En matière de fruits et légumes, l’exemple à suivre vient de l’Italie et de l’Espagne, qui ont su mettre en profit la réglementation communautaire pour mettre en place des structures puissantes et innovantes.
En matière de fruits et légumes, l’Italie et l’Espagne donnent l’exemple.
Alors que les structures, y compris coopératives, restent très atomisées en France, ces deux pays ont su regrouper leurs moyens dans le secteur des fruits et légumes pour constituer une force de frappe internationale.
Surtout, ils ont su tirer profit des dispositions offertes par la réglementation européenne pour favoriser l’émergence de leaders structurants.
L’assemblée générale de la Fédération française de la coopération fruitière, légumière et horticole, qui s’est déroulée le 31 mars à Paris, a mis l’accent sur la réussite de ces projets venus d’ailleurs, l’AOP italienne Apo Conerpo et l’Union des coopératives Anecoop en Espagne.
En France, les choses ne vont pas aussi vite. Le président de Felcoop, Jean-Michel Delannoy, a mis en avant les difficultés devant lesquelles se trouvent les professionnels face à la Commission de Bruxelles et l’administration française pour aller de l’avant. D’abord, la suppression de 26 normes européennes sur 36 en matière de commercialisation des fruits et légumes.
« C’est inadmissible ! », s’est insurgé le président. La profession réfléchit, dans le cadre d’Interfel, l’interprofession fruits et légumes, à des solutions de remplacement. Objectif : éviter que les grandes surfaces imposent leurs propres cahiers des charges. Michel Stoumboff, le conseiller technique de Michel Barnier, a apporté son soutien à cette initiative.
Autre litige avec Bruxelles, les quelque 300 millions d’euros octroyés à la filière entre 1992 et 2002 et que la Commission réclame à la France parce qu’ils seraient soi-disant incompatibles avec le droit de la concurrence communautaire.
Alors que ces sommes ont été inventées et financées en son temps par les producteurs et les Pouvoirs publics pour soutenir le marché et gérer les crises. Interrogé sur l’attitude du Gouvernement français, Michel Stoumboff, n’a pas apporté de réponse.
Gouvernance
Tous les ennuis de la filière ne viennent pas de Bruxelles. La mise en œuvre de l’OCM fruits et légumes, pour laquelle la France a pris du retard, estiment les coopératives, malgré la charte de gouvernance adoptée en mai denier. Comme d’ailleurs les programmes opérationnels qui se heurtent à des difficultés fiscales. À ce jour, douze AOP nationales seulement sont reconnues ou en cours de reconnaissance. Quant à la fiscalité, Michel Stoumboff a reconnu que la « question doit être maintenant réglée de façon urgente » tout en reconnaissant la responsabilité des retards enregistrés.
Malgré tout, Felcoop s’est félicité de l’accord de principe qui a été donné à l’assurance récolte dans le cadre du bilan de santé de la Pac, en novembre dernier.
Selon Michel Stoumboff, le nouveau dispositif permettra d’accorder à partir de 2010 une subvention pouvant atteindre 65 % du montant de la prime dont 75 % seront financés par l’Union européenne.


