée. »

Vêler jeune
Enfin l’EARL Daniel et Martine Clair à Versailleux conclut la tournée en beauté. « On voit que les animaux ont l’habitude, ils se présentent d’eux-mêmes ! », lance un éleveur autrichien stupéfait.

La collection des meilleures vaches du troupeau a de quoi impressionner : taille, bassins, mamelles… Il faut dire que le troupeau affiche un Isu de 127, 110 en morphologie. Depuis l’achat en 1992 d’un embryon femelle de la famille de Boislevin, les exploitants ont beaucoup travaillé leurs souches femelles, utilisant régulièrement la transplantation embryonnaire pour démultiplier les produits. Démonstration en direct avec plusieurs paires de pleines sœurs obtenues par la TE, comme par exemple Vanille et Vanilla, filles de
Pastille, mère à taureau du schéma.

La consommation de concentré a augmenté




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