La mise à l’herbe au printemps signifie changement du régime alimentaire du troupeau.
Or, l’éleveur doit veiller à ce que le passage de la ration hivernale à la ration à base d’herbe pour ses bêtes s’effectue de manière progressive. Il réduit ainsi de beaucoup les risques de perturbation de leur métabolisme, de leur système digestif et de leur état sanitaire.
Avec l’ingestion d’herbe en plus grande quantité qui est un aliment riche en azote, cellulose et sucre, la flore microbienne présente dans le rumen de l’animal se modifie et passe à dominante cellulolytique. Il faut donc un peu de temps pour que le métabolisme de l’animal soit complètement adapté à l’aliment ingéré.
Une mise à l’herbe sur herbe courte permet en l’occurrence de bien assurer, sur plusieurs semaines, la transition alimentaire du troupeau et de le préparer ainsi à sa pleine consommation herbagère lors de l’explosion végétative de mai. Si la sortie au pâturage intervient à partir du 25 mars, trois semaines d’adaptation seront nécessaires au troupeau. Sachant que plus la mise à l’herbe est précoce dans la saison, plus le temps d’adaptation qui s’impose est long.
Mise à l’herbe progressive
Les sept premiers jours, la mise à l’herbe s’opère durant deux à trois heures seulement, puis augmente progressivement chaque jour de deux à trois heures. Le troupeau est d’abord sorti uniquement l’après-midi puis toute la journée. L’apport des concentrés azotés est progressivement diminué puisque l’herbe est elle-même riche en azote. Il est recommandé de mettre du fourrage sec et fibreux (foin ou paille) à disposition du troupeau, particulièrement si les conditions climatiques ne sont pas très satisfaisantes car l’ingestion d’herbe jeune et humide a un effet laxatif.
Le risque de tétanie d’herbage peut être prévenu par un apport de magnésium, soit sous forme de magnésie calcinée mélangée à l’ensilage de maïs, soit sous forme de chlorure de magnésium dilué dans l’eau de boisson.
En dehors du magnésium, l’apport des autres minéraux peut se faire sous forme de blocs à lécher, ou en l’incorporant dans la ration d’ensilage de maïs tant que celui-ci n’a pas été supprimé de la ration.
L’impératif est de faire pâturer ses animaux sur des sols à portance satisfaisante.
Si tel n’est pas le cas ou si la pousse est tardive, la surface dévolue au pâturage par le troupeau devra être plus importante. Mais en règle générale, la valorisation de l’herbe est assurée en pratiquant des chargements élevés et une rotation rapide des prairies.
Enfin, lors de la période de mise à l’herbe, l’éleveur doit maintenir toute sa vigilance quant à aux soins apportés à ses vaches laitières. Au pré, l’humidité et le froid peuvent être la cause de gerçures des trayons pouvant conduire à des mammites. Par ailleurs, les spores butyriques dans la terre peuvent se retrouver sur la mamelle et passer dans le lait. Par conséquent, une hygiène de traite irréprochable s’impose.


