Les dégâts des espèces nuisibles
GVA du Val de Seille
Jura agricole et rural
Publié le: 04 mars 2009
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Bernard Petit : « Toutes les espèces sont utiles. Ce qu'il faut, c'est réguler les excès |
Comment sont déterminées les espèces nuisibles ? Comment se pratique le piégeage ? Pour répondre à ces questions, le GVA du Val de Seille a fait appel, lors de son assemblée générale, à un spécialiste de la question, Michaël Marillier, technicien à la Fédération des chasseurs sur le secteur du Haut-Jura et moniteur de piégeage pour le département.
Le classement des animaux nuisibles dans le Jura est une décision préfectorale à partir d'une liste nationale et après avis de la CDCFS (commission départementale de la chasse et de la faune sauvage).
La liste des nuisibles est révisée chaque année en juin. « Il faut que l'on apporte la preuve de la nuisance de certaines espèces d'où l'importance des données collectées », souligne Michaël Marillier de la Fédération des chasseurs du Jura.
Récemment la Fédération des chasseurs, la FDSEA et JA ont établi un accord sur l'échange de données pour apporter la preuve que certaines espèces causent des nuisances et doivent rester sur la liste des nuisibles.
Chaque année des associations de protection des animaux font pression pour retirer des espèces de la liste nationale, ce fut le cas de la martre et de la belette pour 2009. Les chiffres concernant le blaireau sont parlants et montrent une recrudescence de l’espèce. Le blaireau est présent dans 92 % des communes du Jura. Une étude de 2007 portant sur un échantillon de 63 communes dénombre 320 terriers, une vingtaine de blaireaux tués à la chasse, 24 par une collision sur la route (200 par an dans le Jura).
Les plans de lutte
La solution la plus efficace pour l'avenir est un partenariat agri-chasseurs avec la mise en place de plans de lutte comme c'est déjà le cas pour le ragondin, le rat musqué, et plus récemment le cormoran (partenariat chasseurs, pêcheurs, FDSEA, pisciculteurs).
La fédération des chasseurs a reçu ces dernières semaines de nombreux appels pour des problèmes de corvidés. « La destruction à tir est possible par un chasseur jusqu'au 10 juin mais il y aurait vraiment nécessité d'encadrer à une plus grande échelle et de faire un plan de lutte corvidés » pense Michaël Marillier.
Une demande d'aide a été adressée au conseil général pour l'achat de cache pièges. « On en est aux prémices. Le partenariat doit fonctionner » espère le technicien.
Les éleveurs évoquent également des problèmes de prédation par les renards et les corvidés sur les chapons, la prolifération des tourterelles sous les hangars.
Pour les espèces qui ne sont pas classées nuisibles, il faut contacter la DDEA pour voir si l'on peut réaliser une intervention avec un lieutenant de louveterie.
Pour devenir piégeur agréé, la fédération des chasseurs organise une semaine de formation par an, ouverte aux chasseurs mais aussi aux agriculteurs.
Michaël Marillier rappelle que les nuisances peuvent aussi être d'ordre sanitaire.
Concernant les renards porteurs d'échinococcose, le Jura est le département le plus touché parmi les 45 départements du Nord Est de la France.
2 000 ragondins par an
Bernard Petit, président de l'association des piégeurs agréés du Jura alerte sur le lobbying de certaines associations contre le piégeage et notamment une enquête faite par l'Europe sur les conditions de piégeage, en lien avec le bien-être animal et à laquelle il est important de participer (enquête disponible sur le site de l'union nationale des piégeurs agréés : unapaf.com ). « Toutes les espèces sont utiles, ce qu'il faut c'est réguler les excès » rappelle Bernard Petit.
Le plan ragondins mis en place en 2002 avec le conseil général a permis d'éliminer 2 000 ragondins par an par tir ou piégeage. En plus des dégâts aux berges, ces animaux sont porteurs d'échinococcose et de douves. « La régulation fonctionne, même si on ne résoudra jamais complètement le problème. Le tir massif n'est pas une solution car il éparpille la population, sachant qu'un couple de ragondin donne en un an une centaine de ragondins ».
Le travail en partenariat est souvent plus efficace. À ce titre, l'association de piégeurs du Jura est entrain de mettre en place une convention de piégeage avec une commune pour piéger les pigeons et les chats. « Pour cela, le maire doit prendre un arrêté municipal. Peut-être faut-il appliquer cette démarche aux corvidés » suggère Bernard Petit.
Pour contacter l'association des piégeurs agréés : Tél. 03 84 48 81 51
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