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Deux formations dans l'air du temps
Agriculture biologique
Jura agricole et rural
Publié le:  12 mars 2009
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La maison familiale rurale d’Anneyron (Drôme) forme de futurs techniciens en agriculture biologique à travers deux formations spécifiques : un certificat de spécialisation par apprentissage et une licence professionnelle en formation continue. Entretien avec Pierre Bocquet, directeur de la MFR.

Pouvez-vous présenter le certificat de spécialisation « technicien conseil en agriculture biologique » qui est dispensé à la MFR d’Anneyron depuis environ dix ans ?

« Ce certificat de spécialisation est une formation de niveau III, accessible avec un niveau Bac + 2. Conduite par la voie de l’apprentissage, cette formation accueille, cette année, dix apprentis, mais également des adultes en formation continue.

Elle se déroule en alternance sur un an avec seize semaines de cours théoriques et le reste du temps en entreprises de la filière AB. Cette formation doit permettre à des personnes ayant déjà un niveau de formation en agriculture, d’acquérir des connaissances et des compétences en agriculture biologique. Il s’agit d’appréhender les questions de réglementation, de fondements de la filière bio, de sa mise en œuvre en termes de conversion des exploitations, mais aussi de développement de structures de transformation et de commercialisation».

Depuis la rentrée de septembre 2008, vous proposez également une licence professionnelle en agriculture biologique, comment a-t-elle vu le jour ?
« Depuis quelques années, nous nous sommes rendu compte que, pour le certificat de spécialisation, le recrutement avait tendance à stagner parce que c’est une formation qualifiante, mais non diplômante c’est-à-dire sans élévation de niveau. C’est la raison pour laquelle nous nous sommes orientés vers un dispositif de licence professionnelle (niveau II). Ce projet de mise en place a mûri à l’échelon national par le biais d’établissements de formation agricole du réseau Formabio, comme le souhaitait le ministère de l’Agriculture par le biais de la DGER (1).
Nous avons donc élaboré des référentiels professionnels et pédagogiques en partenariat avec l’université Blaise Pascal et l’école d’ingénieurs Enita de Clermont-Ferrand ainsi que des professionnels de l’agriculture biologique qui ont soutenu ce projet ».

Comment s’organise concrètement ce partenariat entre les établissements de formation ?
« Il y a plusieurs sites d’enseignement répartis dans quatre régions françaises : Midi-Pyrénées, Bretagne, Auvergne et Rhône-Alpes, la MFR d’Anneyron étant le seul établissement concerné par cette licence dans le Sud-Est de la France.
Nous avons choisi de mutualiser les différentes compétences des structures d’enseignement pour répondre aux besoins du référentiel de la licence. Ainsi, nous avons environ 60 % de cette formation en alternance qui se fait à distance en visioconférence.
Le reste du temps est consacré à des conduites pédagogiques classiques sur sites, en s’appuyant sur des études de cas et des approches professionnelles».

Comment s’articule le programme de cette formation en alternance ?
« Cette licence professionnelle compte cinq unités d’enseignement qui relèvent des domaines scientifiques, économiques, juridiques et d’autres aspects liés notamment à la réglementation et à la mise en œuvre de l’agriculture biologique, ainsi qu’à la connaissance des métiers (conseil-développement, audit-certification, transformation, distribution-commerce).

Les cours théoriques s’échelonnent sur vingt semaines. Nous avons seize stagiaires qui effectuent leurs stages principalement dans des entreprises de production, d’audit-certification, de transformation ou de commercialisation, ou bien dans des associations de développement de l’agriculture biologique. À ce jour, nous proposons cette licence uniquement en formation continue, sachant que nous attendons l’habilitation pour l’apprentissage, de façon à pouvoir recruter des apprentis dès la rentrée 2009. Cette formation vise à former des cadres moyens, polyvalents dans l’animation, le conseil technique, la transformation, le contrôle-certification et la commercialisation.

Des cadres qui devront contribuer au développement et au renforcement de l’agriculture biologique, en vue d’atteindre les objectifs fixés à la fois par le ministère de l’Agriculture et par la demande de notre société en matière de qualité, de sécurité alimentaire et de respect de l’environnement ».

(1) Direction générale de l’enseignement et de la recherche




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