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Aux portes de la Franche-Comté
Vespa Velutina Nigrithorax
Jura agricole et rural
Publié le:  04 mars 2009
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Aucune défense efficace

Si sa présence n’est pas encore avérée en Franche-Comté, malgré deux suspicions à Voiteur et à Bletterans, elle l’est en Bourgogne à Pouilly-en-Auxois depuis l’automne 2008. Sa présence aux portes de la région, à moins de 100 km des villes de Gray, Pesmes et Dole soulève autant de questions qu’en Bourgogne, car jusqu’à présent personne n’imaginait qu’il puisse être remonté jusque-là.

Le genre vespa comprend 23 espèces qui vivent dans la région asiatique : Inde, Thaïlande, Chine, Laos, Vietnam, Malaisie, Indonésie, Java, Île de Lombok, Hong-Kong… La sous-espèce Nigrithorax, est découverte pour la première fois en 2003 dans le Lot-et-Garonne.

Vespa Velutina construit un volumineux nid de papier mâché qui peut atteindre un mètre de hauteur et 80 cm de diamètre, contenant plusieurs milliers d’individus. L’orifice de sortie est latéral alors qu’il est basal chez le frelon commun Vespa Crabo.

On le trouve souvent dans un arbre à plus de 15 m de hauteur (érable, platane, frêne) mais on peut le trouver dans un bâtiment ouvert, dans un creux de muraille ou dans une haie. Seules les femelles fondatrices hivernent dans des cavités.

Dès le printemps, lorsque la température est supérieure à 4 C°, la femelle part en quête de nourriture et commence à établir un nid. Environ un mois à un mois et demi après la première ponte, les ouvrières naissent et la colonie s’agrandit.
Ces ouvrières, dont le régime est essentiellement frugivore, carnivore de préférence insectivore, vont à la recherche de nourriture.

Aucune défense efficace
En vol stationnaire à une trentaine de centimètres de la ruche, le frelon fonce sur sa proie, la fait tomber au sol, la saisit entre ses pattes et la tue d’un coup de mandibule derrière la tête avant de l’emporter pour la dépecer. Un frelon peut attraper 50 abeilles par jours. Notre abeille domestique n’a aucune défense efficace à ce jour. Elle n’arrive à tuer que quelques individus par piqûre en une journée.

À la fin de l’été, une centaine de femelles reproductrices de la nouvelle génération quittent le nid en compagnie des mâles pour s’accoupler. Puis elles hivernent en solitaire ou par 2 ou 3 dans une cavité protégée. Environ une vingtaine de femelles fondatrices passeront l’hiver.

Les risques liés à Vespa Velutina
Pour les apiculteurs, sa capacité à décimer les abeilles peut se traduire par des destructions de ruchers, une réduction de la capacité de production, tout particulièrement sur les miellées estivales et automnales, réduisant ainsi la capacité à constituer des réserves, le tout se traduisant par une amplification des problèmes sanitaires. Face à une forte pression, la meilleure des solutions est la transhumance.

Pour le monde agricole, Vespa Velutina entraîne sur fruits rouges et raisins une réduction de la pollinisation, qu’il endommage par ailleurs en les consommant.
Il représente également un facteur de risque par piqûre pour les agriculteurs dans les arbres fruitiers (pruneaux d’Agen, noyer,…).

Pour l’homme, bien que Vespa Velutina soit pacifique lorsqu’il est en quête de nourriture, il pratique la défense collective de son nid. Quand il estime ce dernier menacé, c'est-à-dire lorsqu’un intrus s’approche à moins de 5 mètres, il devient agressif. Étant donné qu’il peut nidifier dans des haies, la taille de ces dernières aux beaux jours ou la possibilité de s’en approcher, peu être source d’accident grave.

Pour l’environnement, ce prédateur sans ennemi, entraîne des risques de régression de population d’espèces sensibles et porte atteinte à la biodiversité, de par le prélèvement important sur les populations d’insectes dont les pollinisateurs, les arachnides, et la destruction des nids d’autres insectes sociaux.





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