Quelles installations demain avec la Pac ?
Interventions
Jura agricole et rural
Publié le: 26 février 2009
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Le discours de Bruno Ledru a eu le mérite d’être clair… |
Quelles installations demain avec la Pac ? C'est sur ce thème que JA 39 a poursuivi son assemblée générale, donnant la parole à Bruno Ledru, vice-président de JA, chargé de la Pac.
À la veille de l'annonce des axes politiques du bilan de santé de la PAC au niveau français, le représentant de JA national ne pouvait que rappeler les enjeux.
« L'Europe va vers moins de soutien à l'agriculture, moins d'aides couplées. Les DPU c'est le SMIC des paysans mais aussi le meilleur moyen de se faire raboter les aides tous les ans ».
Si le discours de Bruno Ledru ne plaît pas à tous, il a le mérite d'être clair. « Il ne faut pas se mentir. On ne peut pas avoir un projet d'installation avec dans 30 ans le même niveau d'aides. Notre challenge, c'est s'adapter. Si la gestion de marché disparaît, il faudra la faire nous-mêmes. Ce n'est pas le rééquilibrage des aides qui va permettre d'installer demain mais de donner aux jeunes des perspectives. »
Ce dont rêvent les jeunes agriculteurs pour demain c'est d'une agriculture qui construit des ponts solides entre filières. À l'exemple des céréales, dont 50 % sont consommées en France mais dont le prix est fait à Chicago. « Il faudrait se mettre d'accord entre un prix plancher pour les céréaliers et un prix plafond au-delà duquel ce n'est plus possible pour les éleveurs.»
Idéaliste ? En tout cas JA a très sérieusement planché sur la question de la protéine végétale. « On en a marre de dépendre du soja américain ! ».
Parmi les autres grands axes sur lesquels JA a réussi un compromis au niveau français, on retrouve une aide économique à l'herbe, le soutien à l'élevage ovin et les assurances climatiques et sanitaires. « JA était partisan d'une assurance Revenu mais l'Europe n'en veut pas ».
Le point de vue du banquier
« Nous n'avons pas de visibilité sur les incidences de la PAC compte tenu de la volatilité des prix et des marchés » avance Frédéric Poulin, du Crédit agricole de Franche-Comté.
Parmi les critères de viabilité d'une installation, le « pilotage » de l'EBE est essentiel. « Être entrepreneur, c'est savoir prendre une part de risque mais réaliser une épargne de sécurité, ce qui n'est pas toujours facile en pleine phase d'installation. Les mesures existantes comme l'assurance récolte ne sont certes pas suffisantes pour garantir un revenu mais il faudrait les intégrer dès le départ dans les coûts de l'installation ». Sur le coût de reprise des structures, la question à prendre en compte est : combien faut-il d'années d'EBE pour amortir l'investissement ? « Au-delà de 10 années nous atteignons la limite de viabilité, reconnaît Frédéric Poulin.
Peut-être que la banque se trompe. Interviennent aussi des critères humains, des animaux, des aléas qui peuvent faire la différence mais nous avons besoin de critères... ».
Pour terminer sur le thème de l'assemblée générale, Éric Druot a rappelé la déclinaison départementale de la politique d'installation à travers les objectifs du PAD (projet agricole départemental), notamment favoriser le renouvellement de 100 actifs agricoles par an, en intégrant une part de diversification et d'emplois salariés. L'installation sociétaire, les aménagements fonciers, l'autonomie sur les exploitations, les projets innovants sont autant de pistes qui devraient motiver les jeunes.
Agir sur l'exploitation
Dans son rapport moral, Christophe Buchet a lui aussi fait regretté « une Pac qui se préoccupe plus de la façon dont elle va distribuer les primes que ce que veulent tous les agriculteurs : des prix rémunérateurs et une garantie de revenus constants face aux aléas du marché ».
Mais le président de JA 39 ne pense pas qu'il faut rester les bras croisés : « Nous devons travailler sur la valeur ajoutée de nos exploitations, gagner en efficacité, en rentabilité. Mettre en cause nos pratiques, c'est déjà être réactif ». Dans le domaine laitier, plusieurs pistes sont mises en avant : réaliser son quota, profiter de la dynamique inter OPA pour mieux piloter son exploitation...
« Au-delà de nos exploitations, les solutions seront collectives à travers nos filières », continue le président de JA en citant les exemples du fond d'investissement des coopératives laitières et le projet de restructuration autour de la sucrerie d'Aiserey.
Enfin, de plus en plus de décisions se prendront à l'échelon régional et les OPA devront y être présentes. « JA 39 devra s'y investir, pense Christophe Buchet, mais sans négliger l'échelon cantonal. Ce lieu de convivialité participe aussi à l'émergence de projets. C'est notre vivier ! »
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