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La crise, les vessies et les lanternes
Jura agricole et rural
Publié le:  26 mars 2009
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La crise économique actuelle est sans précédent historique. Des moyens financiers colossaux ont déjà été mobilisés Ils ont limité des catastrophes mais ils ne nous donnent pas la certitude que la machine va redémarrer. Il s’agit d’une crise qui remet en cause l’ensemble du fonctionnement antérieur.

Les vieilles recettes sont inopérantes. Il nous faut inventer une nouvelle manière de conduire l’économie. Cela supposera d’identifier les causes, d’inventer de nouvelles méthodes, de les tester et de les généraliser si elles s’avèrent concluantes.

Cela de prendre du temps car tous ceux qui tirent profit de la situation actuelle n’ont pas intérêt à changer. Quand Michel Barnier prend des dispositions concrètes pour sauver la production ovine, encourager le Bio et rétablir l’équilibre en faveur de l’herbe, cela suscite de vives protestations ! Mais ce n’est pas une raison pour désespérer car la crise peut permettre aussi de redevenir intelligent. Nous avions fini par croire que les hommes devaient revenir à la loi de la jungle, que la concurrence était préférable à la coopération, que l’individuel primait sur le collectif et que seule la finance créait de la valeur. Fort heureusement, nous avons su résister et cela nous donne maintenant des atouts. La France si souvent moquée pour la lourdeur de ses prélèvements publics semble mieux résister à la crise que le Royaume-Uni, l’Allemagne et surtout les USA.

Dans le secteur agroalimentaire on finissait par croire que le monde n’avait plus besoin de ses agriculteurs pour assurer sa sécurité alimentaire. Une poignée de grandes exploitations brésiliennes ou russes y pourvoiraient. Les émeutes de la faim ont montré l’absurdité de ce raisonnement.

Mais,là encore, le chemin sera long car les dégâts sont importants.
Il est plus facile de supprimer les quotas laitiers que de mettre place une organisation efficace pour les remplacer. Espérons que la crise remette de l’ordre dans les têtes et nous aide à distinguer les vessies des lanternes. Il n’est pas absurde de préférer coopérer avec son voisin plutôt que de le racheter. Il n’est pas absurde non plus de valoriser les produits du terroir plutôt que de ne faire que du volume vendu à vil prix. Les solutions existent pour reconstruire nos économies en crise. Encore faut-il les mettre en œuvre.

C’est pour aborder ces préoccupations et tenter d’imaginer ensemble à la lumière des lanternes les pistes d’avenir, que la FDCL du Jura m’a demandé d’intervenir dans le cadre de son assemblée générale qui aura lieu mardi 31 mars à 10 h à la salle des fêtes de Champagnole.




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