Après les congrès de la FNPL et de la FNSEA, le conseil de la FRSEA vient de se réunir pour dégager les priorités de l’action syndicale.
Pour les producteurs de lait, il s’agit de résister à la spirale à la baisse du prix « départ ferme ».
Pour les exploitations de polyculture-élevage, il s’agit d’inscrire la région dans les mesures d’accompagnement du bilan de santé de la Pac, et notamment de leur permettre d’accéder à la mesure « rotationnelle » annoncée récemment.
Bien que la Commission de Bruxelles reste inflexible, des voix s’élèvent partout en Europe pour obtenir un pilotage des quotas laitiers au plus près des besoins du marché, et pour que ce dispositif de régulation soit maintenu au-delà de 2015.
C’est un message que le syndicalisme doit exprimer plus fortement, et il doit être relayé de façon plus catégorique par la France. Dans l’immédiat il reste peu de temps pour fixer le prix du lait « standard » livré depuis le 1er avril. La négociation nationale pour la fixation des indicateurs d’évolution ayant échoué, il appartient aux interprofessions régionales de trouver un accord.
Pour notre région la négociation sera conduite dans le cadre de l’interprofession du Grand Est qui regroupe 27 départements.
Les représentants des producteurs s’attacheront à faire valoir la bonne tenue des prix des produits de grande consommation. Dans le contexte d’effondrement des cours mondiaux du beurre et de la poudre de lait, l’aboutissement d’une étude sur un dispositif de « double prix », et les conditions de sa mise en œuvre en France, sont également très attendus.
Une MAE rotationnelle en Franche-Comté
Les mesures d’accompagnement pour réduire l’impact du bilan de santé de la PAC dans les « zones intermédiaires », ont été présentées et débattues pendant le congrès de la FNSEA. Une de ces mesures sera une MAE « rotationnelle » (Mesure agri-environnementale). Ce sont, très probablement, les départements dont la référence « historique » est inférieure à 60 quintaux de céréale par hectare qui pourront en bénéficier.
Les quatre départements de la région répondent à ce critère. Mais cette mesure « compensatoire » serait également liée à un taux de spécialisation. Même si ce taux est fixé à un niveau assez élevé, la mesure pourrait concerner un nombre significatif d’exploitations céréalières franc-comtoises.
Par contre, si ce taux devait être apprécié au niveau moyen départemental, c’est toute notre région qui en serait exclue. Dès ces éléments connus, Frédéric Perrot est intervenu pendant le congrès pour déclarer : « La Franche-Comté a été injustement tenue à l’écart d’une telle mesure jusqu’à présent ».Thierry Chalmin est également intervenu pour rappeler que la Franche-Comté ce n’est pas que de l’herbe, mais également des cultures.
Le conseil de la FRSEA a décidé de mobiliser les parlementaires pour qu’on n’affaiblisse pas une nouvelle fois l’agriculture des plaines comtoises.
Les zones herbagères du Massif du Jura font face à une autre menace : celle des campagnols. Le conseil de la FRSEA a aussi décidé de défendre l’idée que le « risque campagnol » soit inscrit comme un risque assurable, qu’il soit considéré comme un risque climatique, comme un risque sanitaire, ou comme un risque économique.


