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Anticiper la qualité sanitaire de sa récolte
Maïs
Jura agricole et rural
Publié le:  19 mars 2009
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Il faut cultiver des variétés de précocité adaptées à son milieu

Alors que les derniers préparatifs sont en cours pour les semis de maïs de cette nouvelle campagne, il semble opportun de rappeler les éléments essentiels que les producteurs doivent maîtriser afin de se prémunir le plus possible des risques de développement de fusarium sur les épis. C’est au semis, et même avant le semis, que l’on prépare la qualité sanitaire de sa future récolte !

Le fusarium graminearum et ses toxines potentielles Don et Zea sont présents généralement dans la partie nord de notre région sur les départements de l’Ain, de la Saône-et-Loire, du Jura et de la Haute-Saône. Le Rhône et l’Isère sont aussi touchés majoritairement par le fusarium graminearum.

Le fusarium moniliforme et les fumonisines associées sont inféodés aux départements du sud, de la Drôme en particulier.

C’est le cas général, mais certaines années, ces limites géographiques sont bouleversées. En 2003 par exemple, le moniliforme était très présent dans l’Ain. À l’opposé, en 2008 le graminearum s’exprimait sur la Drôme. Compte tenu de l’impossibilité à anticiper sur le climat qui est le principal facteur de ces évolutions annuelles, la stratégie de gestion du risque, en contrôlant les quatre principaux facteurs de risque, semble la plus pertinente.

Quatre points sur lesquels il faut intervenir

• La maîtrise de la pyrale
Au-delà des conséquences sur le rendement, la pyrale a un impact sur la qualité sanitaire. Habituellement, l’effet du traitement est important sur les fumonisines, mycotoxines secrétées par le champignon fusarium moniliforme qui se développe à partir des blessures provoquées sur les épis par les larves de pyrale.
Mais, certaines années, l’impact d’une attaque de pyrale peut aussi porter sur le fusarium graminearum et la mycotoxine Don.

Les travaux faits sur le bassin pilote de la Côte-Saint-André en 2007, montrent que les parcelles traitées présentent deux fois moins de mycotoxines Don que les parcelles non traitées (voir graphique ci-dessous). Le traitement pyrale améliore de façon nette la qualité de la récolte grain. Toutes les méthodes de lutte sont bonnes à considérer, y compris le broyage juste après la récolte qui va détruire une grande partie des larves hivernantes, sources de contamination des parcelles l’année suivante.

• Une récolte précoce
Les mycotoxines se développent en fin de saison, bien après l’installation du champignon. Les récoltes tardives, au-delà du 15 novembre, sont beaucoup plus contaminées que les récoltes précoces.

Cette réalité a deux conséquences :
- Il faut semer de bonne heure, le plus tôt possible pour un milieu donné, compte tenu de l’état de ressuyage du sol. À titre d’exemple, on peut démarrer les semis à partir du 15 avril pour les graviers, du 20 avril pour les limons sains et à partir du 25 avril pour les limons battants bien ressuyés si le climat annoncé sur les jours suivants est favorable.
- Il faut cultiver des variétés de précocité adaptée à son milieu pour pouvoir les récolter mûres avant la fin du mois d’octobre. Le choix des précocités va, bien sûr, dépendre de la date de semis.
Plus la variété sera mûre précocement, moins on court le risque d’un développement de mycotoxines. En tout état de cause, il faut trouver le bon compromis entre la productivité et la précocité de maturité.

Il faut aussi noter que le renchérissement des frais de séchage permet aux variétés plus précoces de compenser leur handicap de productivité.

Nous indiquons en annexe, dans le tableau de notre édition papier, les dates limites de semis pour différentes précocités et différentes situations géographiques.

• Le choix de variétés adaptées
Le maïs héberge facilement différentes espèces de fusarium. Mais, pour un même contexte de risque, les variétés n’expriment pas toutes la fusariose des épis avec la même intensité. Toutes choses étant égales par ailleurs, certaines variétés se montrent moins aptes à exprimer la maladie que d’autres. L’expérimentation et la comparaison du comportement des variétés dans différents milieux permettent de hiérarchiser leur sensibilité au fusarium.
Les graphiques donnent une idée du comportement des variétés demi-précoces vis-à-vis du développement du fusarium graminearum. Ils permettent de choisir parmi les hybrides ceux qui offrent une sensibilité moindre.

• La gestion des résidus de la récolte précédente
En maïs sur maïs, les résidus de la culture portent en eux les facteurs de risque pour la culture de maïs suivante.
Ils sont potentiellement chargés en spores et en mycélium des deux principaux fusarium susceptibles de se développer sur les épis, le fusarium moniliforme et le fusarium graminearum. Une bonne gestion des résidus consiste à broyer finement les cannes de maïs et à les incorporer au sol (mulch) de façon à les dégrader par la flore microbienne du sol.
Le labour constitue une bonne méthode préventive vis-à-vis du fusarium graminearum mais l’incorporation répétée des résidus finement broyés joue presque le même rôle.

En contrôlant les quatre facteurs de risque, le producteur a pris les moyens de limiter l’émergence des problèmes de qualité au maximum. Il a fait sa part du travail même si, certaines années, les conditions climatiques très difficiles peuvent déborder ces barrières de protection.




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