En passant par le « village bio éthanol »
Carburant renouvelable et développement de filières
Jura agricole et rural
Publié le: 04 mars 2009
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Présent au « village bio éthanol », Éric Lainé, président de la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB) |
Au Sia 2009, la filière française du bio éthanol était bien présente, via son « village bio éthanol». Le public a pu s’y informer des avantages environnementaux et économiques de ce carburant renouvelable, qui s’avère bien plus propre pour la planète que le pétrole.
En France, le bio éthanol est obtenu à partir de betteraves et de céréales (blé et maïs). Le sucre contenu dans ces végétaux est, par un procédé de fermentation, transformé en alcool.
Cet alcool (éthanol) est concentré, puis déshydraté, pour obtenir du bio éthanol. Il s’agit du seul carburant liquide, renouvelable et immédiatement disponible pour les moteurs essence. La filière bio éthanol nationale s’est particulièrement développée depuis 2006.
Cinq unités récentes en France
Outre la vingtaine de sites déjà présents qui fabriquent de l’éthanol, principalement des sucreries distillerie, cinq nouvelles unités de production de bio éthanol situées au nord, à l’est, au centre et au sud-ouest de l’Hexagone, ont vu le jour, représentant un investissement total de plus d’un milliard d’euros, financé par les groupes agro-industriels et coopératifs, en tête desquels Tereos et Cristal union.
Le biocarburant y est fabriqué, selon les régions d’implantation, à partir de blé, de maïs, ou de betteraves comme c’est le cas par exemple à Origny-Sainte-Benoîte, dans l’Aisne, un site d’une capacité de 240 000 tonnes.
Des hauts rendements en culture betteravière
Le développement de la filière devrait générer, à l’horizon 2010, quelque 3 500 emplois, directs et induits, essentiellement en secteur rural. Ce ne sont pas là ces seuls atouts.
Présent sur le stand du Sia, Éric Lainé, président de la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB) le rappelle : « l’utilisation du bio éthanol permet une réduction de 60 % des émissions de CO2, il réduit la dépendance énergétique de la France et, contrairement à la crainte souvent évoquée, son incorporation à hauteur de 7 % telle que l’Union européenne se l’est fixée à l’horizon 2010 n’engendrera pas une occupation des surfaces au détriment des productions alimentaires.
Quelque 3 % des surfaces seront mobilisées et, en définitive, il s’agira bien plutôt de 1,5 %. Le rendement de bio éthanol à l’hectare à partir de betteraves est le plus haut qui existe, soit 87 hectolitres à l’hectare, sans compter le coproduit, les pulpes déshydratées, soit 4,7 tonnes ».
Amortir les investissements
Avec la réforme du règlement « sucre » intervenue en 2006, les effectifs de planteurs de betteraves sont passés en France de 31 000 à 26 000. « Mais, si la production de betteraves reste majoritairement orientée vers le sucre, 30 % l’est aujourd’hui vers la fabrication d’alcool, l’industrie de la fermentation et le bio éthanol. Il y a sept ans seulement, ce chiffre était de 3 %. Autrement dit la filière a beaucoup progressé », souligne le président de la CGB.
Dans le cadre de l’application du Grenelle de l’environnement, les producteurs de bio éthanol restent vigilants. « Nous avons investi de nos propres deniers dans les sites, sans aides de l’Europe ni de l’État. Il nous faut aujourd’hui amortir nos investissements, insiste Éric Lainé. Il n’y a pas de raisons de faire entrer en France des productions d’éthanol étrangères produites selon un cahier des charges différent du nôtre.
D’autant que la filière s’est déjà concrètement engagée dans la recherche portant sur la deuxième génération de ce biocarburant, selon une exploration très large du potentiel de matières naturelles, via le projet Futurol ».
La recherche de nouveaux process est donc déjà enclenchée. Avec un atout qui demeure : le bio éthanol génère des coproduits utilisés directement pour l’alimentation animale. Ceux-ci peuvent remplacer une partie des tourteaux de soja importés et une partie des céréales elles-mêmes destinées à alimenter les cheptels.
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