En finir avec les décharges sauvages
Pneumatiques usagés
Jura agricole et rural
Publié le: 26 février 2009
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L’utilisation des PUNR en agriculture pour le maintien des bâches d’ensilage est toujours considérée comme une forme de valorisation |
Élimination des stocks historiques, collecte réglementée, recyclage, valorisation, les pneumatiques auront définitivement fini de souiller la nature d’ici 2016.
Dans le souci de préserver l’environnement, le décret du 24 décembre 2002, interdit d'abandonner, de déposer dans le milieu naturel ou de brûler à l'air libre les pneumatiques. D’autant que les pneus usagés possèdent un important potentiel de valorisation, comme matière première et comme combustible alternatif.
Ils n’appartiennent donc plus à la catégorie des déchets ultimes et font désormais l’objet de collectes réglementées pour être recyclé au sein d’une filière professionnelle.
La responsabilité des producteurs
En France, ce décret de 2002 impose à tous les distributeurs de reprendre gratuitement les pneumatiques usagés dans la limite des tonnages et des types de pneumatiques qu'ils ont eux-mêmes vendus l'année précédente. Grâce à un fonds alimenté au prorata de leurs ventes, ils financent le traitement des pneus usagés non réutilisables (PUNR).
Dans chaque département, des collecteurs agrémentés par la préfecture viennent récupérer les pneus usagés chez les revendeurs, les grossistes, les concessionnaires… Ils sont ensuite réunis et triés sur les plates-formes. Ceux dont la structure est encore bonne, subissent un rechapage. La grande majorité, des PUNR sont orientés vers diverses filières de recyclage.
En 2002, les sept principaux manufacturiers de pneumatique se sont réunis pour constituer la société Aliapur qui a pour mission d’assurer la collecte, le tri et la valorisation des PUNR. Elle perçoit à travers les pneus neufs vendus une somme définie par catégorie de pneumatiques servant par exemple à la recherche des débouchés. Cette somme figure en bas de la facture d’achat sur une ligne spéciale. En 2009, elle engendre par exemple un surcoût de 1,50 euro HT pour un pneu de véhicule léger, 23 euros HT (60 à 130 kg) et 59 euros (200 à 450 kg) pour un pneu agraire.
C’est la société la plus importante du secteur, elle traite 85 % du marché français, (293 972 t), viennent ensuite l’AFIP-FRP (association française des importateurs de pneumatiques - France recyclage pneumatiques) 10 % (34 000 t), les autres producteurs 3% (10 028 t) et Norauto 1,5 % (5 000 t).
Éliminer les stocks historiques
L’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) a évalué en 2003, les stocks constitués avant l’application du décret de 2002 : ceux-ci s’élevaient à 242 000 tonnes réparties sur 114 sites. À l’heure actuelle, grâce à l’identification des propriétaires de site, 130 000 ont pu être recyclés.
Pour le reste, un accord a récemment été signé, en février 2008 entre l’ancien secrétaire d’État à l’Écologie et les acteurs de la filière. Celui-ci prévoit une résorption progressive des stocks historiques, à raison de 10 000 tonnes par an, d’ici 2016.
Le recyclage dans les exploitations agricoles
L’utilisation des PUNR en agriculture pour le maintien des bâches d’ensilage est toujours considérée comme une forme de valorisation. Une étude de l’Ademe, menée en 2006, évaluait à 800 000 tonnes les stocks de pneus sur bâches dans les exploitations agricoles.
Le roulement (arrêt de l’ensilage, départ à la retraite, pneus très usagés) équivaudrait à 50 000 tonnes. Enfin, le volume de pneumatiques en utilisation ou repris par les revendeurs est estimé à 25 000 tonnes.
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