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Préparer le paysage laitier de demain
Fédération des coopératives laitières du Jura
Jura agricole et rural
Publié le:  09 avril 2009
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Mouvements au conseil d'administration avec le départ en retraite de deux administrateurs, Maurice Etievant, secrétaire et Gérard Aymonier qui a été président de la FDCL de 1982 à 1996. Ici avec les nouveaux administrateurs

La FDCL du Jura, en lien avec la FDCL du Doubs, a défini quatre axes stratégiques pour l'avenir. Ils concernent la politique laitière, l'orientation fromagère, l'efficience économique des fruitières et le fonds d'investissement.

L'avenir des fruitières passe par des solutions collectives, un contact plus approfondi avec les autres organismes agricoles de nos départements et une concertation régionale en lien avec les autres AOC.

Car demain, la fin des quotas dessinera un autre paysage laitier », annonce Alain Matthieu, président de la FDCL du Jura, le 31 mars à Champagnole. L'assemblée générale de la FDCL, à la veille de la nouvelle campagne laitière, marque un tournant.

Les remous de l'année laitière 2007/2008 (mauvaise récolte de fourrages, difficile négociation des prix, hausse des charges...) ont laissé place à d'autres questions.
Depuis, la crise économique est passée par là. Heureusement le Comté semble bien résister sur le marché interne, la crise est plus sensible à l'export.

Il y a aussi le bilan de santé de la Pac et le débat sur la répartition des soutiens...
« Espérons des solutions qui évitent un sentiment d'injustice pour les zones intermédiaires » et que la profession agricole « ne se cannibalise pas » mais se concentre sur « des projets créatifs de valeur ajoutée », indique Alain Matthieu.

C'est dans cet esprit que les administrateurs des FDCL du Doubs et du Jura, réunis pour un séminaire de trois jours, ont réfléchi à une stratégie commune qui repose sur un même credo : maintenir en priorité une valorisation du lait par les AOC. « Nous avons un double challenge à relever : la réussite économique de nos outils de transformation et nos exploitations sans renoncer aux fondements qui ont fait la réussite de la filière », résume Alain Matthieu.

Des signes encourageants
Le rapport d'activités présenté par Rémi Hugon, vice-président et Pierre-François Bernard, directeur de la FDCL,donne quelques éléments d'encouragement: le prix moyen payé par les coopératives progresse de 25 euros aux 1 000 litres par rapport à 2007, pour dépasser les 385 euros. L'année 2008 marque enfin un décollage significatif grâce à la relance de la MPN et la négociation dans le cadre des contrats.

Pourtant tout n'était pas gagné d'avance : « le manque de litrage, la baisse de valorisation des sous-produits industriels, la faiblesse de rendement et la hausse des charges n'avaient pas permis d'exprimer totalement l'augmentation annuelle de plus de 400 euros par tonne de la MPN », rappelle Rémi Hugon.

Un moment fort de l'année fut la négociation des contrats avec les affineurs.
Les « discussions douloureuses » courant août ont pu aboutir à un accord. « Nous devons mettre en avant la mobilisation des producteurs et l'écoute de nos partenaires affineurs, sans quoi les discussions auraient pu dégénérer vers un désaccord plus grave ». Pour Véronique Rivoire, cette bonification pour anticiper la hausse de la MPN n'exclut pas de « sortir de la fiction et de revenir à la réalité en gardant une corrélation étroite entre prix du fromage et rémunération ».

La filière ne peut que se réjouir de l'augmentation de la MPN constatée à ce jour, mais elle reste prudente car cette augmentation provient surtout d'un déséquilibre du marché important.

La FDCL se positionne comme acteur économique
Pour accompagner les coopératives laitières et participer à l'élaboration d'une politique laitière, la FDCL va se rapprocher du syndicalisme, de la Commission départementale d'orientation (CDO) et du Contrôle laitier. « La gestion des volumes, que ce soit à l'échelle de l'exploitation ou de la fruitière, est stratégique », indique Pierre-François Bernard. À ce titre, la FDCL s'est engagée avec la filière et les autres OPA sur des actions permettant d'identifier les freins à la production et les difficultés des fruitières. Le travail avec le Contrôle laitier devrait permettre « d'harmoniser au mieux les prévisions du taux d'allocation à la réalité de la production laitière ».

La création du GIE « Lait comtois », dont l'objectif est de commercialiser les laits excédentaires qui ne peuvent être absorbés par les filières traditionnelles, est actée. La ferme franc-comtoise est plutôt pour l'heure en sous-réalisation laitière et ne dépasse pas son droit à produire en Comté. « Le contexte national de surproduction est déconnecté du nôtre et le gel provisoire de la distribution de 1% de quota laitier ainsi que le plafonnement à 3% du taux d'allocation provisoire récemment annoncés ne nous satisfont pas », ajoute

Bernard Marmier, président de la FDCL du Doubs et représentant de la Franche-Comté à la FRCL Alpes-Jura-Cantal.
« Nous voulons aussi pouvoir activer la clause du plan de campagne pour pouvoir moduler le droit à produire des ateliers à Comté. Tout dépendra du comportement des consommateurs et du niveau de la hausse de production », précise Alain Matthieu.

Le président de la FDCL du Jura termine enfin sur le fonds d'investissements « Coop Invest » mis en veille durant l'été mais qui devient de plus en plus d'actualité. « Ce dossier stratégique, présenté aux coopérateurs au cours d'une vingtaine de réunions, a ouvert un véritable débat économique sur la filière laitière jurassienne », se réjouit Alain Matthieu qui rappelle les enjeux : « Loin de nous l'envie de devenir des apprentis de la finance.
Nous voulons rassembler nos forces dans un investissement collectif, une sorte de fonds d'assurance qui soit le prolongement de nos coopératives, seules garantes de notre revenu ».


Les autres activités de la FDCL
La FDCL du Jura s’est investie également sur la défense des contrats au sein de l'interprofession, la finalisation du décret, la mise en place des ODG, la préparation et la mise en place du plan de campagne avec notamment le renforcement de la mesure permettant de bénéficier de l'ouverture. Elle accompagne les coopératives dans leur gestion à travers la création d'un pôle comptable régional, la mise en place de pôles de compétences spécifiques avec la FDCL du Doubs, le programme Esper de diagnostic énergie fluide en fromagerie, la communication avec les Lettres de l'administrateur et du coopérateur, la formation, les dossiers juridique et social (réforme des statuts de la coopération, la contractualisation, les assurances...)




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