Le temps dira si Michel Barnier aura été un bon ministre de l’Agriculture. À entendre certains proférer à son encontre la menace de coups tordus, leur parti est définitivement pris. Pourtant, Michel Barnier est de ces ministres qui disent ce qu’ils font et, avec honnêteté, tentent de faire ce qu’ils disent.
C’est assez rare pour être souligné. Depuis son entrée en fonction rue de Varennes, Michel Barnier n’a jamais caché qu’il voulait une autre Pac. Une Pac mieux comprise par l’opinion publique européenne, pour mieux lui assurer une pérennité budgétaire cent fois menacée. Une Pac qui soit aussi plus politique. C’est-à-dire une Pac qui imprime des choix et n’assure pas seulement des rentes de situation nées de la compensation de baisses des prix agricoles en 1992. Au titre de ces choix, le ministre de l’Agriculture en avait dressé la liste : le renforcement des aides à l’agriculture de montagne, celle de l’élevage, fondé sur la production d’herbe, l’accompagnement des zones difficiles et des productions en difficulté, notamment les productions ovine, caprine et laitière. Il l’avait dit, il l’a fait. Les surfaces d’herbes sont dotées de 700 millions d’euros. Les ovins et les caprins se voient affecter 135 millions d’euros.
Le lait dans les zones à faible densité laitière de 45 millions d’euros. Les ICHN sont renforcées à hauteur de 42 millions d’euros et l’agriculture biologique percevra 57 millions d’euros.
Par ailleurs, Michel Barnier voulait que les risques auxquels l’agriculture est exposée soient pris en compte. Les risques climatiques, bien sûr, mais aussi les risques sanitaires rendent vulnérables les entreprises agricoles et les filières de production qui en sont le prolongement. Il fallait trouver les moyens d’enclencher un dispositif assurantiel qui les assure et les rassure.
100 millions sont affectés au titre de l’assurance récolte et 40 millions au titre du fonds sanitaire. Qui osera reprocher à un ministre d’avoir tenu ses promesses ? Sûrement pas nous !


