RSS
« Nous allons plaider pour de nouvelles mesures »
Avant le congrès de la FNSEA
Jura agricole et rural
Publié le:  26 mars 2009
Page 16 

Pour corriger les effets négatifs du bilan de santé, Jean-Michel Lemétayer demande à François Fillon la mise en place d’un dispositif d’accompagnement en matière de mesures rotationnelles et de fiscalité.

Les réactions suscitées par les annonces de Michel Barnier sur le bilan de santé de la Pac sont-elles apaisées ?

« Après les annonces de Michel Barnier, le 23 février dernier, les uns ont estimé que les évolutions des aides n’étaient pas suffisantes, alors que d’autres ont trouvé que la marche était trop forte, trop haute et trop brutale. Ces réactions étaient prévisibles dans la mesure où il a été extrêmement difficile de rapprocher les points de vue et les sensibilités sur de tels sujets ! Par ailleurs, nous travaillons à enveloppe fermée. En ce qui me concerne, je me suis attaché à préserver l’unité de la FNSEA. Aujourd’hui, j’essaie de prendre le maximum de recul et de ne pas mettre de l’huile sur le feu, d'autant que je peux comprendre les positions des uns et des autres. Ce que je voudrais surtout dire, c’est qu’au-delà du débat sur la gestion des aides, d’autres dossiers ont autant d’importance et même plus sur la formation du revenu des agriculteurs : je veux parler des prix ! Quelques dizaines d’euros sur le prix du cochon pèsent beaucoup plus que quelques dizaines d’euros sur les DPU, c'est une réalité à prendre en compte ».

Qu’attendez-vous aujourd’hui des Pouvoirs publics et notamment du Premier ministre qui interviendra au Congrès de la FNSEA ?

« Sur la réforme de la Pac, nous allons plaider auprès du ministère de l’Agriculture et du Gouvernement pour la mise en œuvre de mesures d’accompagnement.
Nous demandons à ce que des mesures rotationnelles puissent être prises dans le cadre du deuxième pilier de la Pac pour prendre en compte la situation des agriculteurs les plus pénalisés, notamment dans les zones intermédiaires.

Ce type de mesure pourrait apporter une réponse adaptée en terme de complément de soutien. Nous estimons également qu’il y a une carte à jouer à travers la fiscalité. Nous réfléchissons à l'extension de la dotation pour aléas aux risques économiques, c'est-à-dire qui prenne en compte la variation des prix ».

Les mesures annoncées préparent-elles à l’échéance 2013 ?

« Tout le monde est conscient que la France a une position originale dans une Europe où la très grande majorité des États membres a fait le choix de l'aide unique à l'hectare. Mais, l’agriculture française est diverse et nécessite une approche différenciée.

C'est la raison pour laquelle nous devions faire bouger les lignes et nous mettre dans une perspective de l’après 2013 pour légitimer les aides auprès de l’opinion. Ce n’est pas en restant accroché à la réforme de 1992 qu’on y serait parvenu. Dire la vérité, toute la vérité n'est pas chose aisée, mais c'est la condition de la confiance. Je l'assume ».

Les producteurs de lait et de porc traversent une période difficile. Quelles solutions préconisez-vous pour sortir de la crise ?

« Dans le secteur laitier, il y a une crise terrible qui s’annonce. Il n’y a pas d’autre alternative que la maîtrise de la production. La Commission de Bruxelles doit revenir sur sa volonté d’augmenter les quotas laitiers coûte que coûte. Quelle bêtise d’augmenter la production quand il n’y a pas de marché !

Quant aux ministres de l’Agriculture, ils doivent prendre leurs responsabilités.
J’espère qu’ils seront courageux pour prendre les décisions idoines. Il est tout à fait possible de revenir aujourd’hui sur des mesures qui ont été prises pour la prochaine campagne qui démarre le 1er avril. J’attends également des entreprises qu’elles fassent preuve de sagesse en terme de volumes et de prix.

Quant au secteur porc, j’espère que des décisions seront prises à Bruxelles en matière de gestion du marché. Ce qui n’exonère pas les entreprises. Les différents acteurs, producteurs, abatteurs et distributeurs doivent se mettre autour de la table pour dire de quelle manière ils envisagent de sortir de la crise. La FNSEA ne laissera pas faire.»




Newsletter GRATUITE